Le député UMP le clame sur tous les tons. Lui n’a strictement rien à voir avec la sulfureuse société Bygmalion. Pourtant, selon des documents consultés par « Marianne », une de ses adjointes à la mairie de Saint-Quentin a été généreusement rémunérée par Bygmalion pendant trois ans. Un extrait, en avant-première sur Marianne.net, de notre enquête sur « La Saint-Quentin connection » à découvrir demain en kiosques.

Depuis quelques semaines, Xavier Bertrand arpente les radios et les télés pour prendre publiquement ses distances avec la société Bygmalion et son ancien patron, Bastien Millot, natif de Saint-Quentin. Pas question pour le maire de la ville, et candidat aux primaires de l’UMP en 2017, d’être éclaboussé par le scandale des fausses factures qui secoue actuellement son parti. Il le répète sur toutes les ondes : pourquoi aurait-il travaillé avec Bygmalion et son équipe de copéistes de choc alors qu’il est brouillé à mort avec Jérôme Lavrilleux, l’homme lige de Jean-François Copé, depuis plus de dix ans ?Bertrand affirme donc être tombé des nues quand nous l’avons contacté au sujet de Monique Bry, l’une de ses fidèles adjointes à la mairie, en charge de la rénovation urbaine. D’après des documents consultés par Marianne, cette retraitée d’EDF-GDF, âgée de 68 ans, a émargé pendant trois ans, entre 2009 et 2011, dans la boîte de com’ de Bastien Millot, où elle a empoché, pour des fonctions de « rédactrice », les sommes de 17 453 euros, 16 369 euros et 15 332 euros.
Monique Bry - Capture écran de sa vidéo de soutien à Xavier BertrandContactée, Monique Bry n’a pas souhaité faire de commentaire. Quant à Bastien Millot, il est resté aux abonnés absents. Xavier Bertrand, lui, s’est empressé de réagir : « J’ignorais tout de l’activité de Madame Bry, c’est incroyable ! Je l’ai convoquée immédiatement dans mon bureau pour lui demander les conditions exactes de cette collaboration. Elle m’a indiqué avoir travaillé pour eux dans le cadre d’un contrat avec France Télévisions pour lequel elle était censée répondre aux courriers des téléspectateurs. Je lui ai demandé de me notifier cela par écrit, avec les documents afférents. J’attends son dossier. »Dans une vidéo de soutien postée sur internet en mars dernier, peu avant les municipales, Monique Bry expliquait connaître Xavier Bertrand depuis 1995, un homme « resté fidèle à Saint-Quentin et aux Saint-Quentinois, qu’il écoute et qu’il entend. » « Nous avons toujours eu de bons rapports, reconnaît l’édile. Mais je ne suis pas un perdreau de l’année : si elle a été recrutée par Bygmalion, alors que mes relations avec l’entourage de Jean-François Copé étaient exécrables, ce n’est certainement pas le fruit du hasard… »

Monique Bry a en tout cas été la suppléante du sortant, Jérôme Lavrilleux, sur le canton de Saint-Quentin-Nord, en 2011, demeurant jusqu’à aujourd’hui l’une de ses plus fidèles soutien. L’ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé a d’ailleurs opté pour une domiciliation à la même adresse que celle où réside l’adjointe au maire Bertrand, dans une belle et cossue maison de la commune picarde (photo ci-contre). De son propre aveu, Lavrilleux envisagerait même d’y installer prochainement ses bureaux.

Les futurs conseils municipaux s’annoncent joyeux…