Pourquoi Ouigo, les nouveaux trains « low-cost » de la SNCF, est une arnaque ?

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Les trains low-cost de la SNCF sont une véritable arnaque, il suffit de voir les tarifs pour le comprendre d’autant que tout est facturé dorénavant, un petit peu comme les compagnies d’aviation low-cost. La moindre valise non déclarée est facturée 20 € ! Vous êtes d’ailleurs limités à une seule valise cabine, modèle moyen. Les sièges sont serrés et le service est quasi absent. Comme l’ont déclaré les syndicalistes de la SNCF, la situation se dégrade alors que les tarifs augmentent contrairement aux déclarations des dirigeants. Vous pouvez le constater vous-mêmes, il vous suffit de prendre le train. D’ailleurs une question légitime se pose : comment est-il possible de diminuer à ce point les prestations tout en augmentant régulièrement les tarifs et en détruisant le statut des cheminots pour diminuer la masse salariale ? En réalité c’est très simple, c’est pour augmenter les profits des entreprises privées qui arrivent sur le marché. Le TGV sera très bientôt un luxe en France, que peu de gens pourront se permettre.


Pour le grand départ en vacances et après plus de trois mois de conflit sur la réforme ferroviaire, la direction de la SNCF lance un nouveau produit, Ouigo, qui est censé offrir aux usagers des trains « low-cost ».

Quelle est la vérité au sujet de cette nouvelle offre proposée par la SNCF ?

Malgré toute la communication faite par la SNCF, qui présente Ouigo comme une nouvelle possibilité de voyage pour les usagers, il faut savoir qu’il s’agit en fait d’un moyen détourné d’aller chercher encore et toujours plus de rentabilité. Les cadres dirigeants de l’entreprise nous répètent en permanence qu’il ne s’agit pas d’une filiale SNCF, mais pourtant, force est de constater qu’elle fonctionne de fait comme une nouvelle compagnie ferroviaire à part entière.

Premièrement, il faut bien être conscient que les horaires des trains Ouigo ne sont pas des ajouts de trains, pour donner plus de choix aux usagers. Il s’agit systématiquement d’une suppression de TGV normal pour mettre du soi-disant low-cost à la place.

Alors du low-cost, pourquoi pas, si c’est pour payer beaucoup moins cher et permettre à plus de monde de pouvoir à nouveau prendre le train. Toutefois, en comparant les prix, on s’est rendu compte que certains trajets étaient plus chers en Ouigo qu’en TGV. C’est ainsi que la notion « à partir de € » prend tout son sens. Et cela, pour un service low-cost ! Donc le calcul a l’air simple et la dégradation des conditions de voyage bel et bien à l’ordre du jour. On peut imaginer ce que l’entreprise va pouvoir gagner avec ce nouveau système, d’autant plus qu’une première augmentation des prix est d’ores et déjà prévue par la loi.

Les cadres de l’entreprise nous avancent l’argument que ça coûte moins cher à faire circuler : l’offre est exclusivement internet, cela va donc supprimer encore et toujours plus de personnels dans les gares car le déploiement va monter en puissance pour représenter 25% du marché de la grande vitesse à l’horizon 2020.
Sièges collés les uns aux autres, valise payante, pas de flexibilité, pas de boisson ou nourriture à bord, prise de courant payante, pas de wifi et obligation d’être présent en gare 30 minutes en avance, tels sont les quelques exemples du nouveau mode de transport que notre gouvernement, main dans la main avec la direction de la SNCF, veut développer dans un futur plus que proche.

Aussi, il faut retenir que le tarif est toujours sans réduction. Toutes les réductions sociales imposées à la SNCF ne sont pas appliquées sur Ouigo : militaires, famille nombreuse, billet congés annuel (pour les salariés et chômeurs, une fois par an). Et les cartes de réductions ou les abonnements SNCF ne sont pas accepté non plus : cartes jeunes, séniors, WE, enfant +, tarif fréquence, abonnés forfait annuel, etc.

Puis, l’amplitude d’utilisation des rames est de 12 heures par jour contre 8h pour un TGV normal, ce qui pourrait engendrer des problèmes de maintenance. Enfin, il faut savoir qu’en cas de retard, le replacement sur un TGV normal n’est pas systématique et il peut être demandé à l’usager de racheter un autre billet pour finir son trajet.

Pour ce qui est des cheminots qui nous sommes battus bec et ongles pendant ces trois derniers mois contre la casse du service public, nous sommes tout à fait POUR un train à grande vitesse accessible à tous, mais ça ne doit en aucun cas empiéter sur le service aux usagers, leur confort et leur sécurité. Donc on continuera à se battre ensemble pour cela ! La lutte pour un service public de qualité doit être le combat de tous. Comme nous avons répété souvent pendant notre mouvement contre le pacte ferroviaire : usagers avec nous, on se bat aussi pour vous !


Damien, cheminot gréviste

Révolution permanente

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