Le roi sans nom et sans visage, par Lotfi Hadjiat

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Il était une fois un petit garçon qui vivait dans un monde totalement corrompu. Où, pour le dire plus précisément, la corruption était la loi de ce monde. Les pires criminels de l’humanité dirigeaient ce monde et la plupart des chefs d’État en étaient les serviteurs dociles. Ces pires criminels de l’humanité, bien pires que les pires criminels de Daesh, avaient fait de l’homme un produit, un objet, une matière première, à l’instar de toutes les formes de vie d’ailleurs, et de toute la nature… ils avaient fait de la détresse humaine un commerce et de la mort un profit maximal. Ils faisaient les lois, enseignées à l’université… Ils divertissaient l’humanité en permanence pour lui faire oublier la plus profonde misère qui était la sienne, la misère effroyable d’être serviteur des pires criminels de l’humanité, d’être esclave des ennemis de l’humanité. Ils divertissaient les hommes par les promesses du fric, des diplômes, de la science moderne, par les informations, les produits culturels et la recherche sans limites des plaisirs sensuels… La vie était devenue intégralement un divertissement pour divertir de la mort, au point que les morts semblaient vivants, car les hommes étaient déjà morts. Et le petit garçon était triste car il savait que la vie, la vraie vie n’est pas un divertissement, et le bonheur non plus. Mais ce qui l’énervait le plus, c’est qu’il ne parvenait pas à identifier le roi tyrannique de ce monde, un roi sans nom et sans visage, le souverain mal. Alors, un jour qu’il était au milieu de l’aliénation la plus radicalement mortifère, il comprit quelque chose : s’il y a le souverain mal ici-bas, il y a donc aussi le Souverain Bien. Mais les adultes se moquaient de lui : « le Souverain Bien… le souverain mal… ce ne sont que fables pour enfants… travaille bien à l’école, tu gagneras beaucoup d’argent et tu seras heureux ». Mais le petit garçon n’était pas convaincu, surtout qu’il voyait des petits enfants disparaître chaque jour dans des temples occultes protégés par la police, il était inquiet de ne plus les voir revenir, tous ces enfants. Il avait soif de justice et désespérait de son impuissance. Alors, une nuit, un archange brilla dans la nuit et dit au petit garçon : « Ta prière a été entendue ». Le lendemain matin, une météorite gigantesque s’abattait sur Wall-Street, et une autre sur la City de Londres. Le petit garçon se réjouissait de l’effondrement de ce monde démoniaque. Au milieu du chaos et de la panique, il vit une fée qui lui montra un chemin enchanté. Un « philosophe » franco-israélien à la chemise blanche immaculée légèrement ouverte tenta soudain de suivre le petit garçon sur le chemin féerique. « Emmène-moi avec toi, je te prêterais des millions d’euros avec un taux d’intérêt raisonnable… et si tu es juif, je te les prêterais sans intérêts, tu es juif ? », lui lança le « philosophe ». Aussitôt, une énorme pierre tomba sur le « philosophe » qui fut écrasé comme un cafard. Le petit garçon se retourna et vit un bout de chemise blanche dépasser de la pierre… Puis, Samaël de Rotechie tenta lui aussi de pénétrer dans la voie féerique. « Emmène-moi avec toi, je te donne toute ma fortune, signe ici et paraphe les quatre-vingt seize pages de ce contrat », dit-il en courant derrière le petit garçon. Celui-ci se retourna et vit Samaël et ses quatre-vingt seize pages tournoyant dans un gouffre sans fond d’où s’échappait une fumée noire pestilentielle à faire rougir  l’Enfer. « Ne te retourne plus, tu n’as rien à craindre, personne ne peut plus rien contre toi », dit la fée au petit garçon. Arrivé au bout du chemin merveilleux, le petit garçon eut la joie de retrouver tous les enfants disparus. Puis, la fée fit disparaître le chemin, et ce monde de corruption extrême s’effondra complètement. Des lingots d’or se mêlèrent aux paillettes dans des rivières de sang, le soleil devint rouge vif, quelques gauchistes hurlèrent « c’est le grand soir ! » avant d’être engloutis par les flots, et TF1 cessa enfin d’émettre.

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