Le danger terroriste, par Pierre Dortiguier

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Il est convenu, avec une certaine naïveté, d’user du concept de dissidence, qui est un refus de l’ordre réel supérieur à l’injustice, le soulignait Goethe dans sa critique de la Révolution Française et un appel à la désobéissance, pour qualifier la contestation du bien-fondé des politiques, contestation suivie et cultivée par le courant maçonnique, en Occident ou au Nord, mais aussi au Sud, en Afrique, aux Amériques dits le Tiers Monde, et jusqu’en Extrême-Orient.

Pareil état de choses s’accompagne, depuis sa première fondation morale et politique, avec la Société des Nations à Genève et sa seconde avec l’Organisation des Nations-Unies à New York, d’un terrorisme continuel, sorte de bruit d’arrière-fond. Les conflits ont-ils diminué sous leur égide ? Il suffit de compter guerres et subversions armées pour se convaincre non seulement du contraire, mais de la nécessité de troubles non pas pour asseoir, comme on aime à le redire, un futur ou même quelque imminent Ordre Mondial (le « Brave New World Order« , dont l’expression, se plait-on quelquefois à écrire, serait tirée d’une pièce de Shakespeare), mais accompagner cet ordre même ; lequel serait bien nommé, l’avons nous plusieurs fois écrit ailleurs, selon l’expression du maître en Sorbonne d’avant-guerre, de Michel Aflak, fondateur du parti de la « résurrection » ou Baa’th arabe, Emmanuel Mounier, un « désordre organisé ».

On emploie souvent, à commencer par les sectaires de cette religion politique qui s’est substituée après suppression de son aristocratie militaire naturelle transformée en fonctionnaire d’État, en France, au catholicisme politique, de la suite de nos émules du pouvoir absolu et tyrannique d’un Richelieu ou ensuite, dans le même esprit, d’un Louis XIV – selon une observation pertinente du généralissime et chef d’État espagnol Franco dans un article paru dans Arriba, quotidien de la Phalange, dirigé contre la Maçonnerie –  l’expression de ordo ab chao, (l’ordre à partir du chaos), pour en caractériser le principe. Ce terme est en réalité physique et même métaphysique, s’il est vrai que le second est une suite du premier, son complément de possibilité ; l’ordre est en effet une réaction à l’épreuve du chaos ou de l’informe, tout comme la musique en donne des exemples par l’effet de la disharmonie créant le surgissement d’un principe d’organisation, comme le héros a besoin du monstre pour se donner une nature victorieuse de ses faiblesses. Tel en est le sens dont on a fait de profonds mystères, en égarant les esprits superficiels et avides de plaisirs de tous ordres, et assoupis dans leur mystique paresseuse.

La perception de notre monde, politique, économique, moral,physique, sexuel en particulier, esthétique – si tant est que l’art est l’exposition sensible de la religion, selon une traduction approchée de la formule wagnérienne – n’est pas ce qui répond à la réaction d’un principe d’unité ou d’ordre et d’organisation, à des tendances mortifères et anarchiques, mais à celle d’un ordre coprésent à un chaos, qu’il tiendrait par la main ! Tel est l’ordre actuel qui sécrète le chaos pour se maintenir et non l’asservir, comme la représentation d’un Saint Michel terrassant le dragon, symbole de la discipline de l’énergie.

Qui peut compter les  guerres entreprises par les vainqueurs des deux conflits mondiaux, qui n’en sont qu’un, ce que Churchill entendait par une seconde guerre de Trente Ans comparable à celle éclatée au XVIIe siècle entre l’Empire et les nations absolutistes qui engendreraient la révolution et l’exporteraient, ce qui vaut de nos Rois à nos Républicains, en comprenant la Révolution bolcheviste ! Cette dernière était de même qualité, sauf qu’elle voyait plus grand en élargissant sa Terreur intérieure à 30 millions de morts, dont l’Ukraine etc. La Chine a suivi le même modèle avant que le réalisme ne l’emporte, car la Révolutions appelle le retour à l’ordre, selon un excellente formule du prince de Metternich qui combattit tout mouvement révolutionnaire et subversif, (lequel a toujours répugné en effet, au bon sens du Grand Michel, comme on désigne l’Allemand), « la fatigue du désordre« .

