Les notes surprenantes retrouvées dans le coffre de Squarcini

Partager

Bernard Squarcini, le 18 février 2014 à Paris.


On comprend très vite à la lecture de cet article que le journalisme est très lié aux services secrets du pays ce qui le fragilise grandement puisque les manipulations sont plus faciles à réaliser. Sans oublier le plus grave dans cette affaire : que l’ex patron de la DCRI, B. Squarcini, garde des dossiers d’état dans un coffre privé et à la disposition de Sarkö ou je ne sais quel autre politique ou client prêt à payer le prix, on imagine (Squarcini étant aujourd’hui dans le privé)…

Ceci n’est rien d’autre qu’un comportement de voyou qui n’a pas sa place dans un état de droit, une société civilisée. À partir du moment où les élites, les chefs du renseignement, les présidents… se mettent à magouiller de la sorte, on peut imaginer, sans trop de risques de se tromper, que la fin est proche !


Dans les cartons retrouvés dans le coffre-fort loué par le « squale », les enquêteurs ont mis la main sur quelques pépites récoltées au temps de sa vie d’avant.  

Les notes blanches. Des dossiers sur des ennemis de la France, mais surtout sur des opposants politiques à Nicolas Sarkozy. Dans les cartons retrouvés dans le coffre-fort de la BNP loué par le « squale », les enquêteurs ont mis la main en avril dernier sur quelques pépites récoltées au temps de sa vie d’avant.

L’ex-patron de la DCRI (le renseignement intérieur, devenu la DGSI), aujourd’hui mis en examen pour une myriade d’infractions dont compromission du secret défense ou trafic d’influence, a par exemple emporté lors de son départ de Levallois une note blanche évoquant Arnaud Montebourg. Celui-ci aurait connaissance d’une liste de comptes en Suisse détenus par des personnalités et chercherait à s’en servir… « Cher Bernard, avez-vous quelque chose à ce propos ? », lui écrit Claude Guéant, en mars 2011, sur une carte de visite agrafée sur la note. On ne connaît pas la réponse du « squale ».

Takieddine, Cahuzac…

Pêle-mêle, les enquêteurs ont exhumé un dossier sur un juge d’instruction parisien. Et le CV de l’ancien chauffeur de Ziad Takieddine. A quel titre a-t-il bien pu intéresser le « squale » ? L’intermédiaire, sulfureux, est alors en train de balancer sur le financement de la campagne de Balladur en 1995, dont Sarkozy était le porte-parole.

Une note sur l’affaire Cahuzac datée d’avril 2013 évoque, elle, la piste d’un « financement de campagne de PS et/ou DSK ». La note avance également le fait que François Hollande aurait été informé de l’existence de ce compte avant l’aveu de l’ex-ministre des Finances. Enfin, cette synthèse évoque des investigations de la DGSE (les services secrets extérieurs) sur huit « personnalités de haut rang détenant des comptes en Suisse, et plus spécifiquement à la banque Reyl ».

Les enquêteurs ont également retrouvé des notes bien difficiles à interpréter. Ainsi, en 2003, le Premier ministre écrit à Nicolas Sarkozy (alors en poste place Beauveau) pour déplorer l’usage excessif et illégal d’écoutes par les services dépendant du ministère de l’Intérieur. Une autre note, écrite cette fois par le président de la commission de contrôle des interceptions de sécurité, rappelle aux opérateurs de téléphonie que les demandes d’interception, sans aval du Premier ministre, sont irrecevables.

« Echos de journalistes »

D’où viennent les informations notées sur ce « blanc » ? Interrogé à ce sujet, Bernard Squarcini s’est montré évasif. Des échos entendus ici ou là, des rumeurs qui circulaient parmi les journalistes…. Rien de concret. Rien de consolidé.

« Ce blanc est fait à partir d’échos de journalistes qui fréquentent le restaurant l’Avenue. »

Des documents relatifs à la sécurisation de l’appartement de Ségolène Royal, après un cambriolage en juillet 2008, sont également retrouvés, comme l’avait révélé « l’Obs » début octobre. Après avoir été cambriolée pour la troisième fois en très peu de temps, cette dernière avait demandé l’intervention des services de renseignement. Squarcini a gardé le détail de la procédure au chaud dans son coffre.

Quand Bernard Squarcini s’intéressait à Ségolène Royal

« J’ai découvert le contenu de mes cartons dans le détail lors de la perquisition », s’est défendu Bernard Squarcini lors de sa garde à vue fin septembre dernier, expliquant avoir été contraint de quitter son bureau en moins de quinze jours, le délai habituellement accordé à ses prédécesseurs. L’homme a ajouté que les documents retrouvés dans ses affaires n’avaient jamais fuité.

Pourquoi le « squale » a-t-il conservé ces documents ? Cette présence peut « être interprétée comme le révélateur de pratiques irrégulières d’interception… », notent les enquêteurs chargés du dossier.

Violette Lazard et Caroline Michel — L’Obs

VN:F [1.9.22_1171]
Note : 0.0/5 (0 votes)