Le rapport Chilcot accable Tony Blair ! par Pierre Dortiguier

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Le rapport Chilcot accable Tony Blair !


De plus de six mille pages, ce rapport attendu depuis de nombreuses années sur une guerre qui fit 179 morts britanniques et a contribué au bouleversement social de l’Angleterre par l’importation ou la formation de fanatiques contribuant à séparer les communautés ethniques ou raciales — s’il est permis d’user de ce terme d’histoire naturelle très mal vu partout sauf dans l’entité sioniste — accable Tony Blair et le ministre Brown aussi. Le rapport précise que Blair est sorti de la légalité pour forcer une décision d’intervention, alors que les experts dénonçaient les affabulations de George Bush et le mensonge des armes de de destruction massive. Pareille initiative de mise en accusation d’un Premier Ministre a entraîné des regrets de sa part, et cette conduite doit pouvoir s’expliquer, comme nous le disons, ce jour, à la Press TV iranienne, par un véritable machiavélisme : le moyen est jugé exécrable, la faute avouée, mais la fin le justifie, en l’occurrence, la destruction durable d’un ordre irakien, le pays étant directement exposé à une fragmentation impulsée par l’Arabie saoudite et aidée par les Kurdes auxquels les Sionistes ont donné un État, qui n’est qu’un prolongement économique de l’État d’Israël et bientôt imité en Syrie.

Il est remarquable, et à l’honneur du caractère courageux britannique d’avoir mis en accusation pareille politique, car nous n’aurions point eu cette persévérance en France où la servilité est plus marquée, en sautant d’une révolution à l’autre ! Il convient aussi de mesurer les conséquences internes de cette dénonciation dans la dislocation prévisible du Royaume, dont en premier l’Écosse se délivrera. Le discrédit moral n’affecte pas une nation comme telle, mais la construction politique qui n’a subsisté que par l’impérialisme, tout comme les deux guerres mondiales ont été pour son maintien contre la concurrence de l’Allemagne.


Right or wrong it’s my country !


L’ampleur de la faute de Tony Blair trouve son pendant dans l’intervention de Churchill contre l’Empire Ottoman dont la dislocation conduira à la formation du mandat britannique de Palestine, protecteur de la colonisation sioniste avant que ses soldats soient, en fin de compte, atrocement mutilés par elle, pendus comme prisonniers etc. un fait, qui gouverne l’Angleterre, depuis que Disraeli fut choisi par la reine Victoria comme Premier Ministre ?

Lorsque Churchill qui engagea cette treizième croisade, suivant son expression, contre la Turquie, ordonna, comme Premier Lord de l’Amirauté dont dépendait l’usage de l’aviation, le bombardement des Irakiens en 1919-20 sous le commandement de Harris qui avait commandé les raids ciblés de population civile sur l’Allemagne.

L’Irak haïssait l’Angleterre, lui attribuant l’assassinat de son roi, lequel avait confié justement aux Allemands de monter une station de radio palestinienne, après le séjour à Bagdad de Baldur von Schirach alors responsable de la jeunesse allemande. Le coup d’État de Rachid Ali en 1941 à Bagdad fit appel à une aide limitée de l’aviation allemande dont des pilotes tombés sont inhumés près de la capitale ! La réaction de Tony Blair est celle d’une vengeance contre un peuple, avec cette formule connue right or wrong it’s my country, mais de quel pays s’agit-il ? Ce rapport débouchera-t-il sur un Israelexit, comme l’édit d’Edouard I, le 12 juillet 1290 ? Dieu seul connaît.

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