Accusé de harcèlement sexuel, le producteur Harvey Weinstein présente ses excuses


C’est génial, quand le grand magnat hollywoodien Harvey Weinstein se fait choper, la main dans le sac, pour harcèlement sexuel, il lui suffit tout simplement de présenter ses excuses et d’affirmer qu’il se retire du business en se mettant en « congé » ! Si ça vous arrive à vous, vous passez d’abord par la case prison et après on discute.

On comprend mieux pourquoi personne dans ce milieu décadent n’est choqué par l’affaire Polanski ou tout simplement Dominique Strauss-Kahn ! Ils ont, pour un grand nombre, des comportements sexuels hors norme, Harvey Weinstein parle lui-même de « démons intérieurs », si vous ajoutez à cela la sensation vertigineuse de puissance et de pouvoir et la consommation effrénée de drogues, le résultat ne peut être que celui que nous constatons ce jour. La porcherie hollywoodienne n’a pas fini de produire des dégâts sur la planète Terre…


Le New York Times a révélé une série d’accusations d‘actrices, dont Ashley Judd et Rose McGowan, à l’encontre du puissant producteur de Gangs of New York et Shakespeare in Love.  

Un des avocats pointe du doigt des « affirmations fausses et diffamatoires » et pourrait poursuivre le journal. En attendant le tycoon d’Hollywood se met en « congé ».

Le producteur Harvey Weinstein, l’un des plus puissants d’Hollywood, a présenté jeudi ses excuses et a déclaré se mettre en « congé » à la suite d’une série d’accusations de harcèlement sexuel révélées dans une enquête du New York Times.

« Je réalise que la façon dont je me suis comporté avec des collègues par le passé a causé beaucoup de douleur, et je m’en excuse sincèrement », a déclaré Weinstein dans un communiqué adressé au New York Times à la suite de la parution de cette enquête jeudi. « Bien que j’essaie de faire mieux, je sais que le chemin sera long. (…) Mon chemin sera maintenant d’apprendre à me connaître et maîtriser mes démons. (…) Je prévois de prendre un congé de ma société et de m’occuper de ce problème en priorité », ajoute-t-il. « J’ai grandi dans les années 60 et 70, quand toutes les règles sur le comportement et les lieux de travail étaient différentes », poursuit le producteur de 65 ans. « C’était la culture à l’époque. J’ai appris depuis que ce n’est pas une excuse, au bureau ou ailleurs », semble-t-il justifier.

Le producteur de Gangs of New York, nommé pour l’Oscar du meilleur film, ou de Shakespeare in Love, lauréat de ce prix prestigieux en 1999, est accusé par plusieurs femmes, dont les actrices vedettes Ashley Judd et Rose McGowan d’avoir tenté de les masser, de les avoir forcées à le regarder nu ou d’avoir promis des aides à leur carrière contre des faveurs sexuelles.

« Je comprends que la façon dont je me suis comporté avec des collègues par le passé a causé beaucoup de douleur, et je m’en excuse sincèrement », a déclaré Harvey Weinstein dans un communiqué reçu par l’AFP à la suite de la parution de cette enquête jeudi.

Le producteur se met en « congé »

« Mon chemin sera maintenant d’apprendre à me connaître et maîtriser mes démons. (…) Je prévois de prendre un congé de ma société et de m’occuper de ce problème en priorité », ajoute-t-il, « J’ai grandi dans les années 60 et 70, quand toutes les règles sur le comportement et les lieux de travail étaient différentes ».

D’après son avocate Lisa Bloom, Weinstein qualifie toutefois plusieurs de ces accusations de « totalement fausses ». Sur Twitter, elle a fait une déclaration où le magnat, qui fait amende honorable, est décrit comme « un vieux dinosaure qui apprend de nouvelles manières » et assure qu’il « lit des livres et suit une psychothérapie ».


statement_of_lisa_bloom


Lisa Bloom
@LisaBloom
Here is my statement about advising Harvey Weinstein.

Charles Harder, un autre avocat de Weinstein, a été plus véhément et explique que l’article du New York Times est « saturé d’affirmations fausses et diffamatoires ». Il dit que son équipe prépare une plainte contre le quotidien.

D’après le New York Times, citant des membres de la Weinstein Company, le producteur a passé au moins 8 accords amiables avec des femmes. Parmi elles, une jeune assistante dans les années 90, une actrice, une assistante à Londres en 1998, un mannequin italien en 2015 et Lauren O’Connor, une employée de sa société, peu après.

Un environnement toxique

« Il y a un environnement toxique pour les femmes dans cette entreprise », a écrit Mme O’Connor dans un mémo à plusieurs dirigeants de la maison de production. Ashley Judd affirme dans le New York Times qu’il y a vingt ans, alors qu’elle était venue le voir pour un petit-déjeuner de travail, il l’a fait monter dans sa chambre d’hôtel. En peignoir, il lui aurait alors demandé s’il pouvait la masser ou si elle pouvait le regarder prendre une douche.

Elle dit s’être demandé : « Comment puis-je sortir de la chambre le plus vite possible sans m’aliéner Harvey Weinstein? » ajoutant s’être sentie « paniquée, piégée ».

Le quotidien souligne aussi qu’en 1997, Rose McGowan a passé un accord amiable de 100.000 dollars avec Harvey Weinstein à la suite d’un autre incident dans une chambre d’hôtel pendant le festival de Sundance. Elle n’avait alors que 23 ans et venait de jouer dans le film d’horreur à succès Scream.

M. Weinstein s’était retrouvé dans la presse à scandales en mars 2015 après qu’un mannequin italien, Ambra Battilana, l’eut accusé d’avoir attrapé ses seins et d’avoir mis ses mains sous sa jupe. Elle a appelé la police mais des poursuites n’ont finalement pas été engagées par le procureur de Manhattan.

Fin de carrière?

Le cofondateur, avec son frère Bob, des maisons de production Miramax (Pulp FictionSexe, mensonges et vidéos…) et de The Weinstein Company, a accumulé les récompenses les plus prestigieuses du septième art, à Cannes ou aux Oscars notamment.

Rose McGowan a tweeté: « Les femmes se battent. Et à tous les hommes: faites face. Nous avons besoin que vous soyez nos alliés ». C’est la dernière personnalité en date déchue ces dernières années à cause d’un scandale sexuel aux États-Unis, après l’acteur vedette Bill Cosby, le présentateur de Fox News Bill O’Reilly, le dirigeant de la même chaîne conservatrice Roger Ailes.

Harvey Weinstein, fervent démocrate et soutient de l’ex-candidate à la présidentielle Hillary Clinton, est marié depuis quinze ans à la créatrice de mode Georgina Chapman en seconde noce.

Tandis que la bible du secteur du cinéma, le magazine Variety, le décrivait comme probablement fini à Hollywood, Harvey Weinstein affirme qu’il va dorénavant « canaliser sa colère » en militant contre le lobby des armes à feu, la NRA, et en réalisant un film « sur notre président », Donald Trump, qui lui aussi a […]


Le Figaro

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