boutef6546Le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a reçu hier le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo y Marfil1. En abordant la campagne électorale en cours, le président-candidat l’a qualifiée de « très dure » – alors qu’il n’a jamais pointé son nez dehors – et a tout de suite montré du doigt son rival Ali Benlis, en l’accusant d’avoir menacé les Walis à travers leurs enfants, s’étant écarté ainsi d’un certain code de déontologie. « Qu’un candidat vienne menacer les walis et les autorités de faire attention à leurs familles et à leurs enfants en cas de fraude, cela veut dire quoi ? »,  s’est-il plaint2.Nonobstant le fait qu’il soit honteux et impardonnable pour un chef d’état souverain de s’ouvrir de problèmes strictement intérieurs au chef d’une diplomatie étrangère, il n’échappera à personne que cette plainte traduise l’affolement du clan Bouteflika et un désarroi certain, tant sa campagne menée par procuration par des ministres zélés et honnis, s’est heurtée au rejet massif d’une population de plus en plus rétive aux mensonges et à la manipulation. Du reste, cette accusation est mensongère et manifestement grossière, car si Benflis s’est effectivement adressé aux walis en les mettant en garde de ne pas cautionner la fraude, il a eu recours à une formule du terroir largement usitée d’Est en Ouest et du Nord au Sud de l’Algérie. En rappelant aux walis qu’ils ont des enfants, Benflis les a tout simplement invités à être honnêtes pour ne pas avoir à subir le courroux du Ciel qui s’abattrait sur leur tête en guise de punition, car dans la croyance populaire, il est de notoriété et largement admis que les parents malhonnêtes paient leurs fautes ici-bas, soit de leur propre personne, soit par leurs enfants exposés au châtiment : maladie, échec scolaire, etc.

Telle est donc la mise en garde adressée aux walis par Benflis. Il ne s’agit aucunement de menace. Cependant, l’exploitation honteuse qui en a été faite est le signe d’une perte de contrôle de la situation par le clan présidentiel, qui ne laisse rien présager de bon et qui fait craindre le pire.

Ce qui est scandaleux par ailleurs, c’est l’intérêt que porte Bouteflika à la qualification de l’Athlético Madrid aux demi-finales de la Ligue des champions d’Europe aux dépens du Barça, qu’il qualifie d’événement, pendant qu’aux portes du désert, la vallée du M’Zab est à feu et à sang !

Pauvre Algérie !

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