La Turquie accuse l’Arabie saoudite d’avoir assassiné le journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul

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Tawakkol Karman, militante yéménite et prix Nobel de la paix en 2011, tient une photo du journaliste saoudien disparu, Jamal Khashoggi, le 5 octobre 2018, à Istanbul (Turquie). (OZAN KOSE / AFP)


Les accusations sont extrêmement graves d’autant que l’assassinat est censé avoir été commis dans l’ambassade même de l’Arabie Saoudite à Istanbul. Ce qui n’empêchera certainement pas les pays occidentaux de tourner la tête, baisser les yeux et faire comme si de rien n’était, afin de pouvoir poursuivre leur business et entretenir des relations diplomatiques « normales » avec la Saoudie maudite.


Selon la police turque, l’éditorialiste saoudien est entré dans le consulat de son pays pour y effectuer des démarches administratives et il n’en est jamais ressorti.  

Tension diplomatique entre Ankara et Ryad. La police turque affirme, dimanche 7 octobre, que le journaliste et éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi, a été tué à l’intérieur du consulat de son pays, à Istanbul. Selon la police, un groupe de 15 Saoudiens a fait l’aller-retour à Istanbul, mardi, pour se trouver au consulat en même temps que Jamal Khashoggi. La police ajoute que le journaliste « n’est plus ressorti »du consulat, après y être entré pour effectuer une démarche administrative.

L’agence de presse officielle saoudienne SPA a relayé dimanche un démenti, obtenu auprès d’un responsable du consulat d’Arabie saoudite, sous le couvert de l’anonymat. Selon l’agence, « le responsable a démenti avec force ces accusations sans fondement ». Et de préciser qu’une équipe d’enquêteurs saoudiens se trouve en Turquie et travaille avec les autorités locales. « Je ne crois pas qu’il ait été tué », a également déclaré, sur Twitter, la fiancée turque du journaliste, Hatice Cengiz.

Un éditorialiste très critique du pouvoir saoudien

Ryad assure que Jamal Khashoggi, éditorialiste très critique du pouvoir saoudien, qui écrit notamment dans le Washington Post, a quitté le consulat. « D’après ce que j’ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr », a déclaré le prince héritier Mohammed Ben Salmane, dans un entretien à l’agence Bloomberg.

« Nous sommes prêts à permettre au gouvernement turc de venir fouiller nos locaux. Nous n’avons rien à cacher. » Mohammed Ben Salmane à Bloomberg

Jamal Khashoggi s’est exilé aux États-Unis en 2017 par crainte d’une arrestation, après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed Ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen. En signe de soutien, le Washington Post a décidé de laisser vide l’espace qui aurait dû être occupé par la tribune de Jamel Khashoggi, dans son édition de vendredi.

Yesterday’s Washington Post published with a blank space where #JamalKhashoggi‘s column usually appeared. Today it is believed that the Saudi’s murdered him in their consulate in #Istanbul where he was in exile. Despicable! pic.twitter.com/2ox7sjjcVC

ᴀʟᴇxᴀɴᴅʀᴀ ᴡʜɪᴛɴᴇʏ (@iskandrah) October 6, 2018


avatarfranceinfo / AFP  

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