Apologie de J.-P. Gourévitch sur l’islamisme et l’immigration ! par Pierre Dortiguier

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Il fut, de quelques mois plus jeune, né en 1941, sous le signe économe de la Vierge, et donc aimant la précision, détestant le gaspillage de mots, notre cher camarade parisien, assis au premier rang d’hypokhâgne, en classe du lycée Louis le-Grand, dans l’acception quasi militaire du terme « Kamerad » que les Allemands ont conservée ; mais une armée, peut-on dire, gréco-latine, de discipline grammaticale et littéraire, cultivant le  thème, la logique grammaticale et la dissertation, et non le superficiel commentaire, à la mode talmudique, de texte, la production et non l’imitation, intériorisant les modèles classiques sans les pasticher, alliant l’airain au fer, selon une authentique métaphore mosaïste !

Ce n’est point cet attachement de jeunesse, au temps où l’on nous instruisait, sans nous séduire, au contraire de ce qui est fait aujourd’hui depuis ce long processus de désagrégation et de morcellement du savoir sous le feu de cette tyrannie que les mêmes Grecs dont nous parlons, disaient être non pas de la pure  violence – car la justice  de Dieu ou humaine est violente, le retour à la santé, la guérison aussi, et le vice peut être doucereux – mais « sans objet », vide, qui nous fait porter l’attention sur les réflexions du consultant international Jean-Paul Gourévitch. Il a cette singularité, que l’on rencontre peu, dans ce siècle des sophistes, de reconnaître les erreurs d’appréciation dans lesquelles l’entraînent d’aventure les fausses informations des médias. Les Modernes affectionnent, sur ce point, l’expression fade, devenue ritournelle, de « se remettre en question », non c’est douter et réfléchir qu’il faut dire. Et dans cette question épineuse de l’immigration et de l’émigration, qui n’est, à plusieurs égards, qu’une prolongation des plus que centenaires guerres coloniales d’Algérie et des protectorats annexes, que l’on croit arrêtée, mais qui continue, avec des indépendances de vitrine, de droit, mais non de fait, qu’il faut, tout comme dans les disputes sur l’islamité ou l’islamisme dont on fait un crime (alors que son concept même a les faveurs de Voltaire dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, aujourd’hui censuré), pratiquer la vertu philosophique, aristotélique, de la « mésôtès » ou juste milieu, celui ci n’exclut pas les extrêmes, comme on le croit dans ce faux centrisme qui est, outre le culte de l’inertie (Trägheit) que Kant estimait pire que la guerre, la tartuferie ou hypocrisie moderne, celle du macronisme ambiant, autrefois par exemple, de feu Herriot, ce frère la truelle lyonnais, qui au Parlement, avant la dernière guerre point encore terminée, assurait les députés de sa bonne foi :  « Je vous le dis la main sur le cœur », oui, mais lui rétorqua un chrétien de « droite » observateur : on a deux mains ! Ce juste-milieu n’est pas une fuite, comme quand notre ancien camarade écrit : « ni islamophilie, ni islamophobie », mais justesse d’appréciation, juste mesure.

Il en va de même de ce fantôme qui menace l’Europe, que relevaient Marx et Engels, sectaires mais formés à la haute culture allemande, en évoquant le communisme des sociétés secrètes et qu’on nomme, à parler démographie, « le grand remplacement ». Il y a aussi bien sûr un trafic d’hommes, une désorganisation biséculaire du milieu africain et asiatique, la désorganisation d’un mode de vie naturel, qui s’est aussi introduit chez nous, moins violemment mais plus sournoisement et aussi durablement, et depuis la fin du Premier Conflit Mondial partout exalté, irakien, chaldéen ou syrien, ce dernier longtemps prémédité et accompagné d’une orchestration médiatique, sur lequel notre cher collègue arménien d’Alep  Bassam Tahan qui parlait avec nous à la radio iranienne, a dit tant de vérités, qu’il subit aujourd’hui une sorte d’exil socratique dans cette France capricieuse et séduite par des gens du demi-monde, selon l’expression forgée par Alexandre  Dumas, de la finance. Il y a, par exemple, depuis la « jungle de Calais », une errance d’Érythréens jusque dans ma  nouvelle région du bas Quercy encore en partie anglaise, auprès d’indigènes, par ailleurs hospitaliers, qui ne sauraient pas même fixer la Saxe ou Dresde la martyre sur une carte, tout comme ces  quelques jeunes et alertes adolescentes US scolarisées qui imaginaient devant les caméras d’une chaîne de télévision voyeuse et satisfaite de montrer l’enfoncement de l’Europe des deux côtés de l’Atlantique, de la mère et de sa fille, la Corée près de l’Alaska ou en Patagonie !


Il ne s’agit pas de clamer avec une ivresse marinesque immigration, identité et de sauter sur sa chaise, mais de regarder l’histoire passée et les statistiques du monde présent, et ce qu’elles laissent espérer du futur.


