Seïf al-Islam Kadhafi : « J’ai encore des preuves solides contre Sarkozy »

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Le dossier d’accusation de Nicolas Sarkozy dans cette affaire de financement illicite de sa campagne présidentielle par de l’argent libyen, offert par Mouammar Kadhafi, est extrêmement lourd. En plus des nombreuses pièces du dossier et autres témoignages précis et circonstanciés, il est en effet rare que le corrupteur se propose de venir témoigner au tribunal en donnant tous les détails de l’opération, les modalités de paiement et qu’il propose les enregistrements audio des diverses rencontres…

Il y a néanmoins un hic concernant le fils de Kadhafi qui fait ces déclarations aujourd’hui. Il faudrait qu’il nous explique pourquoi son père a-t-il voulu financer un homme aussi peu recommandable que Nicolas Sarkozy ? On savait qu’il fréquentait de très près Silvio Berlusconi puisqu’ils ont participé ensemble à des orgies ; on sait maintenant qu’il était très proche de Nicolas Sarkozy au point de vouloir financer son élection avec l’argent public libyen. Si son défunt père s’était inspiré de la sagesse populaire, celle-ci aurait pu lui éviter une telle boulette qui lui a coûté la vie, puisqu’il est bien connu que lorsque l’on dîne avec le diable, il faut se munir d’une longue cuillère.


Saïf al-Islam Kadhafi n’a pas attendu longtemps pour rebondir à la garde à vue de Nicolas Sarkozy, soupçonné d’avoir utilisé de l’argent libyen pour le financement de sa campagne victorieuse à la présidentielle de 2007.

Une réponse tardive, mais digne d‘être saluée, s’est réjoui ce mardi Saïf al-Islam Kadhafi dans une réaction exclusive à Africanews. Le fils de l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi a notamment “félicité la justice française pour l’arrestation de Nicolas Sarkozy” au cours d’un entretien téléphonique avec notre correspondante en Tunisie Zineb Ben Zita.

L’ancien président français (2007-2012) a été placé en garde à vue ce mardi dans le cadre d’une enquête notamment pour détournements de fonds publics et corruption active et passive. En janvier, l’instruction a été élargie à des faits présumés de “financement illégal de campagne électorale” pour une affaire ouverte depuis 2013 par la justice française.


Elle (la garde à vue de Sarkozy, NDLR) vient en retard et après 7 ans de guerre. Je dis dommage parce que j’avais donné moi-même les preuves sur cette affaire (…) mais la justice, que ce soit en France ou à l’international, n’a pas bougé à l’époque


À présent, le fils du défunt guide libyen Mouammar Kadhafi, espère que l’affaire ne se confinera pas qu‘à la garde à vue de Nicolas Sarkozy et que ce dernier soit traduit devant la justice internationale pour “ses crimes contre la Libye”, a-t-il martelé. Des accusations pour lesquelles il se porte d’ores et déjà témoin au regard des preuves qu’il aurait en sa possession.

“Je précise que j’ai encore des preuves solides contre Sarkozy. Et je n’ai pas encore été entendu comme témoin dans cette affaire, ni Abdallah Senoussi, l’ex-directeur des services de renseignements libyen qui détient encore un enregistrement de la première réunion de Sarkozy et Kadhafi à Tripoli avant sa compagne électorale. Il y a aussi Bachir Salah l’ex PDG de la Libya Investment qui est prêt à témoigner malgré les menaces de mort”.

Pour Saïf al-Islam, ce serait alors un sérieux coup d’accélérateur à cette affaire qu’il juge avoir été négligée par la justice française et internationale. “Elle (la garde à vue de Nicolas Sarkozy, NDLR) vient en retard et après 7 ans de guerre. Je dis dommage parce que j’avais donné moi-même les preuves sur cette affaire dans une interview accordée à Euronews en 2011, à Tripoli, mais la justice, que ce soit en France ou à l’international, n’a pas bougé à l‘époque”, a-t-il regretté.

Quoique, le fils de Mouammar Kadhafi croit en une autre justice, celle des urnes. C’est pourquoi, il appelle le chef de l’Etat français Emmanuel Macron à soutenir le processus électoral en Libye.

“Je tiens à vous dire que l’ex-président Sarkozy est responsable du chaos et de la propagation du terrorisme et de l’immigration clandestine en Libye et dans la région. J’appelle donc le président Macron à prendre des mesures pour soutenir les élections en Libye qui pourraient corriger ce qu’a fait son prédécesseur”, a-t-il conclu.

Ce lundi encore, Saïf al-Islam a réitéré son intention de briguer la présidentielle, par la voix de son porte-parole qui l’a annoncé depuis la Tunisie…

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