La cabale anti-Dieudonné continue.

Au lendemain d’un marathon judiciaire qui a débouché sur l’interdiction du spectacle « Le Mur » à Nantes, le tribunal administratif d’Orléans a confirmé, vendredi 10 janvier, l’interdiction du spectacle de Dieudonné M’bala M’bala à Tours. Le tribunal se prononçait sur les requêtes présentées par un spectateur et l’humoriste controversé pour demander la suspension de l’arrêté d’interdiction du spectacle prévu à Tours, pris par le sénateur et maire socialiste de la ville, Jean Germain.

Jeudi soir, la plus haute juridiction administrative a annulé la décision rendue en début d’après-midi par le tribunal administratif de Nantes, qui avait bloqué l’arrêté d’interdiction du spectacle de Dieudonné en estimant notamment que « le risque de troubles publics causés par cette manifestation (…) ne pouvait fonder une mesure aussi radicale que l’interdiction de ce spectacle ».

Cette décision du Conseil d’État est un retournement de jurisprudence, les tribunaux administratifs ayant, à une quinzaine de reprises ces dernières années, invalidé des arrêtés d’interdiction de spectacles de Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour antisémitisme. « La République a gagné », s’est félicité le ministre de l’intérieur Manuel Valls, à l’origine lundi d’une circulaire préconisant l’interdiction au cas par cas du spectacle « Le Mur », pour troubles à l’ordre public.De son côté, quelques heures seulement après la décision du Conseil d’Etat, le député et maire d’Orléans Serge Grouard (UMP) a signé jeudi soir un arrêté interdisant le spectacle de Dieudonné prévu pour samedi dans sa ville. L’élu avait annoncé mardi lors d’une conférence de presse sa décision, en indiquant qu’il souhaitait « prendre le temps de border l’arrêté juridiquement ». Il avait justifié l’interdiction par « la répétition de propos qui dérivent de plus en plus ». Selon les autorités, environ 2 500 billets ont été vendus sur les 5 000 à 6 000 places que compte le Zénith d’Orléans.

« DES CONSÉQUENCES POUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION »

La communauté juive, qui s’est réjouie de cette décision du Conseil d’État, a appelé à poursuivre le combat contre l’antisémitisme, à l’instar des associations antiracistes qui veulent « sortir du ping-pong » entre Manuel Valls et le polémiste.

« De la même façon que la Licra refusait tout catastrophisme » après la décision du tribunal administratif de Nantes autorisant le spectacle, « elle n’exprime aucun triomphalisme après celle du Conseil d’Etat d’interdire la représentation de Dieudonné M’bala M’bala au Zénith de Nantes », écrit la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme dans un communiqué. Le Congrès juif européen a également salué un « triomphe des valeurs de la démocratie et pour la République française ».

En revanche, la Ligue des droits de l’homme (LDH) s’est inquiétée d’un « cadre juridique lourd de conséquences pour la liberté d’expression ». « Le juge n’a pas fait prévaloir la liberté d’expression sur l’interdit et c’est une décision qui est lourde de périls », a commenté le président de la LDH, Pierre Tartakowsky.

Lire l’entretien avec Danièle Lochak, professeure de droit public :  « On s’achemine vers une jurisprudence Dieudonné »

Plus de sept Français sur dix (71 %) ont une mauvaise opinion de Dieudonné, une image négative qui se retrouve aussi bien chez les sympathisants de gauche, de l’UMP comme du FN, selon un sondage IFOP pour Metronews rendu public vendredi.

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