La haine de synagogue, par Lotfi Hadjiat

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C’est plus fort que moi, j’aime l’éternité, et je méprise le périssable. Pour être plus précis, j’aime la voie de l’Éternel et je méprise la voie du périssement, du corruptible. La corruption n’est pas seulement dans la politique. Les médias qui dénoncent la corruption devraient dénoncer aussi la chair, la chair est éminemment corruptible ! Le corruptible c’est ce qui est soumis au changement, à l’altération, au dépérissement ; n’importe quelle plante, n’importe quel fruit est soumis à la corruption, et toute notre vie terrestre est intégralement soumise à la corruption. On pourrait penser que l’âme, l’âme humaine n’est pas corruptible comme la chair, mais pourtant l’âme aussi est corruptible, moralement.

L’humanité moderne a pris toute entière la voie du corruptible. Et pas seulement en politique. L’attachement au corruptible, à la corruption, est général. Dans sa folie moderne, dans sa furieuse liberté, l’homme n’a toujours pas compris que sa seule liberté est de choisir entre se soumettre au corruptible ou se soumettre à l’Éternel. La grande majorité de l’humanité se soumet au corruptible, et donc à la corruption, et une petite minorité se soumet à l’Éternel. Les religions elles-aussi sont corruptibles. Pas seulement le judaïsme et le christianisme, le wahhabisme pétrolifère et ses innombrables satellites doctrinaux infâmes constituent la corruption avancée, le pourrissement intégral de l’islam, pourrissement intégral devant lequel se prosterne une majorité de musulmans, ainsi que l’Europe et l’Occident… avec la bénédiction d’Israël… le maître de cérémonie de la corruption universelle, depuis Caïn. Les religions sont devenues les sorcières de la foi, comme me le disait naguère une éditrice.

Mais le plus triste c’est que l’amour aussi est corruptible : il peut se transformer en haine. Finalement, la haine n’est que l’amour ayant pris une mauvaise direction. « Dieu ne peut être qu’une direction de l’amour, non un objet », disait le poète Rainer Maria Rilke. J’ajouterais modestement que la seule bonne direction de l’amour c’est l’Éternel. Tiens, ça me rappelle une blague de Daniel Cohene-Bendith : « la meilleure direction de l’amour c’est dans le cu. ! ». Je me souviens bien du rire d’Alain Mink après la blague… Ah ce rire… un mélange de rire de chauve-souris, de hyène, de serpent, de corbeau et de crapaud. Non décidément, je préfère la voie de l’Éternel. D’aucuns cherchent la vie éternelle par quelques prouesses scientifiques mais, excusez cette lapalissade, il n’y a de vie éternelle qu’en l’Éternel. Comme il n’y a de plaisir charnel qu’en la chair.


Spinoza fut le plus grand génie, le plus grand esprit juif, que Bernard-Henri Lévy a décidé d’exclure de son livre L’esprit du judaïsme, c’est pas une blague !


Certains se disent que s’ils disposaient de la vie éternelle, ils profiteraient éternellement des plaisirs charnels. Mais entrer dans la vie éternelle, en avoir conscience est déjà en soi la béatitude, dont le plaisir charnel n’est qu’un simulacre… Pour Platon, seules les idées sont éternelles, sont les modèles, desquels sont produits les originaux, desquels sont produits les copies, desquels sont produits les simulacres… Du coup, la vie éternelle serait la vie des idées, la vie des sciences… mais je ne suis pas bien sûr qu’en triturant l’idée du cercle et l’idée du carré on atteigne la vie éternelle. Même si l’idée du cercle ou du carré sont effectivement éternelles, incorruptibles. Le nombre aussi est une idée éternelle, un schème dirait Kant, le schème de la quantité. En revanche, l’idée du pantalon à une jambe… Prenons maintenant la « science » économique, celle-ci est la « science » du périssable, du corruptible, et nous y enfonce. La médecine aussi est une science du périssable, du corporel…, quant aux grands laboratoires, ils sont exactement les laboratoires de la corruption…

Certes, si on prend l’idée de justice, cette idée, il est vrai peut nous rapprocher de l’Éternel, mais encore faut-il pouvoir définir cette idée, car ni Platon ni aucun philosophe n’a jamais livré une définition de cette idée qui fasse l’unanimité, dans le temps et dans l’espace. Pour ma part, je dirais plutôt que c’est l’intuition de justice qui peut nous conduire à l’Éternel. Ou l’intuition de béatitude. Pour Spinoza, l’intuition est une connaissance du troisième genre, la plus haute connaissance, qui nous permet de connaître les choses « sous l’aspect de l’éternité » et d’atteindre la béatitude… Spinoza fut le plus grand génie, le plus grand esprit juif, que Bernard-Henri Lévy a décidé d’exclure de son livre L’esprit du judaïsme, c’est pas une blague ! Il est vrai que la merde exclut le diamant, car elle ne peut le corrompre. Pauvre Spinoza, il est toujours excommunié, depuis bientôt quatre siècles… « Veuille l’Éternel ne jamais lui pardonner. Veuille l’Éternel allumer contre cet homme toute Sa colère et déverser sur lui tous les maux mentionnés dans le livre de la Torah. Que son nom soit effacé dans ce monde et à tout jamais et qu’il plaise à Dieu de le séparer pour sa ruine de toutes les tribus d’Israël en l’affligeant de toutes les malédictions que contient la Torah« , disait l’acte d’excommunication placardé sur toutes les synagogues !… Il semble que l’Éternel en ait décidé autrement, la gloire du nom de Spinoza est célébrée partout dans le monde ! La haine de synagogue ne peut rien contre les décrets de l’Éternel.

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