Tunisie : 200 arrestations et des dizaines de blessés après une nouvelle nuit de heurts

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Tunisie : 200 arrestations et des dizaines de blessés après une nouvelle nuit de heurts © AFP / Fethi Belaid


Des heurts très importants sont en cours aujourd’hui en Tunisie après l’annonce de la mise en place de mesures d’austérité, d’augmentation des impôts et de hausse des prix. C’est un peu normal lorsque l’on est dirigé par des traîtres et des incompétents au service de l’Occident, des politiciens incapables de redresser la barre ou de faire quoi que ce soit de positif pour le pays, si ce n’est, encore et toujours, aggraver la situation d’un peuple déjà en grandes difficultés.


Plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines blessées lors d’une nouvelle nuit de troubles à travers la Tunisie, alimentés par une grogne sociale persistante et de récentes mesures d’austérité.

Des manifestations pacifiques sporadiques ont débuté la semaine dernière dans le pays contre la hausse des prix et un budget d’austérité entré en vigueur le 1er janvier, prévoyant des augmentations d’impôts.

La contestation a dégénéré en émeutes dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Tunis et à Tebourba, à l’ouest de la capitale, où des heurts ont éclaté après la mort d’un homme durant une manifestation.

Dans la nuit de mardi à mercredi, 49 policiers ont été blessés, 206 personnes arrêtées, et des fourrières ont été attaquées, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khlifa Chibani qui a accusé les casseurs d’avoir été payés par des meneurs politiques.

« Il y a des actes de pillage et de vol, mais aussi un message politique de la part d’un pan de la population qui n’a plus rien à perdre et qui se sent ignoré » sept ans après une révolution qui réclamait travail et dignité, estime le politologue Selim Kharrat.

Il souligne que nombre de bâtiments publics, symboles de l’Etat, ont été pris pour cibles, tandis que le gouvernement « qui n’a aucune marge financière, a pour le moment pris position assez fermement contre les protestataires ».


Heurts entre manifestants et la police dans la ville de Tebourba, le 9 janvier 2018 © Fethi Belaid AFP
Heurts entre manifestants et la police dans la ville de Tebourba, le 9 janvier 2018 © Fethi Belaid AFP

Pillages

Un supermarché de la banlieue sud de Tunis a été pillé mardi soir par des jeunes qui ont volé argent et marchandises, selon Mohamed Baccouche, directeur adjoint d’exploitation de Carrefour.

L’armée a été déployée autour de banques, Postes et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays, a indiqué le ministère de la Défense à l’AFP.

À Sidi Bouzid, ville défavorisée du centre du pays d’où était partie en décembre 2010 la contestation sociale marquant le début des Printemps arabes, des jeunes ont coupé des routes, jeté des pierres et la police a répliqué à coups de gaz lacrymogènes une bonne partie de la nuit, a indiqué un correspondant de l’AFP.

Des incidents ont également eu lieu à Kasserine (centre), Gafsa (sud), Jedaida (nord) et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis, ont constaté des correspondants de l’AFP, mais le calme était revenu mercredi matin dans l’ensemble du pays.

À Tebourba, à 30 km à l’ouest de Tunis, des heurts ont éclaté mardi après que des jeunes sont descendus par centaines dans les rues après l’enterrement d’un homme décédé lors de heurts la nuit précédente. Les manifestants accusent la police de l’avoir tué, ce que dément le ministère de l’Intérieur.

Après plusieurs années de marasme économique et d’embauches massives dans la fonction publique, la Tunisie est confrontée à d’importantes difficultés financières. L’inflation a dépassé les 6 % fin 2017 tandis que dette et déficit commercial atteignent des niveaux inquiétants.

Hausse des prix

Tunis a obtenu en 2016 une nouvelle ligne de crédits du Fonds monétaire international (FMI), d’un montant de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, en échange d’un programme visant à réduire les déficits.

Mardi soir, un député d’opposition, Adnane Hajji, a justifié les violences, lançant devant l’Assemblée : « si le gouverneur vole, évidemment que le peuple va voler ».

En réaction, le parti islamiste Ennahda, membre de la coalition au pouvoir, a « mis en garde » ceux qui « fournissent une couverture politique justifiant les actes de violence et de vandalisme ».


Tunisie © Vincent LEFAI AFP
Tunisie © Vincent LEFAI AFP

Le puissant syndicat UGTT, a condamné « la violence et le pillage », appelant à « protester de manière pacifique.»

Les militants de la campagne « Fech Nestannew » (Qu’est-ce qu’on attend, ndlr) lancée en début d’année pour protester contre les hausses de prix ont appelé à manifester massivement vendredi.

Ils réclament une révision de la loi de finances, qui a augmenté la TVA et crée différentes autres taxes, ainsi qu’une meilleure couverture sociale pour les familles en difficulté et une lutte plus efficace contre la corruption.

Le mois de janvier est traditionnellement marqué par une mobilisation sociale depuis la révolution de 2011. Le contexte est particulièrement tendu cette […]


Le Point / AFP

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