L’éthique sexuelle, une discipline négligée, par Pierre Dortiguier

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L’éthique sexuelle, une discipline négligée


Elle fut, cette Éthique en question, qui donna lieu à plusieurs livres en Allemagne du début du XXe siècle et à des plaisanteries en France, une source de litige, entre un inspecteur des thèses, peut-on dire, hybride, à savoir mi-catholique et mi-psychanalyste, et l’auteur de ces lignes, puisque mon auteur autrichien — dont le fils universitaire d’Heidelberg, sera une notabilité musulmane ayant écrit sur l’Inde et l’Afrique orientale en ethnologue — avait consacré sa vie trentenaire de professeur à l’université allemande de Prague — comme elle se nommait (car Prague fut au début des Temps Modernes la plus importante université allemande, le pendant de la Sorbonne !), à la fin du XIXe siècle jusqu’au lendemain du premier conflit mondial, à dénoncer la dégénérescence morale et son parallèle, l’orgueil positiviste. Ce Christian Ehrenfels (1859-1932), d’une famille de propriétaires terriens, éleveurs et d’apiculteurs anoblis sous le règne de Marie-Thérèse à la fin du XVIIIe siècle, pillés et ruinés par l’occupation napoléonienne, soutenait que le monde un jour raffermi sur des bases saines « tolérerait » la polygynie ou mariage régulier avec plusieurs femmes, et défendit cette proposition dans ses œuvres dramatiques, qui sont la moitié de sa production. C’était une époque ou le juste se mêlait à l’injuste, mais  où l’on travaillait, et c’est pourquoi elle est effacée de la mémoire des hommes, cette amnésie étant qualifiée de progrès, de changement des mœurs, de nécessité d’évoluer. Cette même démocratie que l’on a, du reste, bâtie, à la manière maçonnique, la main sur le cœur et l’autre sur le portefeuille, a ses résultats, ceux des fruits dont parle Issa (béni soit-il), pour dire la qualité de l’arbre, sont, en pleine paix républicaine — terme substitué à la France et à l’Europe même ! — comme celui-ci, cueilli hier sur l’arbre de la démocratie française : un gendarme endetté se suicidant avec son arme et entraînant, sa femme réclamant le divorce, leurs deux enfants de 11 et 15 ans dans sa mort ! Mais voyons les choses non pas en orateur ou en avocat défendant celui qui le nourrit, mais dans le style de cet autre dont l’art est le plus proche de l’idéal virilement philosophique, le médecin vrai — non pas le pensionné de Big Pharma  qui lui paye ses vacances en fonction de la quantité de drogues de laboratoire qu’il propose à ses clients !

La réforme sexuelle proposée par l’Autrichien, de mère protestante et de père catholique, selon une mixité religieuse fréquente dans tout l’Empire germanique, au sens large, se proposait d’éradiquer des maux dont souffre la société et que reflète le théâtre boulevardier ou notre entreprise extraordinaire de pourrissement par l’image, j’ose le dire dogmatiquement, qu’est le cinéma, par lequel, comme sur tout écran, le mouvement et la succession rapide — ce que signifie le grec kinésis — étouffe la réflexion, car elles absorbent la capacité de perception distincte et de réflexion, à la différence du théâtre. Ces maux sont si fréquents qu’il sont confondus avec la nature humaine, au point qu’observant certain commentaire sur deux saints personnages légendaires du Christianisme oriental, saint Serge et saint Bacchus, nom illustre qui fut même assimilé à la plus haute divinité, dans lesquels l’on veut, dans notre modernité, suggérer, sinon une apologie, du moins une justification, voire une excuse, une permissivité, disent les barbares révolutionnaires, les Daechistes de la plume, de l’homosexualité, c’est-à-dire d’une sexualité sans finalité de procréation ; simplement pour le plaisir ou tuer le temps, comme on joue aux cartes par incapacité, disait Schopenhauer, d’échanger des idées, l’on tirerait la conséquence que la célébration simultanée des saints et également fictifs, du reste, Come et Damien – suite ou traduction ecclésiastique de celle des Gémeaux ou jumeaux de la mythologie ayant donné leur nom à la Constellation de ce nom,  Castor et Pollux (l’un mortel, l’autre immortel), ont une pareille signification d’égoïsme érotique : tout cela est bas de plafond, selon une formule polémique de l’auteur allemand si profond, Oswald Spengler, dans son  excellent Déclin de l’Occident (1918-22).