Allons nous confondre paix et fatigue du désordre ? Prendrons-nous la lutte contre le terrorisme, dont on nous avertit en Europe comme du danger saisonnier de la grippe, comme le paravent nécessaire à tout notre théâtre politique ? La culture de la guerre civile est prédominante, sur fond d’inculture administrée par un personnel semi-savant, à qui on laisse un corps au besoin libertin, comme il se voit chez un illustre maître de certaine fraternité bien en vue, mais dont la tête est passée au couperet de la Guillotine triangulaire, celle que l’on vénère dans ces Loges que sont devenues nos institutions républicaines ou monarchiques, des Macronites aux Salmanites (pour désigner le jeune  pétrolier saoudien, soutenu par toute la jeunesse dorée du pays, et qui a visité naguère, dit-on Tel Aviv, comme les Chrétiens vont pèleriner à Saint-Jacques de Compostelle ou les Musulmans à Meshed, où nous vîmes des Saoudiens réels, non des « infiltrés » (los infiltrados, comme les désignaient les fiers Espagnols…).

Nous ne luttons pas, en réalité contre un terrorisme, mais nos maîtres, non seulement du jour, mais, à certains égards, de toujours, en vivent et les sécrètent pour imiter un principe d’ordre qu’au fond d’eux-mêmes ils détestent, ou ne supportent pas, étant des révoltés nés. Un grand auteur californien, l’avons nous écrit (bis repetita placent ! ce qui est répété deux fois plaît) ici, Jack Griffith, de nom de plume, London en a donné, au début du XXe siècle, la formule dans son « Talon de Fer », (Iron Heel) ; nous en conseillons la lecture : aujourd’hui ce terrorisme commence par des généreux slogans, comme liberté à la Catalogne, par exemple, en agitant un drapeau aux rayures espagnole rouge sang et jaune doré, le sang et or, de toute la péninsule ibérique, mais au dessin original et tout récent, d’une étoile blanche dans un triangle bleu, conforme à celui de Puerto Rico, dépendance des USA colonisateurs ! Et cela se terminera par des attentats, de l’insécurité, comme on dit, un « Bataclan » périodique !

Rappelons aux naïfs que le valeureux et malheureux candidat des Habsbourg au trône d’Espagne Charles III au début du XVIIIe siècle, établit sa capitale à Barcelone !


« Que le Gouvernement ottoman  suive une règle semblable, qu’il ait soin avant tout de conserver un caractère  national à ce qu’il jugera digne  d’être introduit dans le Gouvernement, et à ce qui pourra  être avantageux à la nation musulmane. Qu’il ne se trompe pas dans le choix des objets et qu’il appelle à son secours l’aide du temps, qui ne se laisse jamais hâter outre-mesure. » 


Telle femme et mère de famille dupe de ces prestidigitateurs, apparemment bretonne, au nez droit comme celui de ces filles iraniennes que l’on voit émerger de leurs habits de deuil de Hussein, avoue récemment devant un journaliste, avoir été séduite par l’idéal de ce Califat, versant oriental et musulman du pouvoir des Impériaux chrétiens en Europe et en Russie (jusqu’en Espagne qui resta fidèle à l’idéal impérial) : elle a cru, non pas d’abord à la propagande de Daech, mais à la propédeutique, peut-on dire, ou préparation que fut le slogan républicain, socialo-maonnique, antifascite et leftist, lancé contre le Président Syrien dont l’illustre Fabius demandait, comme ministre des Affaires Étrangères, la mort, et cela avec sa pesanteur ou sa lourdeur – eût écrit Céline – coutumière ! Sur cette forme d’appel au tyrannicide, qui pourrait demain viser, par exemple, le général Aoun, Président chrétien du Liban pluri-confessionnel (comme le fut le Califat réel et non celui des laboratoire de psychologie de guerre US et consort qui ne fabriquent en série que du trostkysme qu’ils nous demandent d’acheter au prix du mahométanisme, comme ils en useraient avec le christianisme ainsi perverti), s’est coulé le ciment de Daech ! Cette femme voulait fonder une famille, et elle l’a fait : ses enfants, si elle revient en France, lui seront pris par l’administration, qui en fera, par addition d’inculture scolaire et de rancœur, ajoutée de programmes MK Ultra, de futurs bolchevistes ! Car ces soi disant islamistes ne sont, en effet, redisons-le,  que les bolchevistes du jour, du 2017 – un siècle après leurs devanciers – de même origine, pour ce qui est des chefs, et du même crétinisme pour ce qui est des troupes ! Le même drapeau, le même but : cultiver le désordre et parasiter celui ci. Quant à savoir, puisque nous avons effleuré l’islamisme, si c’est le vrai ou le faux Islam, si ce dernier est un art de s’habiller ou de se coiffer, ou abstinence de jour que contre dit l’exubérance nocturne, de serrer la main des dames ou non, de décapiter des mécréants, ou les fusiller avec des armes venues du pays spolié aux Palestiniens, nous leur lançons : « Nous en avons fait un sujet de dispute pour les méchants. C’est un arbre qui pousse du fond de l’enfer, Ses cimes sont comme si c’étaient des têtes de démons. Les réprouvés en seront nourris, et s’en rempliront le ventre. » (Sourate XXXVII, nommée « Les Rangs » ; celle qui fait suite au dit « cœur du Koran » qu’on récite aux agonisants).

