Interview de Lotfi Hadjiat par Pilar Baselga

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À l’occasion d’un passage à Madrid en novembre, le philosophe Lotfi Hadjiat m’a accordé cette interview. Son dernier livre, Les ennemis de l’humanité, aux éditions Fiat Lux, a suscité chez moi beaucoup d’intérêt.


P. Baselga : Bonjour Lotfi.

L. Hadjiat : Bonjour.

P. B. : Pouvez-vous nous résumer votre dernier ouvrage ?

L. H. : J’ai tenté dans ce livre de déceler la cause de la perdition de l’humanité. Et cette cause est dans le désir d’immortalité par la science, en excluant toute idée de Dieu, en défiant Dieu et en transgressant Sa morale. C’est-à-dire de devenir un dieu tout en niant radicalement Dieu. Ce désir naît donc d’une profonde contradiction auto-destructrice, nihiliste, suscitée par Satan, selon la tradition religieuse monothéiste. Un désir qui anime tout particulièrement la franc-maçonnerie. Ce que j’ai voulu montrer, c’est qu’il y a une lignée idéologique qui défie Dieu depuis Caïn (héritier de Satan), et qui s’est perpétuée au fil des siècles, à travers notamment la secte des Caïnites, de la Kabbale juive, et aujourd’hui, des réseaux maçonniques, et qui tente d’imposer cette idéologie à l’ensemble de l’humanité sous la forme d’un système mondialiste.

P. B. : Pensez-vous que la victoire de Donald Trump soit une brèche dans ce système ?

L. H. : Cette victoire électorale de Trump, que j’avais prédite dans plusieurs de mes articles, ne nous sortira pas, je le crains, du gouffre nihiliste, du nihilisme marchand qui a tout envahi. Au contraire, nous y serons plongés plus que jamais. Trump ne veut rien de plus que défendre le business de son pays. Cette victoire qui a fait mentir toute la caste médiatique occidentale est le signal de l’effondrement de la matrice médiatico-politico-financière qui masquait le gouffre de ce nihilisme marchand. Matrice israélite, matrice caïnite qui contrôlait l’opinion, les électeurs et les élections par une propagande implacable et un divertissement impitoyable. Désormais, ce masque est tombé, cette propagande ne fonctionne plus, la victoire de Trump le démontre, comme l’avait déjà montré la victoire du Brexit. Mais après la joie de la victoire, la réalité du nihilisme nous écrasera. Le chaos, le tumulte et la confusion s’amplifieront, s’accentueront… au fil des scandales révélés… des tragédies… jusqu’à l’arrivée du Messie, de la Vérité qui édifiera l’humanité.

P. B. : Doit-on attendre alors simplement le Messie, ou devons-nous chercher une issue en ce chaos ?

L. H. : Il n’y a plus d’issue collective possible, selon moi, ni communautaire, mais seulement individuelle. Il s’agit de s’élever moralement, spirituellement dans cette nuit de l’humanité, en ayant le courage de la vérité. Pour autant, il ne s’agit pas de s’élever au dessus des hommes, car s’élever spirituellement c’est le contraire de s’élever au-dessus des hommes, de vouloir les dominer… Voyons bien que c’est le désir de dominer les hommes qui a perdu les hommes et le monde. Il n’y a plus d’issue terrestre, seulement spirituelle. Les croyants véritables ne cherchent pas d’issue terrestre, et seront peu nombreux au terme de l’histoire de l’humanité.

P. B. : Quelle est selon vous le terme de cette histoire ?

L. H. : Le terme de cette longue et douloureuse histoire est le dévoilement de la vérité qui édifiera l’humanité, la vérité sur la création, la créature et le Créateur. Le mot « apo-calypse » en grec ne veut rien dire d’autre que dé-voilement, dé-couvrement. Cette histoire a commencé par le voilement de la vérité : la chute de l’homme, attiré par l’arbre de la connaissance, par Satan… Vouloir devenir un dieu par la connaissance, tel est le voilement le plus radical de la vérité. Les scientifiques qui, aujourd’hui cherchent à mettre en œuvre une immortalité biologique pour l’homme sont les plus aveugles parmi les aveugles. « La science a fait de nous des dieux avant que nous méritions d’être des hommes », disait fort justement le biologiste Jean Rostand, en 1954.

P. B. : Ne pensez-vous pas que le dévoilement de la vérité a déjà commencé ? Que ce dévoilement sera progressif dans une certaine mesure ?

L. H. : Oui, je pense aussi que la lumière de la vérité se manifeste déjà par des signes annonciateurs. Prenez la théorie évolutionniste, par exemple, qui fut longtemps considérée comme un fait scientifique, et qui aujourd’hui n’est plus qu’une hypothèse grotesque. Cette théorie repose sur un pré-supposé totalement loufoque qui consiste à dire que la toute première molécule d’ADN, d’une complexité extraordinaire, s’est formée en une seule fois, par hasard… imaginez des millions de petits bouts d’ADN disséminés dans l’océan comme autant de pièces d’un puzzle, qui d’un seul coup s’assemblent parfaitement, par pur hasard ! Un coup de dés qui voudrait abolir le miracle de la création divine, abolir l’intelligence divine créatrice, abolir Dieu. C’est Mallarmé à l’envers, un coup de dés jamais n’abolira Dieu. Surtout qu’il s’agit ici de millions de dés ! Ce qui est intéressant dans la molécule d’ADN, c’est cette biosynthèse d’une molécule d’ARN selon une lecture et une transcription parfaitement fidèles de l’ADN. Le secret de la vie est ainsi dans la fidélité rigoureuse… à l’intelligence divine, à Dieu. Le secret de la vie est donc dans une vertu morale : la fidélité. Les scientifiques ne le comprendront jamais.

P. B. : L’Apocalypse édifiera donc surtout les scientifiques ?

L. H. : Oui, il n’est pas exagéré de parler aujourd’hui de fanatisme scientifique, dont le fanatisme religieux n’est finalement qu’une réaction. Le fanatisme néo-libéral actuel ne serait rien sans le fanatisme scientifique, ce dernier étant le nihilisme le plus radical. Voyons bien que les si destructrices spéculations boursières aujourd’hui ne sont qu’une branche de la mathématique ou de la logique. Ce parc El Capricho où nous nous trouvons ici à Madrid, un parc truffé de symboles francs-maçonniques, inaugurait à sa manière, au XVIIIème siècle, le culte de la science, de la raison exclusive, qui exclut Dieu. Ce culte qui triomphe sur toute la planète ne résistera pourtant pas à la venue toute prochaine de la vérité. Sans être exclusive, la raison peut naturellement éclairer notre chemin (c’est ce à quoi nous invite inlassablement le Coran) mais le salut de l’homme n’est pas rationnel mais moral, et le moral n’est pas réductible au rationnel, Kant l’avait bien compris. La destruction de l’homme en revanche est rationnelle, scientifique. Tous ces néo-kantiens qui ont détruit la morale en voulant en faire une science contre l’avis de Kant, sont comme par hasard israélites… Natorp, Cohen, Cassirer…

P. B. : Merci d’avoir répondu à ces questions.

L. H. : C’est moi qui vous remercie

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