Prix Nobel Alternatif 2018 : le triomphe de Yacouba Sawadogo, paysan du Burkina

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Cet extraordinaire paysan burkinabé est bien plus intelligent que toutes les armées d’ingénieurs agronomes formées dans les pays occidentaux. Formés dans des universités et des instituts scientifiques ultramodernes et dont le résultat des travaux est un empoisonnement général aux pesticides et aux engrais chimiques causant cancers et morts par milliers. Ces mêmes instituts qui excluent de leurs rangs toutes les voix discordantes comme celles de Claude et Lydia Bourguignon, auteurs, au terme d’un travail exceptionnel, du livre Le sol, la terre et les champs.

D’ailleurs les techniques modernes ne peuvent pas fonctionner avec le système de ce génial paysan car en utilisant tous leurs produits chimiques, toutes les termites disparaîtraient et ne permettraient pas la réussite de ce modèle. Il est question de simples observations, de logique et de raison. Malheureusement, l’arrogance des tenants de la technologie moderne et du scientisme actuel ne veulent pas entendre raison et croient que la solution viendra toujours de plus de technologie et de plus de produits chimiques.

Cette histoire nous apprend également une leçon intéressante et troublante : la terre nourrit l’homme gratuitement et généreusement, avec le moins d’effort possible. Il suffit de l’observer, d’essayer de comprendre comment elle fonctionne et de l’imiter pour pouvoir nourrir tout le monde. Le fait d’ajouter des produits chimiques coûteux et d’utiliser des machines compliquées, ne fera qu’aggraver l’endettement tout en détruisant votre moyen de subsistance.


Il fait la fierté de tout un peuple.

Le paysan burkinabè Yacouba Sawadogo n’a pas fait d’études scientifiques. Mais sa réputation a largement dépassé les frontières de son pays pour avoir converti en forêts des terres infertiles de son Burkina natal, permettant de régénérer les sols. Il fait partie des personnalités récompensées le 24 septembre par Le Right Livelihood, prix Nobel alternatif 2018.

Les hommages affluent de toutes parts à commencer par le Burkina Faso, son pays natal. Les burkinabè ne tarissent pas d’éloges à l’endroit  de leur compatriote de 80 ans qu’ils ont surnommé affectueusement « l’homme qui a arrêté le désert ».

Yacouba Sawadogo ou le triomphe du « Zaï », titre Burkina 24. Le journal burkinabè rappelle que la technique de cet homme, raillé au départ par les membres de son village dans le Yatenga, a montré qu’il avait raison.

« Il a réussi à établir une forêt d’environ 40 hectares sur des terres jusqu’alors infertiles. Plus de 60 espèces d’arbres et d’arbustes différents y cohabitent », écrit le journal qui s’associe à la joie exprimée par l’octogénaire.

« La légitimation apportée par ce prix, j’en suis confiant, devrait inspirer d’autres personnes et les encourager à agir tant que possible pour la régénération de leur terre. Et ce au profit de la nature, des communautés locales et des générations futures », a réagi Yacouba Sawadogo en remerciant ceux qui l’ont honoré.

« Tout le monde riait de moi. Moi je me suis tu »

Il y a près de 40 ans, cet homme illettré avait été traité de fou quand il s’était mis à labourer la terre en pleine saison sèche.

« Ils ont dit que j’allais à l’encontre de la tradition. Ça m’a fait mal de l’entendre. Le chef de ma propre famille m’a désapprouvé. Tout le monde riait de moi. Moi je me suis tu », se souvient-t-il dans un reportage que lui a consacré la chaîne de télévision française France 5.

Selon le journal burkinabè Sydwaya, ce système lui est venu en tête quand il a constaté que les pratiques culturales traditionnelles ne nourrissaient plus son homme, exposé chaque année à la famine. Il avait constaté que son rendement avait triplé.

Une prouesse écologique qui fait école dans le Sahel désertique

La technique est simple : des trous remplis de fumier creusés en saison sèche avec de petites digues pour retenir l’eau des pluies le moment venu. Des grains de mils et des graines de plantes qui finiront par devenir une forêt de plusieurs dizaines d’hectares dans le Sahel Burkinabè. Mais le secret de cette méthode, ce sont les termites, explique Yacouba Sawadogo sur le site Les Observateurs de France24.

« Elles nous aident beaucoup dans la restauration du couvert végétal. Elles creusent des canalisations qui absorbent l’eau de pluie et au lieu de ruisseler, l’eau stagne. Les termites viennent aussi à la surface du sol pour chercher des feuilles à manger et tout au long de leurs trajets, elles creusent des petites tranchées permettant au sol d’imbiber davantage d’eau. »

Une prouesse écologique qui fait la fierté de Yacouba Sawadogo. Sa technique est devenue incontournable dans la région désertique du Sahel.

« La nourriture est indispensable. S’il y a assez à manger et si l’approvisionnement alimentaire est assuré, alors nous nous développons. Nous devons donc avant tout assurer la sécurité alimentaire », a confié à la Deutsche Welle, celui que ses compatriotes avaient surnommé l’idiot du village, avant de devenir le héros de tout un peuple.

Dans le reportage ci-dessous, réalisée au Burkina par une équipe de France 5, on peut voir comment ce cultivateur, honoré par le prix Nobel Alternatif 2018, a rendu fertile la terre très aride de son village de Gourga en défiant avec succès les lois de la nature.

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