Russie innocente et sécurisante, par Pierre Dortiguier

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Russie innocente et sécurisante


Il existe une indéniable hystérie anti-russe, du type de celle que rapporte M. Julian Assange, personnage au reste assez trouble, sur les origines de la divulgation des mails compromettant la candidate qui a toutes les chances financières d’être élue par la volonté du peuple et celle des machines à voter, indiscrétion que le clan Clinton voudrait nous faire accroire qu’elle est un coup tordu du Président Vladimir Poutine ; le bruit court même d’une sorte de contre putsch aux Etats-Unis fomenté par des gens de la sécurité pour annihiler ou neutraliser un précédent coup de force du clan Clinton dont l’un des moindres n’est pas celui dévoilé par M. Thierry Meyssan, président du réseau Voltaire, de s’être entouré de frères musulmans, dont l’américaine arabe saoudienne et ancienne épouse du  sioniste et parlementaire du Congrès US, qui voulait devenir maire de New York Anthony Weiner, et qui l’eût été, sauf à avoir été compromis dans des scandales courants aujourd’hui à travers le monde, propres à ceux auxquels Vénus s’attache comme à des proies. Huma Abedin promue chef de cabinet de la presque septuagénaire Hillary, et, redisons-le, saoudienne naturalisée US, dont la mère est une activiste féminine de pareille organisation maçonnique ou néo jacobine, à parler français, en Arabie Saoudite. Cette brunette, terme qui n’a rien de péjoratif, j’en rassure mes lectrices, a exercé une activité journalistique et idéologique, une police de la pensée, peut-on dire, en Arabie saoudite qui, comme la monarchie britannique, ou le Vatican ajouterait notre ami Salim avec raison, n’est plus qu’un nom de loge. Tel prince saoudien, Mohammed ben Salman, apprend-t-on ce 12 juin 2016 par l’agence jordanienne Petra, finance 20% de la campagne du clan Clinton, car Hillary, comme le parrain sicilien joué par Marlon Brando, n’est pas une individualité mais un clan ! Que l’on mette un drapeau étoilé sur la Mecque et toutes les officines saoudiennes ou wahhabites, sur les bureaux des sectaires de la Tunisie à la Suisse, en passant par Londres et sa City, et l’on y verra plus clair !

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément enseignait Boileau ! Il est à cet égard minable d’entendre le petersbourgeois Poutine se poser en moraliste du bout des lèvres, sans dénoncer cette force immense qu’il affecte de combattre en Syrie, mais avec laquelle il collabore, car les branches d’un même arbre ne se battent pas.

Car il existe aussi une hystérie inverse, une opération excessive de charme des autorités du judaïsme (au sens confessionnel ou plutôt administratif) pour nous présenter la Russie pourtant vilipendée longtemps pour ses ressentiments et violences indéniables contre les Juifs, au temps du Tsar, comme en témoigne le célèbre Dostoïevski dans Le Journal d’un Écrivain, comme le seul havre de sécurité qui trancherait avec la crainte qu’éprouverait la communauté en Europe occidentale. Tel a été le discours public de Ronald Lauder président du WJC World jewish Congress, lors du congrès international contre l’antisémitisme tenu à Moscou ce 2 novembre 2016, et de ne pas tarir d’éloges sur la Russie et Poutine, comme Juliette rêvant de Roméo : « Le Président Poutine a fait de la Russie un pays où les juifs sont les bienvenus. Et ce n’est pas rien qu’une bonne chose pour les juifs, mais pour la Russie également « . Et Lauder de poursuivre : « C’est à cause de ce changement sans précédent que le Congrès Mondial Juif apparaît continuer à travailler avec la Russie. Nous voulons pouvoir compter sur la Russie comme sur un ami solide. “President [Vladimir] Putin has made Russia a country where Jews are welcome. And that’s not just a good thing for Jews. It is good for Russia as well,” Lauder said. “It is because of this unprecedented change that the World Jewish Congress looks to continue to work with Russia. We want to be able to count on Russia as a solid friend. »

”Surtout en un temps, le martèle à la face du monde Lauder, où l’UNESCO vient de biffer toute l’histoire biblique en ne parlant point du temple de Salomon, mais en reprenant les préjugés d’une dénomination arabe des lieux saints de Jérusalem ! Horribile dictu ! Est-ce à dire que Poutine a donné des assurances à Lauder ou que Lauder a su triompher des scrupules très aléatoires d’un ancien du KGB, organisation qui n’est pas passée pour particulièrement voltairienne ! Donc si un nouvel Hitler naît en Amérique, comme les journaux locaux le crient, le World Jewish Congress saura où passer l’hiver bien au chaud ! En tout cas, Lauder ! Dans une Russie sécurisée, comme sous l’étoile rouge éclairant la crèche de l’Antéchrist !



