benflis-bouteflikaLa messe est dite. La fraude massive, le cynisme et l’arrogance ont encore une fois triomphé. Tout au long de la journée d’hier, les quelque 60000 personnes chargées par Benflis de surveiller le déroulement du scrutin, ont dénoncé une fraude planifiée puisque non seulement les listes électorales elles-mêmes ont été tripatouillées, mais encore dans certaines wilayas le bourrage des urnes a pu se faire aisément en faisant voter des absents. De nombreuses personnes ont été arrêtées transportant dans leur voiture des milliers de bulletins de vote de Bouteflika ! Cette fraude s’est donc déroulée en amont des opérations de dépouillement des votes. Dans la chronique précédente, il avait été rapporté la coupure, vers 19 heures, de toutes les connexions au niveau du QG de Benflis et ce, très probablement pour perturber le travail de centralisation des informations. Mais, ce qui compte, et tout politique véreux qui se respecte le sait, ce n’est pas le vote lui-même mais bien ceux qui dépouillent conformément à la fameuse phrase du criminel Staline : « Ce n’est pas les gens qui votent qui comptent, ce sont les gens qui comptent les votes » ! Ce qui prouve encore une fois que les élections démocratiques sont une mascarade créée par les banksters pour garder le pouvoir à jamais.

Ce qu’il faut retenir de cette journée, c’est la désaffection des Algériens pour les bureaux de vote restés pratiquement déserts. Cela n’a pas empêché le ministre de l’Intérieur de « gonfler » le taux de participation. Toutes ces anomalies ont pu se dérouler grâce à la machinerie de la puissante Administration totalement acquise au pouvoir en place et rompue à ces pratiques d’un autre âge, héritées du système colonial, les fameuses élections à la Naegelen.

Ce qui est triste et écœurant, c’est la déclaration, d’une complaisance dépassant l’indécence, des observateurs de l’Union africaine – seuls à avoir accepté cette mission –, félicitant l’Algérie du bon déroulement (sic) de cette élection. Mais peut-on s’en étonner lorsque l’on connaît les mœurs politiques en usage sur ce continent ?

Les médias français ont clairement pris fait et cause pour Bouteflika en diffusant durant toute la journée du vote des dépêches dans lesquelles il est déclaré « favori », une façon grossière d’indiquer la direction des vents dominants et d’encourager les indécis à s’y laisser emporter. Accords passés avec les maîtres occultes de l’Hexagone lors de son hospitalisation. Du reste, comment ne pas concéder ce petit coup de pouce à celui qui a tout donné aux puissants de ce monde en bradant les richesses de son pays ?

Benflis a qualifié cette élection de parodie et a fustigé « l’instrumentalisation de l’appareil d’État à des fins électoralistes ». Loin de baisser les bras, il annonce « qu’il usera de tous les moyens pacifiques et de toutes les voies légales pour faire prévaloir le choix du peuple. », mais comment peut-il jouer aujourd’hui le rôle de la vierge effarouchée lui qui a été très proche des cercles du pouvoir !

Il faut relever un autre fait saillant, c’est le silence des militaires qui ont donc fini par cautionner la fraude. Ce silence complice s’explique par le choix délibéré du statu quo qui garantit aux responsables au sommet de l’institution militaire une certaine tranquillité assurée par Bouteflika qui les tient par la barbichette. Ces généraux détiennent eux-aussi de lourds dossiers de corruption visant le clan présidentiel. C’est donc ce deal honteux conclu entre deux parties mafieuses qui explique l’issue de cette parodie de démocratie.

Quoiqu’il en soit, les choses ne seront plus jamais comme avant. Les jeunes et les intellectuels ont vaincu leur peur et n’hésitent plus à dénoncer publiquement les injustices et la corruption qui gagnent toutes les strates de l’Administration et du système en général. Un front de la contestation s’est constitué à la faveur de cette élection et des hommes politiques de tous horizons ont décidé de s’asseoir autour d’une même table pour donner la réplique à un régime mafieux en panne, essoufflé et intoxiqué par la corruption et la magouille et qui ne survit que par des artifices et une cosmétique rendus possibles par la seule rente pétrolière. Les difficultés financières, annoncées, ne permettront plus aux politiques médiocres qui gouvernent l’Algérie de continuer à sévir avec autant de désinvolture, de mépris et d’arrogance.

A l’heure où cette chronique est mise en ligne, les résultats officiels n’ont pas encore été publiés.

Petit rappel de fraude en direct à la télé dans la vidéo suivante lors d’élections législatives algériennes : tout simplement AHURISSANT !