Réponse à Laurent Glauzy au sujet du Saint Coran et des musulmans

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Nombre de nos lecteurs, choqués par ce qu’ils ont pu lire sur la page Facebook de Laurent Glauzy nous ont envoyé en guise de preuve matérielle, la capture écran de son poste reproduit ci-après dans son intégralité, les fautes d’orthographe incluses :

« Le Frère Bruno Bonnet-Eymard, universitaire, hébraïsant et arabisant, expose que le Coran ne vient pas de Dieu, mais est une imposture tirée de la Torah. J’apprécie les explications de cet homme d’Eglise car nous sommes dans la précision, la démonstration. Beaucoup de catholiques ne racontant que des conneries sur l’Islam feraient mieux d’écouter cet homme qui dans la plus grande intelligence expose que l’Islam est un mensonge. Pour les musulman, il serait tant de sortir des convictions de papa et maman et de regarder cette vérité en face. »

De fait, ce texte n’est rien de moins qu’une attaque frontale, violente et tout à fait gratuite — car rien ne la justifie — contre l’islam et le Livre sacré, le Noble Coran. A-t-il mesuré la portée de son acte ? Nous en doutons fort.

Nous avons offert à Laurent Glauzy, l’hospitalité sur le site Lelibrepenseur.org où il pouvait publier très librement ses articles, bien qu’ils fussent souvent controversés. Mais là, L. Glauzy a franchi le Rubicon et il est allé bien au-delà, dépassant toutes les limites de la bienséance et du respect dû à autrui et ceci à plusieurs reprises. Sa rhétorique partisane, teintée de mépris et de condescendance à l’égard des musulmans, ne laisse aucune place à la moindre possibilité de dialogue, tant les choses sont dites avec dédain et suffisance. Son initiative est condamnable à la fois en la forme et sur le fond.

Sur la forme, L. Glauzy se permet, dans une entreprise prosélyte indélicate et osée de s’adresser aux musulmans dont il se dit être l’ami, pour les inviter à sortir de leurs convictions ancestrales. Rien que ça ! Jamais nous ne nous serions permis de lancer un tel appel à nos amis chrétiens.

La meilleure forme de prosélytisme – tout à fait involontaire et sincère – est de donner le bon exemple dans tous les domaines, de sorte que ceux qui auront à apprécier un tel comportement soient conquis et acquis à la même cause de Dieu.

Sur le fond, il est étrange que L. Glauzy qui se dit être un connaisseur dans le domaine des religions et un fervent chrétien, tienne un discours aussi maladroit, surtout lorsqu’il affirme que  « le Coran est une imposture tirée de la Torah ».

Son discours est d’autant plus étrange que l’hostilité affichée à l’égard de l’islam et des musulmans ne trouve aucune justification. L’islam accorde une place de choix à Jésus (AS), lui reconnaissant contrairement au judaïsme, une mission divine en le considérant comme le Messie ; l’islam reconnaît sa naissance miraculeuse. Marie (AS) jouit en islam d’un statut privilégié, contrairement à ce que pensent d’elle les juifs. Nous ne nous permettrions pas de rapporter ici les accusations immondes dirigées contre elle par les juifs et les insanités proférées à son égard. Dieu nous en préserve. Les noms du Christ (Isa, béni soit-il) et de Marie figurent parmi ceux attribués aux nouveau-nés musulmans.

Jamais un musulman ne s’aviserait à porter atteinte à la sainteté de Jésus (AS) ou à celle de la Vierge Marie (AS), non pas pour éviter de heurter la susceptibilité des chrétiens, mais pour rester fidèle aux enseignements coraniques qui enjoignent de respecter tous les prophètes bibliques, sans distinction aucune. Du coup, comment certains peuvent-ils oser affirmer que le Coran est une création juive ?

Bien sûr, ces similitudes nombreuses et importantes ne font pas de l’islam le christianisme, ni du christianisme l’islam, car il existe bien une pierre d’achoppement — le nœud gordien pourrait-on dire — qui distancie l’islam du christianisme.

