Pourquoi faut-il s’abstenir ? par Pierre Dortiguier

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Pourquoi faut-il s’abstenir ?


L’on dit que la votation est un devoir civique, sauf que le bon citoyen n’est pas celui qui choisit un parti mais juge de leur qualité, et sait donc s’abstenir. Et le seul devoir ou obligation est de distinguer le vrai du faux, et la démocratie qui nous est vantée repose sur une illusion : celle de croire que le peuple choisit ses représentants, alors que ceux-ci lui sont imposés par des coteries.

En droit, une multitude ne peut, comme il est dit dans l’Évangile, qu’être guidée par un berger qui connaît son but. Or nos candidats ignorent tous, le Lorrain compris, un fait français que le monde n’ignore pas : notre dette qu’il est de bon ton de mépriser, comme s’y entendent les Grecs du jour ! Voulons-nous devenir ces Grecs et vivre de mendicité et de criailleries ?

Cette dette française est estimée à plus de deux mille milliards d’euros ; sous Hollande elle a crû de 280, et récemment de 50. Sans cet endettement, point de traitement des fonctionnaires, d’aides sociales aux nécessiteux et aux oiseaux migrateurs fuyant leur continent.

N’est-il pas, du reste, étonnant que la fin de la seconde guerre mondiale qui annonçait la fin du Mal absolu et de l’indépendance palestinienne, ait vu se déployer autant de conflits ? Le monde est-il plus juste qu’en 1939 ou qu’en 1914 ?

Donnez-moi un candidat qui explique comment sortir de ce fourneau enflammé ? Quelque couleur qu’il ait, droite, gauche ou vide, comme Jacques Attali le dit de Macron, il évite le sujet : comment aussi gérer la migration des peuples ? Voilà une question visible. Toute petite ville a son quartier difficile, selon l’euphémisme en usage. Telle cité du Massif Central, berceau de notre mathématicien et mystique Pascal, entend des coups de feu entre minorités, dont l’une est caucasienne ! Rien de cela ne filtre dans les programmes des candidats républicains.


« Tout va très bien, Madame la Marquise » chantonnait-on entre les deux guerres.


Comment relever une instruction scientifique – je passe la littéraire – qui classe le pays au plus bas de l’échelle ? Entendez vous un candidat sur ce point ? Le seul qui a été clair, au milieu de ses scandales qu’il partage démocratiquement avec les autres républicains rouges ou roses, dans tous les sens du terme, est Fillon qui aurait freiné l’emballement des idéologues : on en vient à se demander si son suicide moral n’est pas une façon de conserver la tyrannie jacobine des collèges aux universités !

Bien sûr, il y a des têtes de Turcs : les Musulmans et, selon un bon mot de Benoist-Méchin, dans l’après-guerre, ceux-ci remplaceront les Allemands dans la xénophobie patriotique ! Les autres minorités sont respectées, même craintes, et le bon peuple se gorge de mots et trouve des causes à la faiblesse de la France, en dehors de celle-ci, non pas en lui-même ! « Connais-toi toi-même » devrait être le motif des candidats. Mais la démocratie est l’université des sophistes, non des philosophes à qui un tribunal démocratique d’Athènes offrit la ciguë !

Quoi ! vous voulez une conservation des principes de vie sociale, protéger l’enseignement chrétien qui accueille de plus en plus de Musulmans écœurés par la laïcité impie des « Sans Dieu » – sorte de bolchevisme à la française – et vous donnez votre bulletin à un François Fillon qui servit Sarkozy ? Vous avez une idée du socialisme et vous mettrez au pouvoir un homme pour qui la Guyane est une île et qui manque de cervelle, n’ayant qu’un dieu à proposer, celui de l’argent facile pour les habiles ? Je ne parle point de « l’homme de Pasqua » qui agite une jeunesse en profitant de son ignorance de l’échec du prétendu « gaullisme », grand par le rêve et que détruit, comme un château de sable sur la plage, un Cohn Bendit appuyé par tous les ex-résistants !

Que faire alors ? S’abriter de l’orage, rentrer son troupeau dans la bergerie, comme dans ces délicieux tableaux du Grand Siècle, celui d’un Louis XIV qui laissa, tout comme les jacobins le feront, la France exsangue, ruinée financièrement et moralement, et qui ne se releva que par l’heureuse Régence qui enrichit le pays et libéra l’artisanat de la pression fiscale.

Soyons modestes, arrêtons d’urner et comme les philosophes, les socratiques, les sages, Platon, Aristote, Avicenne, le Prophète (la Paix soit sur lui et sur ses descendants), écartons le tribalisme démocratique.

L‘abstention plaît à Dieu et énerve les diables !

Pierre Dortiguier

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