Illusions démocratiques, par Pierre Dortiguier

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Illusions démocratiques


Les barbus ou libertaires de 1968 avaient développé le slogan d’origine trotskiste, de « élections, piège à c.. » C’est un peu bref, mais réaliste et de plus en plus nécessaire devant la farce qui nous est montée : les personnages bouffons ou frappés par la foudre en pleine scène, comme Fillon, effondrés comme Juppé certainement plus blâmable, selon nous, que celui qui servit Sarkozy et néanmoins aurait été piégé par lui, selon des bruits insistants, ou un homme vide, Macron soutenu par Cohn-Bendit et ce même Jacques Attali, natif d’Alger, qui vient de nous promettre une surprise ! En ajoutant, clignant de l’œil, qu’il connaissait la candidate qui succéderait au prochain élu ou pion républicain sur l’échiquier de la finance internationale.

Dans ce chaos théâtral un deus ex machina, entendez une divinité venue rétablir l’ordre et rassurer les spectateurs que nous sommes – et non plus acteurs – vient d’obtenir ses cinq cents signatures, l’ami de Pasqua, M. Asselineau qui a au moins le mérite d’être sinon toujours convaincant, du moins respectable et promettant de quitter l’OTAN, ce que n’avait pas fait entièrement De Gaulle, et ce quelques mois après que Trump l’illu-sioniste ait eu la même intention électorale avant de hausser son budget militaire !

De nombreux et honnêtes militants se dévouent à la cause du Lorrain. C’est un fait.

Deux points cependant nous semblent devoir être éclaircis et portés à leur connaissance : présenter la sortie de l’Union européenne comme une panacée, le premier remède général à nos maux repose sur l’erreur de confondre la Grande Bretagne, puissance maritime, sorte de thalassocratie depuis des siècles, à savoir de force impériale reposant sur une colonie de peuplement et un Commonwealth ou république de  nation marchande, que n’a jamais été la France, du moins à ce degré.

M. Asselineau enseigne à ses militants de bonne foi, que nous pourrions avoir la même souveraineté que la Suisse, mais celle-ci peut avoir un paysage allemand, romantique, et des villes qui ressemblent à Vienne ou Salzbourg, mais son indépendance est en fait le point de rencontre de l’internationale bancaire, une City en Europe, et étrangère aux affaires européennes. Il est rappelé que « la France du général De Gaulle », comme on aime à dire, s’en sortait mieux avec son franc lourd que notre France socialiste ou RPR avec l’euro ; c’est oublier deux faits, je dis bien deux faits et non pas deux appréciations ou opinions :

1. Le nouveau franc à la naissance duquel j’ai assisté fut le résultat d’un accord franco-allemand, De Gaulle-Adenauer ; à ce moment 1 mark valait 1 franc et ce grâce à un sacrifice allemand, européen ! Bientôt nous passâmes à 1,50 puis plus de 2 francs, presque trois pour un mark, si j’ai bon souvenir.

L’euro nous a, dit-on, été imposé par les financiers internationaux auprès desquels nous étions endettés de plus en plus. Or c’est à la demande formelle du Président Mitterrand que le chancelier Kohl accepta de sacrifier sa monnaie à l’euro, création française ! Et cela nous a empêché, comme en 1959-60 de dévaluer, de plonger dans l’inflation galopante comme ce sera le cas dans quelques mois, une fois quitté le lien monétaire franco-allemand.

2. Reste la solution de remplacement à l’Europe ! L’Afrique francophone. Felix Germania, heureuse Allemagne qui n’a pas autant colonisé ! Une où tout est aux mains des sociétés américaines et israéliennes !

L’on objectera que l’Europe est ingouvernable, mais qui l’a rendue telle ? La pression anglaise et assimilée qui a demandé d’élargir l’Europe qui aurait dû rester un bloc solide autour du « couple franco-allemand ».

Il n’est pas impossible qu’à la manière de Trump, M. Asselineau franchisse le second tour, ce serait le candidat de la surprise, mais surprise pour les médias plutôt que pour ceux qui tirent les éternelles ficelles de la démocratie, un jeu d’illusions. Mais rassurez vous, une chose est sure, le pays le plus endetté de l’Europe va donner, comme à l’habitude, le signal de la nouvelle révolution et couvrira du nom de souveraineté un paupérisme suscitant une guerre sociale que nos habiles sauront, le Golfe Persique aidant, transformer en guerre ethnique et religieuse ! L’essentiel quand même est de nous éloigner de ce peuple dont Clémenceau disait en 1920 qu’il y en a vingt millions de trop.

Est-ce que nos chers apprenants en ont entendu parler, sous la férule des administrateurs de l’inculture publique ?

Conclusion : à chaque peuple le régime ou le Trump qu’il mérite, le nôtre est de suivre l’Angleterre ! Après le Brexit, le Frexit, au grand applaudissement des démocrates.

Pierre Dortiguier

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