En effet, si l’islam reconnaît en Jésus un prophète ayant accompli de grands miracles, comme celui d’avoir guéri les lépreux, redonné la vue aux aveugles et même d’avoir ressuscité les morts par la grâce et la Volonté de Dieu, sa divinité est totalement écartée, l’islam étant par définition une religion monothéiste stricte [« Il n’y a de Dieu que Dieu »], à tel point que le Messager de Dieu, Muhammed lui-même (PBSL) est considéré comme un simple mortel, certes auréolé de sainteté, mais en aucun cas doté de divinité.

L. Glauzy peut penser ce qu’il veut et avoir ses propres convictions, cela n’intéresse en aucun cas le musulman, même s’il a été le traducteur et l’auteur de livres très intéressants qui démontrent la supercherie moderne. Ce qui lui est vivement reproché est de s’être adressé aux musulmans en leur demandant doctement de cesser de croire au Coran qu’il a osé qualifier de mensonger et d’abandonner leur foi. Cette demande pour le moins incongrue, est d’autant ridicule et impardonnable qu’elle intervient en 2016, c’est-à-dire plus de 14 siècles après la naissance glorieuse de l’islam, l’islam qui a résisté à toutes les vicissitudes du temps et à tous les envahisseurs, la seule religion qui résiste actuellement  à l’Empire et constitue un rempart inexpugnable.

Il faut quand même rappeler qu’en un siècle à peine, l’islam connut une expansion extraordinairement prodigieuse, s’étendant, non par les armes, mais par la force du verbe et par l’exemple, dans toutes les directions de la terre, édifiant une civilisation brillante et raffinée, à l’époque où l’Europe était plongée dans les ténèbres de l’obscurantisme. Il est bon de rappeler aussi que les musulmans, ayant eu à administrer l’Espagne pendant quelque 8 siècles, n’ont jamais imposé l’islam aux autochtones qui pouvaient pratiquer librement leur propre culte.

L. Glauzy, sait-il seulement que les Croisés vaincus en Palestine par l’illustre Salahudidine Al Ayyoubi (Saladin) ont été subjugués par sa grandeur d’âme et sa magnanimité ? Il serait trop long de décrire ici, ses faits et gestes seigneuriaux. Ne reconnait-on pas un arbre à ses fruits ?

Plus près de nous, l’Émir Abdelkader, grand chef de guerre, fait prisonnier en France durant six longues années, dans des conditions inhumaines, hormis lors de sa dernière année à Amboise, après que les différents traités de paix signés avec les généraux français, eurent fait l’objet de parjure, [Lire Histoire d’un parjure de Michel Habart (ici)], a sauvé en 1860 à Damas 5000 chrétiens d’une mort certaine.

L. Glauzy serait bien inspiré de lire l’ouvrage récemment édité chez Fiat Lux (tiens, une locution latine tirée de la Bible et adoptée sans complexe par un musulman pratiquant) et préfacé par Pierre Dortiguier, Voltaire & l’Islam – Ce que l’on vous cache, s’offrant à exposer le changement radical et spectaculaire de l’attitude de Voltaire, initialement franchement hostile à l’islam et aux musulmans, à l’époque où il était submergé par des préjugés négatifs et mensongers et le moment où il a ouvert les yeux et s’est rendu compte que tout n’était qu’imposture, mensonges et billevesées.

Dans le cadre du dialogue islamo-chrétien aux États-Unis d’Amérique et partout ailleurs, le prédicateur musulman Cheikh Ahmed Deedat Hussein a donné de mémorables conférences, accessibles sur le net, que L. Glauzy gagnerait à visualiser. Vidéo d’un très haut niveau intellectuel contrairement aux rigolos de notre époque récente.

En islam, un verset coranique [CIX, 6] énonce :  » À vous votre religion, et à moi ma religion”. N’est-ce pas là un des fondements de la Sagesse ?

Il n’est vraiment pas très judicieux de pratiquer un prosélytisme aussi agressif dans une période aussi lourde et explosive d’autant que ce prosélytisme est voué à l’échec. Il serait plus pertinent et utile de respecter l’autre tel qu’il est et de s’unir face au réel danger qui nous menace tous, le Nouvel Ordre Mondial.


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