L’offensive turque, après le coup d’état, par Pierre Dortiguier

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L’offensive turque, après le coup d’Etat


En deux mots, le double coup de force d’Erdogan contre son opposition et contre l’Etat syrien dont il méprise la légitimité, sont un pion avancé sur l’échiquier du Proche-Orient pour – selon le mot toujours valable de George Bush junior – le redécouper et remodeler. Et il ne s’agit pas, sauf à ne voir que la forme, d’une proposition limitée aux néo-conservateurs, mais bien d’un plan général, ou de ce mot que personne de haut placé n’aime à entendre parce qu’il en est l’exécutant, d’une conjuration internationale. Pareil découpage d’une entité prospère, comme l’était la Syrie, fut le cas de l’Empire dit Ottoman ou turc, et nous avons eu plusieurs fois l’occasion de l’écrire : Churchill, en se lançant en guerre, en 1914, après une provocation délibérée de ne pas livrer ou honorer une commande des croiseur et d’autres bâtiments de la marine payés par les Turcs, après une collecte dans tout le monde musulman, pour se garder de l’expansion russe, désigna son plan, une treizième croisade. On peut habiller le mannequin comme on veut, mais la partition s’opère, et a deux objectifs : le premier est de briser toute puissance économique et militaire faisant obstacle à la stratégie sioniste, comme l’ont été les deux États baassistes, et le second est de former des entités trop faibles pour subsister par elles-mêmes en en faisant des clients obligés, selon le principe connu qu’un pays est colonisé, sous diverses formes, parce qu’il est colonisable. On pourrait y ajouter une considération supplémentaire : l’élimination de toute culture patriotique pour inculquer à la nouvelle génération un idéal, au milieu des crimes et les recouvrant, internationaliste comparable à ce qu’aura été le marxisme révolutionnaire, aujourd’hui le daeschisme ou la crypto maçonnique fraternité musulmane (née dans le berceau de la maçonnerie britannique, mère de toutes les autres !).

Ce serait une grave illusion que de croire ce projet utopique, car l’inculture générale en Europe, dans certains milieux que l’on dit « défavorisés » ou intentionnellement laissés dans l’ignorance de toute la vraie structure du monde et de la logique, abandonnés à  des illusions  médiatiquement formées, et à un instinct primaire de s’élever par l’argent sans autre effort intellectuel qui leur devient impossible, et partout  où l’instruction et donc l’habileté technique s’appauvrit, fournit le gros des bataillons révolutionnaires qu’une propagande habile forme la guerre civile. L’Europe a connu pareils mouvements et les dimensions actuelles sont agrandies par la démographie et les communications plus rapides des instructions des sociétés subversives occultes.


Nous sommes entrés dans la phase des centenaires militaires, et gageons que nos comploteurs ont su nous réserver un feu d’artifice pour commémorer leur 1918 ! 


Le désordre actuel de l’Orient était impensable il y a une quinzaine d’années, tout comme le chaos libyen ou somalien, et ceux qui imaginaient l’entité sioniste comme un bastion étranger, anachronique dans une dite Nation arabe en devenir, se leurraient. Le complot était ancien, la formation du Jewish State une étape et non une fin, encore moins un accident comme on veut le faire accroire, en l’habillant en sursaut ultime du « peuple juif » devant son sort toujours constant, ce que voulait être le sionisme au départ laïque, révolutionnaire et toujours demeuré teinté du soviétisme de ses fondateurs. La France et l’Angleterre suivent la même ligne depuis la Première Guerre mondiale, faire obstacle à toute organisation indépendante en Orient. La volonté d’intervention en Syrie de Hollande a été précédée de celle de Sarkozy et de Juppé, et jamais la France n’a admis l’indépendance syrienne comme l’Angleterre celle de l’Irak, et il leur aura fallu un bon siècle – en ce centenaire des accords Sykes-Picot – pour y parvenir.

Telles sont les étapes, telle est la finalité qui autorise tous les massacres qui ne cesseront jamais, tant que les puissances étrangères seront libres d’agir en Orient. Elles ont gagné un premier grand conflit et ce sont toujours les victorieux qui gardent l’initiative, jusqu’à créer des leurres d’islamisme comme ils ont su monter la farce sanglante de la révolte arabe de 1915.

Nous sommes entrés dans la phase des centenaires militaires, et gageons que nos comploteurs ont su nous réserver un feu d’artifice pour commémorer leur 1918 ! Ce sera la boucle du serpent qui enserre le monde !

Comme le mot de complot revient plusieurs fois dans ces lignes, notons qu’un complotiste, terme aussi horrifique que révisionniste, est comme un chimiste étudiant la chimie, et que tant le printemps arabe que la révolution française ont connu des comploteurs, les jeunes-turcs aussi, et ils ne réussissent que par le mensonge. Les bons  historiens qui ont éclairé ces événements sont des complotistes, les mauvais, des suivistes ou des carriéristes !

Pierre Dortiguier

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