Quand Éric Laurent me demanda de ne pas accuser israhell (pour le 11-Septembre) par Panamza

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Cette volte-face du célèbre journaliste reporter au sujet de l’incrimination des services secrets sionistes dans l’attentat du 911 témoigne de l’existence de pressions de toute nature, exercées sur lui pour éviter que l’on puisse soupçonner que le pays du Moyen-Orient dont il est fait allusion soit identifié comme étant Israël. Il pointe désormais son doigt sur l’Arabie Saoudite. Avec l’affaire sordide qui vient d’être rendue publique au sujet d’un chantage qu’il aurait exercé sur le roi du Maroc proposant au représentant de ce dernier de vouer au pilon son dernier ouvrage à charge contre le roi, en échange de la coquette somme de 3 millions d’euros, Éric Laurent perdrait — si cette affaire s’avérait vraie — toute crédibilité et offrirait une explication sur son revirement dans l’analyse de l’attentat du 911. Affaire à suivre…

Il est clairement impensable qu’un journaliste puisse faire chanter un état aussi puissant que le Maroc — avec l’ingénierie vicieuse du Makhzen — lorsqu’il est question de dissidence. C’est d’autant plus vrai qu’il est question d’une femme !!! Il est très probable que ce cabinet noir ait voulu acheter les services des journalistes, plus exactement leur silence contre une somme coquette. Ce qui fait de ce couple des prostitués et non des maîtres-chanteurs. Dans tous les cas, effectivement, Éric Laurent a perdu toute crédibilité et pour toujours… Quand on se dit grand connaisseur des affaires internationales et du royaume chérifien et que l’on sait comment fonctionne ce dernier, il faut être profondément stupide et mentalement attardé pour accepter une transaction de ce type.


INFO PANAMZA. En 2009, j’avais interviewé Éric Laurent, journaliste interpellé aujourd’hui par la police pour avoir tenté d’extorquer 3 millions d’euros au roi du Maroc. Le sujet de l’entretien: les délits d’initiés du 11-Septembre. Flashback.

Le 27.08.2015 à 22h13

L’information rocambolesque a été révélée par RTL :

Éric Laurent avait réclamé trois millions d’euros contre la non publication d’un livre à charge. Il a été interpellé à Paris jeudi 27 août. Une information judiciaire pour chantage et tentative d’extorsion de fonds a été ouverte.

Ce soir, Éric Dupont-Moretti, avocat du roi du Maroc, va jusqu’à évoquer une « instrumentalisation » du journaliste et de sa co-autrice Catherine Graciet par un éventuel « groupe terroriste ».

En attendant d’en savoir plus, et de connaître notamment la version du tandem interpellé par la police, Panamza vous propose de découvrir un portrait décalé et informatif d’Éric Laurent. Le billet qui suit a été initialement publié sur le blog de l’auteur de ces lignes, en mai 2013.

11-Septembre: Eric Laurent « refuse de franchir la ligne »

Grand reporter et spécialiste de géopolitique sur France Culture, Eric Laurent est l’auteur du best-seller La Face cachée du 11-Septembre, publié en 2004. Si l’homme est l’un des rares journalistes français à rejeter ouvertement la version officielle des attentats, il se distingue également par sa volonté de se démarquer de ceux qu’il qualifie de « complotistes » – surnommés également les « fossoyeurs de la vérité »– parmi lesquels figurent, selon lui, les adhérents et sympathisants de l’association Reopen911.

Lors d’une récente séance de dédicaces, l’auteur a été abordé par un militant du groupe « We are change Paris » qui partage avec Reopen911 le même but -du moins déclaré, de part et d’autre: demander une nouvelle enquête sur le 11-Septembre. Dans un dialogue de sourds, les deux hommes ont affiché l’objet majeur de leurs divergences : la vraisemblance de la thèse selon laquelle les trois tours du World Trade Center ont été détruites au moyen d’explosifs. L’enjeu du sujet est de taille : si elle était avérée, la démolition contrôlée des gratte-ciels attesterait d’une complicité locale dans la mise en scène de l’attentat et suggérerait, in fine, l’existence d’un mensonge d’État -de la part de l’Administration Bush- pour camoufler la nature exacte et les ramifications de cette opération. A 8’30, Eric Laurent, incité à creuser cette thèse soutenue par plus de 1900 architectes et ingénieurs, botte en touche et lâche un aveu ambivalent, indiquant qu’il a « toujours refusé de franchir la ligne ».

Le grand reporter invoque ici ce qu’il nomme un « principe », a priori sensé : distinguer les faits des spéculations, ce qui constitue la règle primordiale de toute investigation journalistique rigoureuse. Pourtant, le militant-vidéaste n’a pas tort de lui rappeler, de manière probablement maladroite, qu’il existe des faits effectivement troublants -relatifs à la désintégration des tours- que l’enquêteur n’a ostensiblement pas voulu aborder.

