Le réalisateur français Luc Besson, lors de la première du film « Valérian et la cité des mille planètes » à Pékin (Chine), le 20 août 2017. (NIU DAQING / IMAGINECHINA / AFP)

Voici encore une idole de la télévision et du cinéma qui se retrouve empêtrée dans des affaires d’agressions sexuelles avec dépôt de plaintes et de témoignages de nombreuses femmes. Certes Monsieur Luc Besson jouit comme nous tous de la présomption d’innocence mais ce qui nous intéresse ici sera le comportement de ses soutiens tendant à le défendre. Les proches vont crier au complot comme d’habitude et vont traiter les accusatrices de prostituées qui font ça pour l’argent et la notoriété. Ils vont éviter de crier au complot politique comme les sectateurs de Tariq Ramadan car ce serait trop ridicule. On imagine aussi que l’accusatrice aura beaucoup de mal à trouver du travail dans le milieu du cinéma parisien, connaissant la puissance de frappe de Monsieur Luc Besson. D’autant qu’il y a un grand nombre de personnes qui doivent leur réussite à ce monsieur et qui lui sont redevables.

C’est toujours la même problématique, défendre le bien et dire la vérité même si ses propres intérêts sont en jeu ou fermer les yeux et faire semblant de n’avoir rien vu ni entendu afin de continuer à manger dans la même gamelle. Les deux choix sont possibles sauf que le deuxième vous rend complice d’un crime et vous imposera un très mauvais karma pour le restant de vos jours… en d’autres termes, vous finirez certainement par le payer au centuple.


Après avoir témoigné dans Mediapart, la comédienne belgo-néerlandaise s’exprime pour la première fois au micro de franceinfo.

Le réalisateur nie toujours les accusations portées contre lui, affirme son avocat.

C’est une jeune femme redevenue brune, vêtue d’une longue robe noire à fleurs, qui accepte de nous rencontrer dans le cabinet parisien de son avocate, vendredi 13 juillet. La comédienne belgo-néerlandaise Sand Van Roy, qui a déposé une plainte pour viol à l’encontre de Luc Besson, s’exprime pour la première fois au micro de franceinfo, samedi 14 juillet.

Plainte pour viol contre Luc Besson : « C’est vraiment allé très loin, je sentais que ma vie était en danger » (Sand Van Roy) – David Di Giacomo



Après avoir témoigné dans Mediapart, comme trois autres femmes s’estimant victimes d’abus sexuels de la part du réalisateur français, la jeune actrice retrace les événements ayant conduit à sa plainte du 18 mai, et se confie sur « l’emprise » ainsi que sur les viols « répétés » qu’elle affirme avoir subis pendant plus de deux ans, entre 2016 et 2018.

Contacté par franceinfo, l’avocat du réalisateur et producteur, Thierry Marembert, déclare que son client « réserve ses explications pour les enquêteurs ». Il précise que Luc Besson « est à la disposition de la police judiciaire. Il nie toujours les accusations portées contre lui », assure l’avocat.

« Ça a dérapé, j’ai perdu conscience »

Ce jeudi 17 mai au soir, Sand Van Roy rejoint Luc Besson à l’hôtel Bristol à Paris depuis Cannes (Alpes-Maritimes). « Je suis rentrée car j’avais l’ordre de rentrer, pas parce que j’avais envie de le voir », assure l’actrice. Quand elle arrive dans la suite occupée par le producteur, après avoir bu un verre de vodka au bar, « on a bu un thé comme on le fait toujours ». Luc Besson, qui assistait, selon elle, à « la première projection d’Anna », le film dans lequel elle tient un rôle et qui doit sortir en 2019, lui « fait comprendre » qu’elle est « bien » mais que « le film est toujours au montage ». Sous-entendu, selon elle, « tu peux être coupée ».

La suite est plus floue : « Là, ça a dérapé, j’ai perdu conscience », rapporte-t-elle. Sand Van Roy se souvient d’avoir reçu « un coup dans le dos sans savoir d’où il provenait » et d’être « tombée dans la salle de bains ». Elle dit avoir perdu conscience à deux reprises. Sur les photos qu’elle conserve dans son téléphone portable, que franceinfo a pu consulter, la jeune femme a un bleu à l’œil, « peut-être liée à la chute », et trois marques rondes dans le dos.

Entre les pertes de conscience, Sand Van Roy affirme que Luc Besson lui a « imposé des actes sexuels non désirés » alors qu’elle a manifesté son refus verbalement et en pleurant. « Je sentais que ma vie était en danger », ajoute-t-elle, évoquant « une nuit horrible ». « C’est allé trop loin, ça n’avait jamais été aussi agressif ni violent.»

« J’aurais pu être morte. » Sand Van Roy à franceinfo

Carine Durrieu-Diebolt, avocate de l’actrice, tente de désamorcer les soupçons sur les intentions de sa cliente : « Ce n’est pas une plainte programmée, ni préparée ». Selon l’avocate, Sand Van Roy n’avait « pas d’autre issue que de se présenter au commissariat de police » ce 18 mai, car elle était dans un « état de peur et de terreur ». L’actrice tient par ailleurs à démentir les informations, parues dans la presse après sa première plainte, selon lesquelles elle disait avoir été droguée par le réalisateur : « J’ai porté plainte contre lui pour m’avoir violée, pas pour m’avoir droguée.» Étant donné ses « pertes de connaissance », « la police a eu le soupçon qu’il avait peut-être mis quelque chose dans le thé ». D’où les analyses toxicologiques pratiquées et qui se sont révélées négatives.

Des compliments aux humiliations

À propos de ses rapports avec le producteur, rencontré en 2015 sur le tournage de Valérian et la cité des mille planètes, Sand Van Roy réfute le terme de « relation ». Elle préfère parler « d’emprise professionnelle »...


avatarCatherine Fournier – France Télévisions

David Di Giacomo, Valentine Pasquesoone