Encore une preuve claire que la politique mondiale n’a rien à voir avec l’idée que l’on s’en fait habituellement, mais qu’elle est bien et bien gérée avec des paramètres obscurs…

petrole-puits_0_0Un accord secret a été établi entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite et nous en voyons peu à peu les contours se dessiner. C’est ce qu’expliquent à la fois le Wall Street Journal et plus en détail encore le blog spécialisé dans la finance Zerohedge, souvent très bien informé.

Le premier signe d’un réchauffement des relations entre l’Arabie Saoudite et les États-Unis,devenues très tendues après le soutien de Washington aux révolutions arabes et aux Frères Musulmans notamment en Égypte, l’Arabie Saoudite s’est jointe officiellement aux États-Unis et aux occidentaux dans le combat contre l’État Islamique en Irak et en Syrie. Mais il y a deux autres parties encore plus importantes à cet accord négocié par le Secrétaire d’État John Kerry.

La première, écrit le Wall Street Journal, c’est que «le processus a permis aux Saoudiens de faire pression sur les États-Unis pour obtenir un engagement d’entraîner les rebelles combattant Bashar el-Assad (le dictateur syrien), dont le renversement est toujours considéré par les Saoudiens comme une priorité».

La deuxième partie de l’accord, c’est le prix du pétrole, qui est une arme de premier plan dans la guerre que se livrent au Moyen-Orient les sunnites et les chiites et leurs alliés. D’un côté donc, l’Arabie Saoudite, la Turquie, la Jordanie, l’Égypte et le Qatar et de l’autre l’Iran, la Syrie de Bashar el-Assad et le Hezbollah libanais.

L’Arabie Saoudite a tout simplement décidé de faire baisser le prix du baril de pétrole, il lui suffit d’ouvrir un peu plus les vannes, pour peser économiquement et politiquement sur l’Iran et sur son allié et soutien la Russie.

Si au cours des trois derniers mois, le prix du baril a baissé de plus de 20% et est passé ainsi de 115 dollars à moins de 90 dollars vendredi 10 octobre, c’est directement à la suite d’une décision saoudienne reconnaît Rashid Abanmy, Président du Saudi Arabia Oil Policies and Strategic Expectations Center qui est installé à Riyad.

Avec l’arme du pétrole, l’Arabie Saoudite entend contraindre l’Iran a limiter ses ambitions d’armement nucléaire et obtenir de la Russie qu’elle cesse de soutenir à bout de bras le régime de Bashar el-Assad. Deux objectifs que partagent maintenant l’administration Obama.

Selon les calculs effectués par plusieurs études économiques, l’Iran a besoin pour équilibrer son budget et soutenir une économie affectée par des années d’embargo et de mauvaise gestion d’un baril de pétrole à 140 dollars et la Russie de Poutine d’un prix du baril supérieur à 100 dollars. Pour le magazine Forbes, la baisse des cours du pétrole est ainsi bien plus dangereuse pour l’économie russe qui est en récession et pour Vladimir Poutine que les sanctions financières décidées par les occidentaux après l’annexion de la Crimée et le soutien militaire aux indépendantistes de l’est de l’Ukraine.

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