Cette hostilité russe était en effet si vive que les Juifs polonais ou biélorusses et galiciens soutinrent l’Armée allemande et austro-hongroise en 1914, en saluant la création, pendant la guerre, d’une Pologne indépendante, laquelle en reconnaissance massacrera ou spoliera, une fois la paix retrouvée, ses sujets allemands annexés sans qu’on leur demande leur avis, en ne gardant qu’une minorité pour jouir du fruit de leur travail ! Mais ce ne fut qu’au dernier moment, lorsque la victoire allemande fut imminente, au début de 1917 que l’ambition de constituer une sorte de second Vatican poussa l’élite sioniste appuyée sur le christianisme sioniste anglais et américain aussi, d’abandonner l’Allemagne pour se tourner vers la chair à canon occidentale contre les puissances centrales garantes de l’intégrité de l’Empire ottoman. Cette création de la Palestine moderne coûta deux ans de guerre à l’Europe et fortifia le bolchevisme en Russie avec sa traîne de massacres. Sans cette prolongation de la guerre, jamais le wahhabisme n’eût triomphé et la Syrie, chrétienne ou musulmane, avec ou sans voile, mais courageuse, serait intacte, et l’Enfer n’habiterait pas la bande de Gaza. Et nous n’aurions point connu, à cause du Traité de Versailles, les causes d’un second conflit, ni assisté à un troisième en devenir.

Enfin une troisième qualité d’observateurs prétend que rien n’a changé sous le soleil, et que la Soviétie avec ses deux visages, comme l’animal de la fable qui se dit bipède à la façon des humains et pourtant a des ailes d’oiseau sans pouvoir voler, reste un trompe l’œil, un miroir aux alouettes, et que ceux qui s’y fient, à la manière de Nasser, par exemple, et des dirigeants naïfs, sont désillusionnés. Comme ce fut le cas, insistons-y, du Président égyptien en 1970, empoisonné, dit-on. Que cette mention de l’Égypte me donne l’occasion de préciser, après Meyssan, que la mère de cette chef de cabinet de la Clinton travaillait avec l’épouse de Morsi, l’Égyptien qui était citoyen américain !

Que ceux qui luttent contre le « régime » syrien, comme ils disent après BFMTV, remercient leur protectrice Clinton ! l’Athéna des combattants !

« Regarde les mon âme, ils sont vraiment affreux ! » dit si bien Baudelaire dans les Fleurs du Mal.

C’est ainsi que la dernière conférence de presse du Président russe a laissé tomber de sa bouche que l’Europe n’avait pas d’avenir à cause de sa lâcheté morale, en ayant remis, suivant l’exemple démagogique et bien calculé par lui, en liberté un immigré irakien de vingt ans ayant brutalement maltraité, touché impudiquement dans une piscine autrichienne l’enfant d’une famille serbe immigrée elle-même dans cette Germanie servant d’aimant à toute la ferraille produite par les trouble fêtes internationaux, et  ensuite relâché pour des raisons spécieuses par une justice gauchiste.

La Russie fait ainsi mine de condamner une attitude morale de l’Occident qui ne défend point ses enfants, prend l’exemple de ses protégés serbes et se pose en protecteur de cette ethnie contre les envahisseurs musulmans, car c’est ainsi que Poutine veut se faire comprendre, en visant bas, mais non pas en touchant, nouveau David, le Goliath Sorros si l’on veut parler dans le ton de la mythologie biblique qu’il interdit juridiquement, dans sa Fédération, de critiquer ! Au temps de la tsarine et princesse allemande Catherine la Grande, Voltaire, comme Diderot, étaient fêtés à la Cour, et au temps de Poutine le Dictionnaire philosophique critique des basses voluptés, des malhonnêtetés, voire des crimes de l’Ancien Testament, vaudrait à son auteur l’expulsion de l’Académie ! Et l’on vous parle de progrès des idées !

L’Europe et le monde doivent ainsi de méfier et de leurs ennemis déclarés et de leurs amis hypocrites, selon le principe platonicien de distinguer entre vertus apparentes et vertus vraies. Mais pour cela, il faudrait que M. Poutine scie la branche sur laquelle il est perché et où il a appris non seulement à monter mais à se maintenir comme tout cadre éprouvé du KGB dont la structure persiste, ainsi que notre Balzac écrivait dans la Comédie humaine, que la seule stabilité ou continuité française après la Révolutions et les chutes de ministères et de dynasties était la police. Si du moins nous ne suivons pas l’avis étrange de sa femme, la Poutina, séparée de lui, qu’il aurait été remplacé par un sosie ! Mais nous serions toujours dans une mécanique qui broie toutes les vérités et rend les discours identiques à la ruse du renard !

Pierre Dortiguier

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