Puisque nous avons cité le noble Livre, disons avec le Chancelier allemand d’Autriche, natif des bords du Rhin, à Coblence, Klemens prince de Metternich (1773-1859) juriste et de formation médicale, ces paroles que nous citâmes en 1996, invité au 29e Congrès des Germanistes de l’Enseignement Supérieur (AGES), en présence de l’Ambassadrice d’Autriche et ancienne Conseillère Politique à la Présidence de cette République alpine, sa coorganisatrice avec notre collègue savoyard et ami le Professeur  Dr. Michel Reffet, la belle et savante viennoise Frau Dr. Eva Nowotny, dans une ville maintenant française, par droit de conquête, Dijon, autrefois dépendante des Habsbourg. Le Chancelier, par ailleurs lecteur assidu et même journalier, précise-t-il dans son Journal, de Voltaire, et  adversaire résolu de la Révolution Française et des terroristes libéraux, ou néojacobins, s’adressant ainsi, (en des termes français raffinés, dans un style incompréhensible aux Macronites), au Sultan, à ce chef du Califat, dont la jeune femme bretonne évoquée plus haut admirait l’idée spirituelle et martiale, dévoyée par ceux qui sont drogués et équipés par les descendants des destructeurs du Califat réel et de l’Empire ottoman (dans ce que l’ignoble maçon Churchill nomma en 1914 une Croisade !) lui donne, par son ambassadeur auprès de lui, ce conseil, non de s’illusionner par des utopies importées d’Occident et cultivées par d’ex terroristes déguisés en apôtre de l’émancipation du peuple et des femmes, mais de rester musulman : « Un État doit avant tout être lui-même », écrit il dans la lettre diplomatique à son ambassadeur auprès du sultan de Constantinople, le baron de Stürmer, datée de Vienne, le 3 décembre 1839, « s’il veut être fort. En se pénétrant de cette nécessité, il pourra beaucoup ; tandis que dans la voie contraire il ne sera jamais qu’une pâle contrefaçon de ce qui ailleurs pêche peut-être à son tour par les bases. Nous qui avons suivi cette règle et qui savons en toute circonstance l’appliquer à nous-mêmes, nous fournissons certes au gouvernement ottoman une preuve du grand et sincère intérêt que nous portons à sa conservation en lui demandant de rester musulman. »

On parle, parmi les diffuseurs de semi-vérités, d’islamisation de la France, des anciennes 17 Provinces des Pays-Bas comprenant à la Renaissance, la  ville aujourd’hui francisée et de coutume flamande, de Lille, aussi de l’Allemagne, que sais-je encore, et l’on pointe aussi du doigt le dernier maire de Londres, capitale d’un pays qui a une mafia pakistanaise bien implantée avec des chefs qui viennent généralement d’ailleurs et sont plus près de la City que du Pendjab ! Mais que ne parle-t-on, avec une plus grande vérité, d’une germanisation de l’islamité, qui serait son antithèse, et qu’entrevoyait Goethe et aussi l’ancien Empereur d’Allemagne ? Mettant en garde l’Empire ottoman contre les spéculateurs financiers, et donnant l’exemple de la sagesse de l’administration impériale autrichienne, le prince allemand poursuit, et nous conclurons avec lui : « Que le Gouvernement ottoman  suive une règle semblable, qu’il ait soin avant tout de conserver un caractère  national à ce qu’il jugera digne  d’être introduit dans le Gouvernement, et à ce qui pourra  être avantageux à la nation musulmane. Qu’il ne se trompe pas dans le choix des objets et qu’il appelle à son secours l’aide du temps, qui ne se laisse jamais hâter outre-mesure. »  Seul le temps qui mûrit l’ordre absorbera ce terrorisme artificiel, instrument de l’agitation internationale et antithèse de la nation musulmane.

Pierre Dortiguier

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