L’argent de la caution d’Alexandre Djouhri aurait été réuni en Algérie

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Alexandre Djouhri


C’est avec ce genre d’affaires que l’on comprend mieux comment sont pillés les pays africains. C’est systématiquement via le truchement de francs-maçons que les affaires sont réalisées, une règle d’airain. Comme nous l’avons dit sur ce site, Kadhafi et son entourage en prennent un coup encore une fois en travaillant avec ce genre d’énergumènes. Quant à cette histoire de détention d’un passeport diplomatique, si elle était avérée, elle serait d’une extrême gravité et une honte pour l’Algérie !


L’information provient du Canard enchaîné.

C’est avec de l’argent réuni en Algérie qu’Alexandre Djouhri aurait versé à la justice britannique sa caution fixée à 1 million de livres (soit 1,3 million d’euros). L’homme proche du monde politique français aurait ainsi dépêché un proche en Algérie afin de réunir de l’argent « frais et d’origine contrôlée », un virement arrivant dès le 12 janvier sur les comptes de la justice anglaise, soit deux jours après l’annonce de la décision judiciaire.

Arrêté à l’aéroport de Londres le dimanche 7 janvier, le Franco-Algérien, sur lequel pesait un mandat d’arrêt européen pour « fraude » et « blanchiment d’argent », a donc été libéré tout en ayant l’obligation de rester dans la capitale anglaise en attendant fin février, la tenue d’une première audience d’extradition vers la France.

L’homme est soupçonné d’avoir joué les intermédiaires dans le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

À vrai dire, Alexandre Djouhri a compris qu’il fallait prendre la poudre d’escampette dès septembre 2016, date à laquelle il ne s’est pas présenté à une convocation devant un tribunal parisien. Le résident suisse prenait alors la direction de l’Algérie avant d’enchaîner les séjours en Russie, à Djibouti, aux Émirats arabes unis ou encore au Qatar.

Payer pour s’accorder du temps

Ainsi, quand ses pérégrinations ont pris fin début janvier à l’aéroport d’Heathrow sous les menottes de Scotland Yard, Djouhri voyait l’étau se resserrer. La libération sous caution tombait alors à pic, l’éventualité d’une extradition sur le sol français n’étant pas imminente. Car ni lui ni son réseau parisien a envie d’être confronté à la justice française, signe de nouveaux ennuis. « Les nombreux amis de Monsieur Alexandre n’ont même pas eu à organiser une collecte », écrit à ce sujet le journal.

Des éléments troublants

Plusieurs éléments ont alimenté la suspicion des enquêteurs français quant à l’implication d’Alexandre Djouhri dans l’affaire Sarkozy. Il y eut d’abord la vente en 2008 de sa villa située à Mougins (Alpes-Maritimes) pour 10 millions d’euros à un fonds libyen. Libya Africa Investment Portfolio était alors géré par son ami Bechir Saleh, qui était aussi le directeur de cabinet de Kadhafi.

Trois ans plus tard, en 2011, alors que la Libye est plongée dans la guerre, Bechir Saleh sollicitera l’aide de Djouhri pour une exfiltration en France – l’ancien argentier de Khadafi vit aujourd’hui à Johannesburg. Le dossier s’alourdit également de l’affaire des tableaux de Claude Guéant. En 2008, le secrétaire général de L’Élysée reçut un virement de 500.000 euros en provenance de Malaisie.

M. Guéant justifiait (mal) la perception d’un tel montant grâce à la vente de deux peintures. Pourtant il s’est avéré que ces 500.000 euros tiennent leur origine de l’un des comptes du milliardaire saoudien Khaled Bugshan. Ce dernier est qualifié par les enquêteurs français de « coffre-fort » de « l’organisation » d’Alexandre Djouhri, qui contrôlait partiellement ses comptes bancaires en Suisse.

L’ancien gamin de Saint-Denis aurait été proche du général algérien Larbi Belkheir (décédé en 2010). Il disposerait également d’un passeport diplomatique algérien dont il se servirait comme immunité, mais qu’il ne possédait pas sur lui lors de son arrestation à Londres.


 – Tout Sur l’Algérie [TSA]

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