Le verdict est bien pire que le scandale de l’affaire elle-même car quand la justice est piétinée c’est l’âme humaine qui est violée. Mais il faut dire que si on est du peuple élu et que l’on est milliardaire, la justice devient facilement et régulièrement aveugle. Surtout quand, dans l’affaire jugée, toute la police londonienne est impliquée par sa corruption pour faciliter et permettre les écoutes téléphoniques. Vivement une justice populaire afin de rétablir un peu d’ordre dans ce chaos planifié.

NOW_verdict_mascaradeAu terme de 130 jours d’audience, les onze jurés ont condamné l’ancien rédacteur en chef du tabloïd News of the World Andy Coulson, 46 ans, coupable d’avoir pratiqué des écoutes téléphoniques entre 2000 et 2006.

Conseiller de David Cameron en juillet 2011, lorsqu’ éclate le scandale, il encourt une peine de prison. Les sept autres prévenus ont été acquittés, dont sa collègue Rebekah Brooks, suspectée d’avoir dissimulé des preuves.

Le premier ministre David Cameron, qui les connaissait intimement et leur avait apporté en privé son soutien, a été contraint de s’excuser à la télévision. « Je suis sincèrement désolé de l’avoir engagé. C’était une mauvaise décision, je le confesse très clairement », a déclaré le chef du gouvernement, l’air grave.

600 personnalités écoutées

L’affaire avait éclaté en juillet 2011 lorsque les Britanniques avaient appris que le téléphone portable de Milly Dowler, jeune écolière disparue, puis retrouvée assassinée, avait été mis sur écoute par le journal propriété de Rupert Murdoch.

Les responsables de News of the World (fermé au cours de l’été 2011) ont par la suite été accusés d’avoir intercepté les communications de plus de 600 personnalités, dont les stars Angelina Jolie et Brad Pitt, le chanteur Paul McCartney, le prince William et Kate Middleton ou le footballeur Wayne Rooney, mais aussi d’avoir corrompu des fonctionnaires pour obtenir des informations.

Le scandale des écoutes a donné lieu au Royaume-Uni à un vaste déballage sur les pratiques de certains titres britanniques, et mis en lumière leurs relations étroites avec le milieu politique et la police. Il a provoqué un débat dans le pays sur la nécessaire déontologie des tabloïds et la trop grande bienveillance des politiques.

Une instance indépendante

Devant l’ampleur des révélations, une commission d’enquête publique sur la déontologie de la presse, présidée par le lord justice Brian Leveson a décidé de mettre en place une instance de régulation des médias indépendante, qui doit encore entrer en vigueur. Son fonctionnement serait déterminé dans une « charte royale », à l’instar de la BBC, renforcée par une loi stipulant qu’une telle charte ne peut être modifiée sans une majorité des deux tiers des députés.

Le nouvel organe de presse aura le pouvoir d’enquêter sur des plaintes et d’exiger rapidement des excuses en bonne et due forme. Et les groupes de presse qui refuseraient de se soumettre au nouveau système se verraient infliger des amendes exemplaires en cas de diffamation.

Ces mesures ne font l’unanimité ni dans la classe politique ni dans les médias. Le centre de défense de la liberté des médias plaide pour que soient d’abord appliquées les sanctions qui « existent déjà » contre les « excès de la presse ».

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