Autre aspect révélateur de la discussion: Eric Laurent fustige ces « professeurs à la retraite » ainsi que Thierry Meyssan, animateur du Réseau Voltaire, sous prétexte qu’ils ne vont pas sur le terrain -contrairement à lui. C’est sa définition sommaire d’une véritable enquête sur le 11-Septembre: « aller en Afghanistan et rencontrer des gens de la Commission d’enquête ».

Cliché traditionnel : si le terrain constitue le passage obligé pour tout reportage digne de ce nom, la chose est moins caricaturale en ce qui concerne l’investigation. Bon nombre de reporters ont ainsi arpenté des scènes de crime sans avoir trouvé le moindre élément inédit tandis que d’autres enquêteurs arrivent régulièrement, y compris à distance, à « relier les points » (« to connect the dots ») au moyen d’une synthèse ingénieuse et d’un recoupement affiné des milliers d’informations à leur disposition. A cet égard, le 11-Septembre -vu de France- est un cas d’école : en 2004, après avoir parcouru le monde, Eric Laurent publia un livre qui souffre pourtant d’énormes carences, notamment les dizaines de récits (mis en ligne) de témoins des attentats qui relatent avoir entendu spécifiquement des explosions dans les tours avant et pendant leur « effondrement ». A l’inverse, en 2010, un autre journaliste, Eric Raynaud, publiant la collecte des anomalies de la version officielle sans avoir sillonné l’axe Washington-Kaboul, révéla pourtant quantité de faits -et non des « spéculations »– méconnus du grand public et disponibles dans cette gigantesque base de données qu’est Internet.

En 2013, le Web peut largement concurrencer le « terrain » du réel, même si l’idéal, pour la réalisation de toute enquête exhaustive, consiste à savoir -et pouvoir- explorer les deux superficies. Pour des motifs idéologiques (soutien à la version atlantiste des attentats) ou/et économiques (précarisation croissante du secteur), aucun média hexagonal ne serait aujourd’hui en mesure de financer le croisement nécessaire des travaux effectués par les 2 Eric : d’un côté, le reportage de terrain et la rencontre physique des protagonistes; de l’autre, la synthèse et l’authentification des informations (officielles, alternatives, marginales) recueillies par la presse, les sites, les blogs et les réseaux sociaux (ainsi, pour les plus téméraires, que celles du « web profond »).

Bonus : pour saisir l’évolution d’Eric Laurent, il n’est pas inutile de voir ou revoir ses dernières prestations sur le 11-Septembre.

En 2004, il avait fait ainsi sensation sur le plateau de Thierry Ardisson sans crainte de passer alors pour un « complotiste ».

Le journaliste régulièrement cité et encensé par Reopen911 avait pourtant commis des approximations dans ce qu’il rapporta des faits : ainsi, lorsqu’il aborda la question des agents du Mossad célébrant l’évènement, il indiqua que leur réjouissance se déroula pendant la chute des tours. C’est faux : comme je l’ai précisé -documents officiels à l’appui- dans mon ouvrage Israël et 11 septembre, ces Israéliens manifestement hilares et se prenant en photo ont été aperçus cinq minutes à peine après le crash du premier avion, ce qui constitue un facteur aggravant: à ce moment-là, et avant l’arrivée de second avion, beaucoup sur place croyaient encore à l’hypothèse d’un tragique accident.

Fin 2009, je l’avais interrogé sur le thème opaque des délits d’initiés survenus autour des attentats.

Lors du tournage de mon interview, l’homme m’avait fait une requête intrigante : ne pas laisser penser, lors du montage de l’entretien, que le « pays du Moyen-Orient » qu’il incrimine serait Israël. Il m’affirma alors ce qu’il me présenta comme sa conviction: l’Arabie saoudite était largement impliquée dans le 11-Septembre. J’étais surpris par cette volonté d’éviter toute mention négative d’Israël par celui qui avait publiquement évoqué, cinq ans auparavant et de manière feutrée, l’incident des agents du Mossad dans une émission de divertissement. Sa demande était d’autant plus extravagante que notre entretien lui donna l’opportunité (à 0’50) de saluer étrangement le talent du Mossad : c’est, en effet, depuis une antenne d’analystes rattachés aux services secrets israéliens que provient la première étude suggérant l’existence de délits d’initiés perpétrés à la faveur des attentats.

Riyad plutôt que Tel Aviv

Eric Laurent est un homme paradoxal : celui qui fustige le « complotisme » à la manière d’un Pierre-André Taguieff est également l’auteur d’un roman, paru en mars 2013 et intitulé La Conspiration Wao Yen. Une histoire édifiante : l’alliance occulte de la Chine et de l’Arabie saoudite pour provoquer la chute de l’Occident.

Ce thriller financier, un brin sinophobe, vient opportunément résoudre le mystère Laurent : en définitive, l’homme veut bien admettre que les « complots » existent. A condition qu’ils soient uniquement fomentés, dans l’ombre évidemment, par des Chinois et des Arabes. Et non par des Américains, Européens et Israéliens dont il serait -cela va de soi- scandaleux de suggérer qu’ils puissent partager avec l’axe Pékin-Riyad la même volonté d’influencer, violemment et secrètement, la marche du monde.

Hicham Hamza


 


 


 

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