Toute éthique est, comme la géométrie, à parler le grec de Platon, une mesure, et ce qui la nie donne occasion à une tragédie,…


Pour juger de la qualité d’un acte, d’un comportement et des concepts qui s’y rapportent, il faut voir la direction, la finalité, ce pour quoi il se produit et se répète. C’est ainsi que mon auteur austro-allemand dénonçait l’expression de « couple », de « vie de couple » dont l’expérience démontre qu’elle se défait, et selon une statistique d’un ouvrage cité par Salim, d’un sociologue, déjà ancien, chez les homosexuels, se détruit comme une scission atomique explosive.

Schopenhauer déjà cité voyait dans cette tendance sexuelle aujourd’hui normalisée, j’entends, protégée académiquement, puisqu’elle est présentée comme une variété naturelle à nos jeunes têtes tricolores, une réplique de la nature à la surpopulation, comme une sorte de suicide imposé par une Volonté aveugle à une humanité prolifique, ayant dépassé les limites, versant dans la démesure. Et si l’on se récrit, en avocat de l’humanité, ou des libertés, ou des droits, contre cette idée de limite, en évoquant même cette licence donnée de se multiplier à volonté, bornée par cette invitation aux massacres dont est remplie la religion réelle de notre monde, qu’est l’Ancien Testament, pratiquée par le surarmement global, il faut bien admettre que la philosophie d’un Platon et d’un Aristote, base de la civilisation commune chrétienne et musulmane qui l’a cultivée, repose sur ce sens de la limite et de la finalité. Quelle est la limite de la sexualité et sa finalité ? L’on se bat aujourd’hui sur Internet pour nous dévoiler que la terre est plate, et que les Grecs se seraient trompés, comme Aristote qui aurait démontré l’inverse par la mesure comparative des rayons du soleil tombant dans des puits en Egypte, et qu’il n’y aurait point de pole sud et donc que Platon et son disciple se sont trompés en nous croyant sur une sphère ! Soit, on nous dira que, loin d’être tous des trompeurs qui nous font croire, selon la critique que leur fait Nietzsche et est le fond de l’impiété contemporaine, en des « arrière-mondes » les Grecs goûtaient aussi l’amour exclusivement masculin ou féminin, comme en témoignerait la poésie prétendue antique de Sapho, et l’on se moquera de Platon qui dénonce ces mœurs comme coupables de la ruine de Sparte, et les qualifiant dans un livre de ses Lois, je cite et traduis littéralement, de « contre nature » ( » para physin », mot à mot étranger, à côté de la nature, – comme paratonnerre ce qui échappe au tonnerre, nous en protège donc, en éloigne, physis étant l’équivalent en grec de notre mot de croissance), étrangère à la nature animale et raisonnable, contre les poètes et les avocats, les politiciens, les semi-habiles qui en font les mœurs de la Cité divine dans l’antiquité !

De fait, la nature a atteint une limite et ceci devrait être un signe que la coupe déborde, sans cela elle, cette physis, ne serait pas une perfection, une création divine ! Le reste est néant.

Toute éthique est, comme la géométrie, à parler le grec de Platon, une mesure, et ce qui la nie donne occasion à une tragédie, à cet aveuglement d’Œdipe dont l’empoisonneur des peuples, Freud a fait un symbole de l’humanité.

Pour le dire brièvement, le plaisir, selon la définition d’Aristote, qui accompagne ou couronne l’acte n’est pas la finalité de celui-ci, et ceux qui récusent cette attitude saine caricaturent et blessent la nature qui se venge par la façon que nous commençons seulement d’apercevoir et que Platon entend par les catastrophes périodiques, qui sont comme une médecine, le geste d’un artiste effaçant son dessin !

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