Dopage : Froome le tricheur !

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N’importe quel asthmatique comprend facilement et rapidement que cette excuse du Salbutamol est d’une grande stupidité. Comment un asthmatique peut-il être sur un vélo à pédaler pendant 200 km trois semaines de suite sans mourir asphyxié ? Toute augmentation de demande d’oxygène par les poumons aggrave justement la crise d’asthme ! Et ce n’est certainement pas un médicament qui va faire cesser la crise, alors que l’on continue d’exercer un effort physique aussi surhumain.

En réalité tout le monde l’aura compris, c’est le cas depuis des décennies, le cyclisme et les autres sports professionnels sont totalement corrompus et dominés par le dopage, d’autant que les enjeux financiers sont devenus gigantesques. Malheureusement les politiciens et les médias font semblant que tout va bien et continuent à assurer la promotion de ce cirque et de cette triche organisée.


Après des révélations du Monde et du Guardian, l’Union cycliste internationale et la Sky ont confirmé ce mercredi que Christopher Froome avait fait l’objet d’un résultat d’analyse « anormal » lors du dernier Tour d’Espagne qu’il a remporté.

Qu’est-il reproché exactement au quadruple vainqueur du Tour de France, de quelle substance s’agit-il, que risque-t-il ? On fait le point.

L’information : un contrôle « anormal » au salbutamol

Le communiqué précise, et c’est important, que « l’analyse de l’échantillon B a confirmé le résultat de l’échantillon A du coureur ». Autrement dit, le résultat de l’analyse n’est plus à contester, mais doit désormais être justifié par le coureur et son équipe. Notons d’ailleurs qu’à ce stade, il convient encore de parler de contrôle « anormal », et non « positif » puisque la procédure scientifique n’est pas encore arrivée à son terme.


C’est un principe actif de la Ventoline, un médicament destiné à traiter l’asthme en stimulant l’appareil respiratoire. Une maladie qu’avait révélée le coureur britannique en 2014 en plein Critérium du Dauphiné après avoir été aperçu en train d’utiliser un aérosol à Ventoline avant un col. Utilisé en grande quantité, le salbutamol présente des effets anabolisants, c’est à dire l’augmentation de la masse musculaire et la diminution de la graisse corporelle.

Est-ce un produit autorisé ?

Jusqu’à une certaine dose, oui. Pendant plusieurs années, les coureurs asthmatiques devaient bénéficier d’une autorisation d’usage thérapeutique (AUT) pour pouvoir l’utiliser. Ce n’est plus le cas depuis 2010. L’AMA, l’Agence mondiale antidopage, autorise la prise de ce médicament, mais à une certaine dose : 1 600 microgrammes par vingt-quatre heures, avec un maximum de 800 microgrammes toutes les douze heures.

L’AMA précise aussi qu’en cas de contrôle, un sportif ne doit pas avoir plus de 1 000 nanogrammes de cette substance par millilitre d’urine. Hors, le 7 septembre dernier, le contrôle de Christopher Froome lors de la Vuelta a révélé la présence de 2 000 nanogrammes par millilitre dans son urine, soit donc le double de la limite autorisée par l’AMA.

Pourquoi Froome n’est pas suspendu provisoirement ?

Dans son communiqué, l’UCI précise que malgré le contrôle « anormal » de Froome, il n’est pour le moment pas suspendu, même provisoirement. Pourquoi ? Déjà parce que le salbutamol fait partie des « substances spécifiées« , et non « interdites« . Le Britannique peut encore prouver que ce résultat « anormal » n’est pas lié à une infraction des règles, mais à d’autres facteurs.

Dans son communiqué, la Sky avance déjà plusieurs pistes d’explications pour justifier ce taux de concentration anormal : « Un large éventail de facteurs peuvent affecter les résultats, y compris l’interaction du salbutamol avec les aliments ou d’autres médicaments, la déshydratation et le moment de l’utilisation du salbutamol avant le contrôle ».

Dans l’histoire récente, deux coureurs italiens ont été suspendus dans des affaires ressemblantes. Contrôlé positif au salbutamol sur le Giro 2007, Alessandro Petacchi avait été suspendu, puis innocenté par sa fédération nationale, qui estimait que les taux incriminés (1352 nanogrammes par millilitre) ne correspondaient pas à du dopage à proprement parler, mais à un traitement mal maîtrisé contre l’asthme. L’Italien avait finalement été suspendu pour un an en avril 2009 par le Tribunal arbitral du sport. Il avait aussi perdu ses victoires acquises durant le Tour d’Italie 2007.

Plus récemment, lors de la 11e étape du Giro 2014, Diego Ulissi s’est approché des taux présentés par Christopher Froome, avec 1 900 ng/ml. Il avait été suspendu pour neuf mois par le comité olympique suisse et sa victoire lors de l’étape du Tour d’Italie lui avait été retirée.

Si l’on se base sur ces précédents, Christopher Froome risquerait donc de perdre potentiellement sa victoire au Tour d’Espagne 2017 et d’être suspendu pour plusieurs mois, ce qui pourrait l’empêcher d’honorer sa présence au Tour d’Italie et au Tour de France en 2018. Mais les procédures, les appels, pourraient aussi faire traîner le dossier et permettre au quadruple vainqueur du Tour de France de rouler plusieurs mois avant d’être potentiellement suspendu.

Pour un coureur qui s’est toujours défendu d’être « 100% propre », une condamnation pour dopage serait en tout cas dévastatrice pour son image. Et par extension, pour son équipe et son sport.

Eurosport

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