L’apport de Gourévitch aura été, par son  attention portée aux études statistiques, de démontrer, à savoir, cartésiennement montrer, faire voir que l »immigration est un profit pour certains, mais une charge pour un État qui, au reste, lui fera-t-on observer, emprunte avec la même inconscience à l’étranger, comme le fit la Russie pré-bolchevique auprès de la City londonienne, ainsi que le notait brièvement Émile Flourens (1841-1920) notre ministre des affaires étrangères de 1886, auteur ensuite du brûlot antimaçonnique, « La France conquise« , fils du savant naturaliste Gustave Flourens et frère du général de la Commune de Paris fusillé à la « libération » d’alors, ainsi qu’il s’en produit périodiquement en France depuis la Saint-Barthélémy, l’épisode des Vierges de Verdun (filles de la bourgeoisie accueillant avec des fleurs les troupes prussiennes contre-révolutionnaires, dans leur pays autrefois, quelques deux siècles auparavant membre, avec Metz et Toul, les trois évêchés, du Saint Empire Romain de nation germanique) ou des Carmélites de Compiègne et d’Arras décapitées sous les plis du drapeau tricolore. Mais que cette immigration ne saurait être assez démesurée pour devenir cet abîme d’une invasion de notre espace vital européen par quelque Inde misérable que Jean  Raspail, par un tour d’esprit donjuanesqque propre aux essayistes français, voulant plaire plus que convaincre, ce qui est un excès démocratique, évoquait apocalyptiquement en 1973 dans le Camp des Saints.

Il ne s’agit pas de clamer avec une ivresse marinesque immigration, identité et de sauter sur sa chaise, mais de regarder l’histoire passée et les statistiques du monde présent, et ce qu’elles laissent espérer du futur. « Le plus grand dérèglement de l’esprit est de croire les choses, parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont » écrivait en cartésien opposant l’infini de la volonté à la limite de l’entendement Bossuet, in Discours sur la Connaissance de Dieu et de soi-même. L’attitude du commun est d’opposer, à parler vulgairement, le saucisson à la boucherie halal, en ne recherchant jamais les causes, qui est l’impéritie des gouvernements étrangers alignés sur nous, se réglant d’après nous, achetés et corrompus souvent par nos impôts et non sur leur propre peuple, et donc sans parvenir à enrayer la machine infernale.

Il en ressort tous les fantômes de l’islamisme menaçant et le tam tam sur les sectateurs prétendus, souvent dénaturés, en effet, du Prophète de l’Islam, confession qui n’est point, comme toute confession, un livre d’histoire, et dans lesquelles la vérité transcendante, mais aussi humaine, civilisatrice, législatrice est, bien sûr, habillée, sous le concept de Sharia ou de Djihad, en vêtement  wahhabite ou fraternel (Moslem Bretherhood) , qu’une Angleterre, depuis le XVIIIe siècle, en Arabie même, n’a pas hésité à tisser, de « la robe du mensonge », selon la formule quasi voltairienne d’Arthur Schopenhauer;  d’où la nécessité de théologiens et de savants de tous les genres pour bien réajuster cette robe trop ample à la taille exacte du corps féminin de la vérité, ce que ne font plus les églises maçonnisées chrétiennes et tous les lamas modernes déposant leur papier dans les interstices du mur des lamentations (comme le Dalaï Lama, bouddha d’opérette US ou anglaise) et l’existence inévitable de bons tailleurs que sont les saints et les ermites, tel ce Sidi Ferruch, qui donna son nom à la plage de débarquement sur, peut-on dire ironiquement, la Normandie algérienne, avec les mêmes bénéficiaires.

Nous n’avons présenté qu’un auteur de bonne foi, qui ne suffit pas à la vérité, direz-vous, mais qui ne veut point rêver de ce qui n’a point existé, comme le font les identitaires de nos sociétés américanisées qui ne font que collectionner des images, comme d’autres, écrivait le même Schopenhauer, auquel nous fait penser l’ancien camarade et anthropologue, au regard intelligent et simple, anachronique, en somme, jouent aux cartes, faute de pouvoir échanger des idées. Il y a en bref un refus de l’alcoolisme intellectuel. Tous les anthropologues en loge ou devant elle rêvent d’un monde sans ou uniquement rempli d’immigrés, sans Arabe ou ultra-arabisé, ou islamisé, comme à la mairie de Londres, s’ils « logent » en Anglo-Saoudie, tout au moins absorbant l’Espagne et la Narbonnaise romaine, selon le cauchemar de la lignée de Marine Le Pen plus ou moins mossadisée, du moins spirituellement, sinon financièrement (pecunia non olet), avec des soi-disant identitaires, redisons le, comme les  hypocrites Barzani vendus de génération en génération, agitant le drapeau bleu et blanc étoilé avec leur fanion kurde ; la philosophie de Gourévitch, en revanche, est travail. Paraphrase de Kant, que le lecteur voudra bien nous accorder, sur l’opposition qu’il fait d’Aristote travailleur à un Platon rêvasseur, ou utopiste (die Philosophie des Aristoteles ist dagegen Arbeit).

Pierre Dortiguier

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