Guerre au Yémen : « La France viole le traité sur le commerce des armes »

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56-tome-2-mensonges-et-crimes-detatVoici encore une fois la preuve que la France ne respecte pas les traités internationaux et qu’elle aggrave les conflits régionaux en fournissant des armes aux clients les plus belliqueux et  agresseurs. Il est d’ailleurs très curieux de ne quasiment jamais entendre parler de cette guerre au Yémen et de ses 10 000 morts, dans nos médias hexagonaux. Ceci correspond parfaitement aux conclusions des travaux de Monsieur Jean-Loup Izambert et notamment les deux tomes de son dernier livre 56 dans lesquels il accumule les preuves de l’implication de la France dans l’armement de groupes terroristes en toute illégalité.

Une guerre ne se fait pas sans armes et l’Occident est le premier fournisseur d’armes au monde. Ainsi, il lui arrive même d’en déclencher certaines afin de faire tourner ses usines et en même temps s’accaparer les richesses des pays affaiblis et corrompus par des dirigeants marionnettes.


La guerre au Yémen, qui fait rage depuis trois ans, a fait plus de 10 000 morts civiles, quasiment dans l’indifférence générale. À des milliers de kilomètres de là, la France poursuit activement ses ventes d’armes aux pays membres de la coalition emmenée par l’Arabie saoudite et les Émirats, qui soutiennent le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale, face aux rebelles yéménites houthis, aidés par l’Iran. L’ONG française Aser (Action sécurité éthique républicaines) a engagé le 1er mars une démarche juridique pour obtenir la suspension des licences d’exportation accordées à plusieurs industriels français de l’armement. Elle s’apprête à poursuivre cette procédure devant le Conseil d’État. Interview de son vice-président, Benoît Muracciole.

Le Point : De nombreuses ONG ont lancé une campagne pour demander que la France cesse de vendre des armes aux pays arabes engagés dans la guerre au Yémen. Quelle est votre position ?

Benoît Muracciole : Elle est très claire : l’ONG Aser, soutenue par l’association Droit-Solidarité (section française de l’Association internationale des juristes démocrates, AIJD), a engagé une démarche juridique pour demander que les licences d’exportation accordées par le gouvernement français aux industriels livrant des armes aux belligérants du conflit au Yémen, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, soient suspendues. Nous savons que ces licences existent, puisque plusieurs industriels français, dont Dassault et Nexter, ont fait publiquement état des succès opérationnels de leurs productions, précisément dans cette guerre atroce. Ces armes ont donc été vendues et livrées. Elles sont actuellement utilisées dans les combats.

N’est-ce pas précisément le rôle des armements ?

Certes, mais ce que nous dénonçons, c’est l’utilisation de ces armes françaises par des armées qui agissent en contradiction formelle avec les lois françaises et les traités internationaux signés par notre pays. Ces usages illicites sont notamment liés à de nombreuses et graves violations du droit international humanitaire et des droits humains. Ces pratiques, qui sont celles de toutes les parties au conflit, sont sans cesse dénoncées par l’ONU depuis 2014. Cinq ans auparavant, en 2009, Amnesty International avait déjà pointé du doigt les violations exercées par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. La France n’a pas été la seule avertie par les ONG. Tous les pays vendeurs d’armes à ces clients l’ont été. Ces ONG, avec l’ONU et le Parlement européen, ont réclamé la mise en place d’un embargo.


Les belligérants s’en prennent à des populations civiles sans défense, de manière totalement indiscriminée.


Les États sont souverains. Ils vendent en fonction de leurs règles et des garanties qu’ils prennent. Que leur reprochez-vous précisément, et à la France en particulier ?

Les États vendeurs sont garants du suivi de leurs ventes et du respect des engagements pris par les acheteurs. Autrement formulé, les États parties au traité sur le commerce des armes (TCA) n’entendent pas cesser d’en vendre, mais ont un intérêt commun à la régulation de ce commerce face à la mondialisation croissante des échanges. Les déplacements massifs de populations, l’accès de plus en plus facile à des armements sur les marchés illicites, de même que le développement du terrorisme sont autant de conséquences néfastes pour les gouvernements d’un marché de l’armement dérégulé. Il devient de plus en plus difficile de justifier aux yeux de l’opinion publique notre inertie face aux horreurs de la guerre et des violations massives du droit international humanitaire.


Le Point 

 

 

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