Présidentielle : Marine Le Pen cogne dur sur l’immigration

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Zénith (Paris XIXe), lundi. Le discours fleuve de la patronne du FN a été salué par les militants et les cadres du parti, qui arboraient des affiches « 50 % », le score souhaité dimanche. LP/ JEAN NICHOLAS GUILLO.


On s’y attendait, la candidate de la « France apaisée » n’a pas pu se retenir, elle axe maintenant la dernière ligne droite de sa campagne présidentielle à cogner à bras raccourcis sur l’immigration qui serait, bien sûr, la cause d’absolument tous les maux qui touchent la France. Surtout après la supposée tentative d’attentat contre les candidats à la présidentielle, Il ne manquait plus que le lâcher de chiens…


Pour son avant-dernier meeting, lundi, la candidate FN a remis au goût du jour des slogans de son père.

Remisée au placard la «France apaisée», son premier slogan… A six jours du premier tour, Marine Le Pen durcit le ton, comme jamais depuis le début de sa campagne. Ambiance électrique lundi au Zénith de Paris (XIXe). Peu avant l’entrée en scène de la candidate FN, des échauffourées ont opposé les forces de l’ordre et 200 manifestants antifascistes dans le parc de la Villette. Jets de pavés, de bouteilles en verre… Aux alentours de 19 heures, le député Gilbert Collard a été bousculé en arrivant.

Dans la salle, des rangées de sièges vides mais tout de même plus de 5 000 partisans frontistes. Et là aussi des incidents. Une femme monte sur scène. Elle n’a pas le temps d’approcher la cheffe frontiste, éjectée par le service d’ordre du FN. Plus tard, une Femen, torse nu, surgit au milieu de la foule. Elle est sortie en quelques secondes…

Quant au fond du discours de la candidate, Jean-Marie Le Pen — qui a annoncé lundi qu’il voterait pour sa fille — ne l’aurait sans doute pas renié. Ses équipes de campagne avaient annoncé du «gros rouge qui tache» pour cet avant-dernier meeting. La candidate a tenu parole.

Exit l’euro, place à l’immigration  

Pas un mot sur les sujets qui fâchent ou qui clivent, le projet de « sortie de l’euro » — qui ne fait pas consensus au sein du FN — n’a même jamais été évoqué. À la place, Marine Le Pen s’est livrée à une charge en règle contre l’immigration, dans un discours fleuve aux forts accents identitaires et sécuritaires. Histoire de redonner un second souffle à sa campagne alors que son avance dans les sondages s’effrite. «L’immigration n’est pas une chance pour la France, c’est un drame pour la France», martèle-t-elle. Avant d’asséner : « Derrière l’immigration massive, il y a le terrorisme, derrière l’immigration massive, il y a l’islamisme.» Et de proposer, pour la première fois, un moratoire sur l’immigration. Tout en défendant sa vision très personnelle du pays : «En France on boit du vin si on en a envie. On entend sonner la cloche au lointain.» De quoi arracher les traditionnels «On est chez nous» des sympathisants frontistes. Mais aussi, et c’est plus surprenant, une salve de «la France aux Français», un des slogans de Jean-Marie Le Pen qui n’avait plus droit de cité depuis longtemps dans les meetings de sa fille…

Les adversaires Fillon et Macron ne sont pas oubliés au passage. Et Marine Le Pen ne s’en cache pas. Son objectif reste celui d’arriver en tête dimanche.

Gilbert Collard chahuté

Des insultes, des jets d’objets et même un cocktail Molotov… L’arrivée de Gilbert Collard au meeting de Marine Le Pen a été pour le moins mouvementée lundi. Le député du Gard a été déposé en voiture avec sa femme devant la Grande Halle de la Villette (Paris XIXe), juste devant une petite centaine de manifestants opposés à la venue de la candidate FN. «Je n’aime pas passer par les entrées pour les VIP», explique l’avocat.

Son apparition n’est pas passée inaperçue. Très rapidement, il a été pris a parti avec son épouse et sérieusement secoué : «J’ai reçu une bouteille de bière dans le dos et heureusement, un policier a réussi à écarter une sorte de bombe inflammable qui m’était destinée», raconte-t-il.

Les très nombreux CRS sur place se sont portés à son secours et il a été exfiltré sous les insultes : «Ils criaient fascistes, je leur rétorquais nazis ! Les fascistes ce sont eux, ils sont contre la liberté d’expression», assène Gilbert Collard. Quelques échauffourées ont émaillé lundi le meeting de Marine Le Pen. Un très impressionnant service d’ordre avait été installé aux […]

Valérie Hacot – Le Parisien.

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