La querelle du complotisme par Pierre Dortiguier

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Il est de bon ton de prendre dans les discussions politiques, tout de haut, en laissant tomber, par ce que les Anglais entendent paun  word ou name dropping, le mot de complotiste, pour  faire entendre que son interlocuteur n’a qu’une conception fort bornée de la politique, comme un marin qui n’aurait connu de l’art de naviguer qu’un bateau de papier au jardin du Luxembourg parisien. Le mot de complot est pourtant net, qui désigne des conjurés dissimulant leurs intentions pour atteindre un but, qui est soit l’acquisition ou plus généralement la destruction d’un bien qui fait obstacle à leur ambition.

L’exemple le plus classique, à cet égard, a été, du vivant même des personnages de la scène révolutionnaire, l’accusation avérée de complot du cousin du roi de France, Louis XVI, le duc d’Orléans, Philippe, ayant pris le surnom maçonnique de Philippe-Egalité, et qui fut le Grand Maître du Grand Orient de France, et décapité quand il voulut quitter cette organisation ! La mise en scène de nombreux événements qui sont contenus dans le catéchisme national républicain, comme la prise de la Bastille, le cortège des femmes allant réclamer du pain à Versailles, formé de « mignons » ou hommes déguisés en femmes, recrutés parmi les favoris de ce prince corrompu et ambitieux, nous apparaît aujourd’hui, mais non point alors à la masse des contemporains. Ils sont caractéristiques d’un complot, lequel peut revêtir des formes plus brutales, comme l’entente de plusieurs nations pour anéantir l’indépendance d’une, ainsi que nous avons vu l’Iran envahi et occupé, selon des accords secrets, par une double offensive militaire, terrestre et aérienne, à l’été 1941, sous le prétexte fallacieux de diminuer l’importance de la coopération allemande, laquelle se porte bien aujourd’hui ! Les USA suivirent avec le père du général Schwarzkopf qui prit en main la formation de la gendarmerie royale.

Qui pourra nier que la révolution bolcheviste fut soutenue par une entente de financiers américains ? Cette union des forces pour entretenir Lénine et Trotski est incontestée. Si le  complotisme est la thèse que des complots de sociétés secrètes ou forces occultes préparent un bouleversement politique avec des opérations à faux drapeaux, alors traitons de mathématisme tout effort d’opération arithmétique ou de géométrisme le recours à la mesure dans le tracé des figures. Que maintenant par une manie aveuglante tout événement soit rangé, répétitivement, dans une conspiration supposée, relève de la pathologie, ou d’une déficience de jugement, mais n’entame en rien le fait répété des complots dans le cours de l’Histoire.

Qu’est la première guerre mondiale, sinon un complot, « la lutte des nations qui travaillaient moins bien contre celle qui travaillait le mieux. C’est un crime contre l’humanité commis par l’Angleterre. Elle le paiera, écrit à peu près Romain Rolland à son secrétaire Bachelin en 1921 (la date est à vérifier et je cite de mémoire).

Un auteur récent, de Normandie, a voulu ainsi démontrer que l’histoire est fonction de l’état de santé d’un peuple et que le recours à la dénonciation d’un complot serait une forme d’irresponsabilité : autant dire, à parle théologie, que le fautif porte le poids de ses fautes, et que l’action diabolique est secondaire, non, c’est le désordre du second qui cause la faiblesse morale du premier et que combattre les desseins diaboliques ou s ‘en garder est un conseil donné ou transmis par le  fils de la Vierge, selon une tradition sacrée, aux enfants de celui qui entraîna l’humanité dans sa chute. Bien sûr ces termes sont à prendre allégoriquement, comme tout ce qui est religieux, et non pas positivement comme ceux qui ont l’esprit trop matériel.
Que l’on n’aille pas en conclure que le fameux Kerensky, le petit ami, le boy-friend de la sœur de Lénine et élève de son père, devenu dictateur républicain faisant le lit du bolchevisme, et plus encore saisi d’antiteutonisme frénétique, secondant les efforts de l’Angleterre pour abattre la concurrence de sa rivale, et quittant les affaires, exfiltré par l’ambassade des USA, à bord d’une automitrailleuse, ce grand homme en un mot, mort très âgé en Occident et hautement  maçonnisé à défaut d’autres qualités que nous tairons, approuvait cette théorie du complot ; mais il n’empêche qu’il fit passer un décret, en temps de guerre, avant la révolution bolchevique dite l’octobre, déclarant punissable de la peine capitale tous ceux qui posséderaient ce fameux ouvrage  que M. Jospin fit proscrire ; ouvrage qui est à la théorie du complot, ce que l’enfant  Mozart  est à la musique, le contraire de la frénésie.
C’est ce même ouvrage dont ce réclame un esprit jugé malade, qui gouverna son pays, fut le chef de la double église luthero-calviniste, et s’entendit accusé par une mère de couvent belge aristocrate, face à face, de son goût de la guerre : cela se passait lors d’une promenade au voisinage du couvent, car le souverain habitait chez un de ses parents, lors de l’occupation allemande de la Belgique. La Mère Supérieure du couvent consigna dans son journal que le Kaiser ou Empereur (même racine que Tsar) lui avait répondu que ce n’était pas lui qui avait voulu cette guerre atroce, et donc, entre autres conséquences,  ce blocus alimentaire britannique et français qui causa plus de 800.000 victimes de 1914 à 1919 (nous disons bien 1919 et non 18, tout comme en Iran la famine organisée par l’armée anglo-indienne dura, avec bien plus de victimes, jusqu’en 1919), et de renvoyer la Mère supérieure à l’ouvrage horrifique, qu’il convient de fouler aux pieds pour rentrer au Paradis nouveau, que l’on nous prépare sans autre intention que de pousser le bétail à l’abattoir, au massacre dont parle le médecin Céline, massacre déjà commencé par les vaccins donnant, à ce qu’on rapporte, la sclérose en plaques, les faux médicaments et les autres empoisonnements que nos pharmaciens étiquettent comme le progrès Kerensky avait ce sens médical d’ôter des médicaments patriotiques les étiquettes montrant leur composition. Preuve que les Chrétiens, et  ceux qui suivent l’Évangile, des Musulmans aux Hindouistes ou Bouddhistes, n’ont pas le monopole de la charité !
Les Positivistes, à la Auguste Comte, ont une manière plaisante de formuler nos propos : pour eux point de causes, mais des  effets, et à cet égard les complotistes seraient des métaphysiciens, des gens qui vont au delà de la physique et croient  avec Aristote et Schopenhauer, que si quelque chose se produit, c’est un effet de la volonté de celui qui aspire à une fin ! Qu’en somme les événements ont une finalité, proposition très contestée par nos intellectuels, mais que le simple moine en Asie entend aussitôt, parce qu’il sent que la Vie est une volonté, et nos idées un conflit de forces maîtrisées ou non !
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