Il serait intéressant et logique que l’on retrouve le corps de M. Gourdel, vu le ratissage en cours, à moins que l’on nous refasse le coup de Ben Laden ou celui des enfants de Toulouse que personne n’a vus ou bien encore celui des corps jamais retrouvés après le massacre de Tiguentourine…


Enlèvement de Hervé Gourdel : ce qui s’est passé – Par : Salim KOUDIL

chalet-Otage_ratissageArrivé à Alger le 20 septembre, le Français Hervé Gourdel est enlevé le lendemain soir à Tikjda. Quel a été son parcours dans cette région avant de tomber aux mains de terroristes ? Indications.
Approché hier matin par Liberté, K. M., gérant d’une agence de voyages à Alger, affirme qu’il connaissait personnellement les cinq accompagnateurs et qu’il est entré en contact avec leurs proches depuis l’annonce du rapt, soit lundi soir. D’abord une précision de taille, selon notre interlocuteur, “le Français n’est pas venu en Algérie dans le cadre d’un séjour organisé par une agence de voyages”. Il affirme aussi qu’Hervé Gourdel était attendu, samedi 20 septembre, à l’aéroport international d’Alger, par un ami, L. K., lui-même un alpiniste chevronné. Ce dernier, installé à Lille (France), est originaire de la commune de Bechloul (Bouira). Il connaissait depuis plusieurs années Hervé Gourdel. Le duo a été rejoint au hall central de l’aéroport par quatre autres Algériens : un membre du club d’escalade de Boufarik (Blida), un amateur de sport de montagne, originaire d’El-Asname (Bouira), et de deux autres amateurs d’alpinisme dont un père et son fils (détenteur de plusieurs titres de champion d’Algérie d’escalade).

Concernant le visa obtenu par le Français, K. M. affirme qu’il y a trois possibilités : “Soit il a eu la réservation d’un hôtel, soit il a obtenu un hébergement par son ami, ou encore via le club alpiniste de Boufarik.” Selon des sources concordantes que K. M. confirme, les cinq se sont rencontrés à la mi-journée à l’aéroport avant de prendre la route, ensemble, à destination de Tikjda. L’objectif : effectuer une randonnée de deux jours. Un détail important. Hervé Gourdel n’a pas passé la nuit, comme annoncé par plusieurs organes, dans le chalet du Kef (dont l’ancienne appellation, à l’époque coloniale, était Chalet du CAF, initiales du Club alpiniste français). “Il est impossible qu’il puisse y être accepté parce que le lieu est interdit aux étrangers par les services de sécurité puisqu’il n’y a pas de réseau téléphonique sur place”, soutient K. M. Il s’avère, effectivement, qu’Hervé Gourdel et ses cinq accompagnateurs ont passé la nuit de samedi à dimanche dans un chalet privé, à environ un kilomètre du chalet du Kef. Pourquoi ce lieu ? Tout simplement parce qu’il appartient à l’un des cinq accompagnateurs, un natif de Tikjda. Des sources nous ont indiqué que “le propriétaire du chalet n’avait pas avisé les services de sécurité de la présence d’un ressortissant étranger comme l’exige la loi”. En se référant à son expérience d’organisateur de séjours touristiques à Tikjda et aux informations qu’il a obtenues auprès des familles des accompagnateurs, K. M. affirme que les six se sont dirigés, dès dimanche matin, vers Lalla Khadidja, le plus haut sommet du Djurdjura (2 308 mètres d’altitude) et “comme le font régulièrement tous les randonneurs, ils se sont déplacés en voiture jusqu’au col de Tirourda, qui relie les trois wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa et Bouira, et qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de Tikjda”. Et notre interlocuteur de révéler aussi que les six randonneurs “se sont arrêtés juste à côté du village Aït Ouabane, situé à quelques centaines de mètres du col, et après avoir garé la voiture, ils ont entamé l’ascension jusqu’au sommet de Lalla Khadidja, qui dure généralement deux heures et demie, et ils sont, sans aucun doute, restés durant le reste de la journée pour admirer le paysage”. Le responsable de l’agence de voyages ajoute : “En outre, j’ai su que le Français était photographe, donc il a dû en profiter pour prendre des photos du sommet et même attendre le coucher du soleil, qui est d’ailleurs d’une beauté incroyable vu de Lalla Khadidja.” Si, comme le précise le communiqué du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales publié lundi soir, l’enlèvement s’est déroulé à 21h, “à hauteur du village Aït Ouabane, alors que les six étaient dans leur véhicule, il est tout à fait plausible que les terroristes aient enlevé les randonneurs juste après leur descente du mont”. Les ravisseurs avaient-ils remarqué la présence des six dès leur arrivée dans la matinée ?
Toutefois, une autre version circule dans la région de Tikjda. Selon des sources locales, les cinq accompagnateurs et le Français ont été capturés dans la soirée devant une source d’eau au milieu de la forêt et donc, il n’y a pas eu d’interception de leur voiture… Une source interrogée par notre correspondant à Bouira précise que les cinq accompagnateurs du Français ont été séquestrés dans la forêt avoisinant Aït Ouabane, durant toute la nuit de dimanche à lundi, avec Hervé Gourdel, avant d’être libérés dans la matinée. “Ils sont arrivés à Tikjda vers 16h30, hier (lundi, ndlr) après une marche à pied de plusieurs heures et se sont directement dirigés vers la caserne militaire.”

Imprudence ou ignorance ?
Une autre interrogation s’impose. Comment les six amateurs d’alpinisme ont-ils pris le risque d’effectuer une randonnée dans une région où a eu lieu, juste la veille, samedi après-midi, un faux barrage. Comme annoncé par le site électronique arabophone, alhadath-dz, dimanche, un groupe composé d’une quinzaine de terroristes, en tenue afghane, avait attaqué une dizaine de randonneurs du côté de la commune de Saharidj, soit le versant sud du mont Lalla Khadidja, et juste à quelques kilomètres de Tikjda. Les jeunes avaient été délestés de leur argent, de leurs téléphones portables et de leurs chaussures. L’information avait rapidement circulé dans la région. Selon toute vraisemblance, les cinq Algériens et le Français n’ont pas eu de contact avec la population locale à leur arrivée. Sauf s’ils ont pris le risque en connaissance de cause…

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