Un labo suisse au cœur d’un imbroglio dans l’enquête sur l’affaire Skripal

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Le Laboratoire Spiez, dans l’Oberland bernois, a pris part à de nombreuses missions internationales. [Alessandro della Valle – Keystone]


La question qui se pose est la suivante : qui a inventé et fabriqué des centaines de milliers de tonnes de gaz de combat ? Qui en a balancé sur des populations civiles, au Vietnam par exemple, pendant des années ? Il nous est donc insupportable de voir aujourd’hui les USA devenir le gendarme du monde qui fait la morale au sujet de ces gaz mortels !


La Russie accuse l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) d’avoir trafiqué les résultats de son enquête sur l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, en occultant les résultats du laboratoire suisse en charge des analyses.

D‘après le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le Laboratoire Spiez de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), spécialisé dans les menaces chimiques, a envoyé à l’OIAC les résultats de son analyse à partir d’échantillons prélevés à Salisbury (sud de l’Angleterre), où Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés le 4 mars.

« La substance BZ a été découverte dans tous les échantillons. Le BZ est un agent neurotoxique (…), cette substance était en service en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans d’autres pays de l’Otan. Elle n’a jamais été utilisée en URSS et en Russie », a-t-il ajouté.

Substance non mentionnée

« Le BZ n’est pas mentionné dans le rapport de l’OIAC. Nous nous demandons pourquoi cette information, qui reflète les conclusions des spécialistes du Laboratoire Spiez, a été omise dans ce document », a poursuivi le chef de la diplomatie russe.

« Et si l’OIAC réfute sa collaboration avec le Laboratoire Spiez, il sera intéressant d’écouter leurs explications », a encore déclaré Sergueï Lavrov.

Pas de fuite côté Spiez

Contacté par la RTS, le Département fédéral de la défense, de la protection et des sports (DDPS), dont dépend l’OFPP et le Laboratoire Spiez, n’a pas commenté cette annonce, mais s’est défendu d’être à l’origine d’une communication aux autorités russes. « Il est bien clair que le Laboratoire Spiez n’a pas donné d’informations à la Russie », a affirmé Urs Wiedmer, responsable de la communication du DDPS.

Interpellé sur Twitter, le laboratoire a lui aussi dit qu’il ne pouvait pas commenter, mais a renvoyé à un article de la NZZ, dans lequel un chimiste du Laboratoire Spiez affirme n’avoir aucun doute sur la justesse de l’identification de la substance toxique par le Royaume-Uni.


L’OIAC avait annoncé jeudi que les analyses en laboratoire « confirmaient les découvertes du Royaume-Uni quant à l’identité de l’agent chimique toxique utilisé à Salisbury » pour empoisonner Sergueï Skripal et sa fille.

Responsabilité pas établie

La substance chimique est d’une « grande pureté », a précisé l’organisation, sans toutefois établir de responsabilités dans cette affaire où Londres accuse Moscou, qui clame son innocence.

L’empoisonnement de l’ex-agent double russe et de sa fille a provoqué une grave crise diplomatique entre Moscou d’un côté et Londres et ses alliés occidentaux de l’autre, se traduisant par la plus grande vague d’expulsions croisées de diplomates de l’histoire.


ats/kkub

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