L’erreur de Spinoza, par Lotfi Hadjiat

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« Du seuil de sa prison charnelle, l’âme écoute venir le soir », disait Charles Guérin en 1896. Au moment où tout s’effondre dans un crépuscule chaotique indescriptible, l’économie, l’oligarchie, les grands médias, les grandes monnaies…, j’aimerais vous livrer ces quelques réflexions philosophiques. Ce système qui s’effondre repose exclusivement sur la chair et ses désirs, nous allons donc nous y attarder.

Il n’y a de vie que charnelle, voilà le principe exclusif sur lequel repose entièrement le système qui nous asservit, nous enferre, nous emprisonne. Et ce principe, nous l’approuvons tous majoritairement, notre emprisonnement est donc volontaire. La chair est une prison où l’homme est devenu fou, tellement fou qu’il ne veut pas en sortir, pire il s’attache à cette prison. Mais sa folie va plus loin encore quand il nomme cet attachement : « liberté » ! Sa folie abyssale lui a fait oublier qu’il est emprisonné. Cependant, la condition de l’homme est bien plus terrible car cet emprisonnement qu’est la vie charnelle n’est qu’un simulacre, qu’une illusion ! Mais une illusion qui nous fait réellement souffrir. En toute logique, la réalité de nos souffrances n’induit pas nécessairement la réalité de la cause de cette souffrance, cette cause pourrait très bien être illusoire, un mirage par exemple, ou une croyance naïve ; induire ladite nécessité malgré tout est une terrible erreur qui accroît nos souffrances. La cause de nos souffrances n’est pas dans l’être mais dans ce que l’on croit de l’être… seul Dieu connaît l’être, puisqu’Il est l’être ; toute souffrance s’éteint donc en Lui. Soyons clairs, toute souffrance est issue d’illusions, de simulacres, et toute illusion, tout simulacre entraînent des souffrances. La question est évidemment de savoir comment discerner l’être de son simulacre.

Soyons simples, si la vie charnelle, la vie périssable, la vie mortelle est illusion, alors la vie éternelle est l’être. Il n’y a donc de vie qu’éternelle, la vie charnelle étant une illusion de vie, un simulacre de la vie éternelle, vie non-charnelle, immatérielle. Savoir qu’il y a en nous de la vie éternelle, c’est ce savoir que nous avons oublié, ou plutôt que l’on nous a fait oublier, en nous persuadant que nous sommes définitivement périssables. La grande arnaque scientifique consiste à demander des preuves matérielles d’une vie immatérielle !!! C’est comme si on demandait des preuves visibles du son, qui est invisible puisqu’audible. Au fond, la grande arnaque scientifique nous persuade que si vie immatérielle il y a, elle ne peut être déterminée et conditionnée que par une vie matérielle (le numérique, le virtuel, par exemple, ont un support, une condition matérielle), sans nous démontrer pour autant cette induction !… L’arnaque scientifique pose arbitrairement que le matériel précède l’immatériel éventuel, mais la seule réalité de l’extraordinaire complexité de la première molécule d’ADN, apparue subitement, prouve l’antériorité de l’immatériel, de l’intelligence sur la matière, l’intelligence divine. Anaxagore avait déjà compris cela il y a plus de 2500 ans, avec son fameux noùs. Ainsi donc, la vie immatérielle précède et détermine la vie matérielle, comme l’être précède et détermine sa manifestation, ses simulacres et les illusions qui en découlent. Mais ceci ne nous dit toujours pas comment discerner l’être de l’illusion d’être.

L’être n’a besoin de faire aucun effort pour être, tandis que l’illusion a besoin de produire des efforts considérables pour se faire passer pour l’être (les médias déploient des efforts considérables pour faire passer des élections pour démocratiques, ou de la propagande pour de l’information, ou du spectacle pour la réalité). Spinoza se trompait donc lorsqu’il affirmait que chaque étant fait l’effort de persévérer dans son être, car on fait plutôt l’effort de simuler l’être, de persévérer dans un simulacre d’être, l’ego par exemple, ou bien on fait l’effort de sortir du simulacre pour revenir à l’être. Tant qu’il y a effort, il y a donc encore simulacre, illusion… L’être se manifeste sans effort, tout comme Dieu crée sans effort. L’être est donc le plus grand dissident, que le système cherche à exclure à toutes forces, en nous persuadant que l’être n’est pas éternel !… que l’être est relatif !… que l’être est périssable !…

Lotfi Hadjiat

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