La Tunisie toujours sous la pression du FMI

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Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, ici en Tunisie avec le président Béji Caïd Essebsi. Image d’illustration. © Archives AFP.


C’est ainsi que les élites corrompues et traîtresses du monde arabe livrent leurs peuples aux criminels et assassins du FMI. De quel droit cette institution crapuleuse qui a déstructuré des nations entières comme l’a démontré Monsieur John Perkins dans son précieux ouvrage Confessions of an Economic Hit Man [Les Confessions d’un assassin financier], s’arroge-t-elle le droit de venir donner des leçons de gestion à des pays souverains ? Une institution qui a été dirigée par des violeurs et autres délinquants sexuels. Institution qui est dirigée aujourd’hui par une délinquante comme Christine Lagarde qui a donné près d’un demi milliard d’euros à Bernard Tapie, piétinant la justice classique et mettant en place une procédure arbitrale totalement dévoyée.

Bref, n’importe quels enfants comprendraient aisément que ces gens n’ont absolument aucune crédibilité et pourtant les élites politiques maghrébines et autres les reçoivent avec les honneurs et appliquent leurs directives !


La masse salariale de la fonction publique est « parmi les plus élevées au monde », pointe l’institution. Analyse.  

La Tunisie a reçu une nouvelle « visite des services du FMI », comme on dit en jargon techno. À sa tête, Björn Rother, chef de mission pour ce pays. Si le communiqué de presse publié à l’issue de ce séjour a la brièveté d’un télégramme, un feuillet et demi, les constats et les inquiétudes sont légion. Une « visite » en langage FMI signifie passer à la paille de verre tous les comptes liés à l’État tunisien. Un arsenal statistique mouliné puis assorti d’une série d’entretiens à haut niveau avec le chef du gouvernement et quelques ministres-clés (Finances, Développement, Fonction publique) ainsi que le gouverneur de la Banque centrale. Loin de son image de Torquemada des équilibres des comptes publics, image que la crise grecque a confortée, l’institution alterne bons points et mises en garde. Mais, en coulisses, auprès des pays exposés en Tunisie, on s’inquiète fortement pour l’année 2018.

Satisfecit

À ses yeux, « l’économie tunisienne continue de faire preuve de résilience dans une conjoncture nationale et internationale difficile ». Le partenaire européen connaîtra une croissance de 1,7 % cette année, alors que Tunis table sur un rebond local de 2,5 %. Le succès de la conférence pour l’investissement Tunisia 2020, fin novembre dernier, pourrait être porteur de croissance si les projets – annoncés et financés par les bailleurs de fonds traditionnels ainsi que les États – démarrent rapidement. Le FMI salue également « l’adoption de textes de loi essentiels liés au secteur privé ». Il fait allusion au Code de l’investissement voté par l’Assemblée des représentants du peuple après plus d’un an de travaux. Coup de chapeau à l’établissement d’une haute autorité indépendante de lutte contre la corruption dirigée par le tenace Chawki Tabib.

Les comptes publics dans le rouge carmin

Si 2017 n’inquiète pas plus avant les calculettes de Washington, 2018 risque d’être une année cruciale pour la Tunisie. Les augmentations de salaire accordées en 2016 à la fonction publique (plus de 610 000 emplois directs) entreront en vigueur le 1er décembre 2017. Elles devaient l’être en début d’année, mais le gouvernement mené par Youssef Chahed a négocié un délai de grâce comptable avec le syndicat UGTT. La masse salariale, qui représente aujourd’hui 13 milliards de dinars du budget de l’État (qui en compte 32), dépasserait les 15 milliards, voire plus, selon le FMI. Verdict : « La masse salariale de la fonction publique en pourcentage du PIB est parmi les plus élevées au monde. » Administration et entreprises publiques totalisent 800 000 salariés pour un pays de 11 millions d’habitants. À ce rythme-là, l’endettement de la Tunisie poursuit sa glissade, « dépassant les 60 % du PIB ». L’endettement pourrait tutoyer les 70 % d’ici deux ans, selon les experts du FMI. En 2010, ce chiffre n’était que de 52 %. Depuis la révolution, les gouvernements qui se sont succédé ont tous recouru à l’embauche publique. Un ancien ministre, Yassine Brahim, estimait que la fonction publique était devenue l’équivalent de l’Unédic. Un amortisseur du chômage…

Fitch dégrade une nouvelle fois la Tunisie

L’agence de notation a abaissé d’un cran son évaluation de la dette tunisienne, passant de BB- à B+. L’agence estime que le pays devra emprunter sur les marchés l’équivalent de « 7 % de son PIB pour faire face aux échéances et aux besoins de son budget ». Standard & Poor’s ne note plus officiellement le pays depuis que le gouvernement en a fait la demande, en 2013, après une violente dégradation de ses banques. Ce qui ne rassure guère les investisseurs privés. Le cercle vicieux se trace de façon de plus en plus précise. Les déficits des comptes publics, le budget de l’État qui nécessite d’emprunter près de 25 % de son montant, l’absence de réformes structurelles vis-à-vis d’une administration pléthorique qui plombe les finances du pays, ces trois éléments contribuent à alourdir la dette. Et les emprunts sur les marchés risquent de se faire au prix fort. Et devront être remboursés.

Quel modèle économique pour la Tunisie ?

Deux ans après les élections législatives et présidentielles qui ont porté Béji Caïd Essebsi au palais de Carthage et l’alliance Nidaa Tounes (le parti de BCE) et d’Ennahda au gouvernement et au Parlement, le bilan n’est guère radieux. À leur arrivée au pouvoir, la situation était exécrable. Chômage de masse, inflation au firmament, comptes publics en berne… Vingt-cinq mois plus tard, la situation ne s’est pas améliorée. Les attentats du Bardo et de Sousse, qui ont mis K.-O. le secteur du tourisme depuis 2015, ont leurs parts de responsabilité. Mais pas que. Le secteur du phosphate, autre pilier de l’économie nationale, a enregistré des résultats inférieurs de 44 % à ses objectifs en 2016. Les caisses sociales (sécu, retraites) sont, elles, déficitaires. Et « les passagers clandestins », le surnom donné à ceux qui se soustraient à l’impôt, demeurent nombreux. 83 % des recettes fiscales sont collectées à la source (retenue salariale). Les professions libérales payent plus « difficilement » leurs impôts. Sans oublier l’économie informelle, premier secteur privé du pays. Au chef du gouvernement, Youssef Chahed, de relever « les redoutables […]

Benoît Delmas – Le Point 

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