L’âme du peuple, notion effacée, par Pierre Dortiguier

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L’âme du peuple, notion effacée


La définition la plus difficile est celle de l’âme, et non du peuple qui existe ou disparaît quand le ressort qui l’anime se défait et que les forces de la mort l’emportent sur sa vitalité. C’est ainsi que l’école médicale du célèbre Bichat définissait la vie, et ce dit vitalisme ou enseignement de l’autonomie du vivant qui dicte ses conditions ou s’impose à un milieu, prospéra, il y a deux siècles, à Montpellier.

Pour animer un peuple, ou fortifier son intériorité dont la culture est un ingrédient, il lui faut un milieu de protection. Aussi la langue de nos voisins ne s’est pas contentée de parler de monde en général pour dire le cadre d’une vie féconde, mais de préciser sa définition en forgeant l’expression de monde distribué ou environnant. Tel est le sens premier et peu relevé, dans un temps de slogan et de généralité, au détriment du détail et de la précision, du concept si répandu d’environnement. C’est ce milieu ou monde distribué (Umwelt), au lieu simplement de welt ou world qui isole l’être vivant des forces négatives, comme l’enveloppe d’un corps : et tout peuple survit, dans une maîtrise de soi constante et renouvelée, avec des degrés d’isolement dont la famille est le premier degré, et ceux, en revanche, qui veulent introduire des cellules cancéreuses pour affaiblir ou diminuer  le rythme vital, s’attaquent au monde familial.


… chacun, non plutôt tous veulent consommer ce qui est produit très loin ailleurs, dans les prisons industrielles asiatiques où dominent des oligarques rouges et libéraux à la fois, en ruinant l’art artisanal, le goût populaire spécifique …


Il suffit de voir s’agiter BHL ou le malin Cohen Bandit pour donner une idée de l’enjeu d’une déperdition de l’autorité et de la vie familiale, à quoi s’emploie une littérature, quand on lit encore, ou une psychologie éducative, quand on se contente d’avaler des médicaments, comme une oie qu’on engraisse pour retirer son foie atrocement grossi !

La nature offre ce spectacle de coexistence de milieux ; et tout éleveur d’animaux le sait mieux que ceux qui découvrent, comme dans l’enfance contemporaine, la découvre au cinéma ou par les monstres de la Playstation ! Le baron von Uexküll (1864-1944) qui fit un stage de physiologie à Paris et avait un laboratoire à Capri, a développé ce thème des milieux dans son Monde Animal et Monde humain, édité chez Payot, où se trouve une scène de village allemand, dessinée avec son clocher d’église, ses toits, son puits, et les différentes marques reproduisent la perception que l’homme ou l’oiseau ont de ce qui nous paraît indivisible : nous percevrions ainsi des formes que tel animal ignore, mais on laisse ainsi la question ouverte de définir la possibilité pour tel aigle ou corbeau de percevoir plus ou autrement que l’homme. À chaque univers humain ou animal correspond une différence bien particulière et vitale.

Il faut observer à cet égard que plus un pays offre de milieux, mieux il agrège des forces, alors que ce qui est présenté maintenant comme diversité ethnique repose a priori sur l’abandon de toute vie de monde distribué : chacun, non plutôt tous veulent consommer ce qui est produit très loin ailleurs, dans les prisons industrielles asiatiques où dominent des oligarques rouges et libéraux à la fois, en ruinant l’art artisanal, le goût populaire spécifique et cet attachement aux exigences et devoirs de la vie que protègent et animent les livres sacrés, lesquels, selon le mot de Voltaire, sont faits pour enseigner le devoir d’être, la morale et non pas la physique !

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