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La dissidanse et Saint-Louis, par Lotfi Hadjiat 

Vomies par le Progrès, les foules d’esclaves accablés s’en vont dans le tumulte sacrifier leur âme au culte de l’argent ; ils ont fléchi devant Satan mais ne le savent pas. Certains leurs disent : « brisez vos chaînes ». Mais ils n’écoutent plus. Les esclaves de Satan ne rêvent plus de liberté car ils se croient libres, libres d’être exploités pour un salaire de misère, libres d’emprunter de l’argent pour se payer des vacances, libres de s’endetter, libres d’emprunter de l’argent pour rembourser leurs dettes… Ils espèrent tous réussir, s’enrichir, pour devenir des esclaves heureux. « Peut-on briser des chaînes de liberté ? », répondent-ils en ricanant. « Oui, si cette liberté est illusoire », leur répliquent certains autres, très peu nombreux, les esclaves de Dieu. « Mais n’êtes-vous pas vous-même des esclaves ? », leur répondent en s’esclaffant les esclaves de Satan. « Notre servitude est la plus douce des libertés », rétorquent les autres. « Vos croyances ne sont que de vieilles fables d’ignorants », leur répondent-ils en s’éloignant. Un esclave de Satan particulièrement accablé se rapproche des esclaves de Dieu et leur demande : « quelle est donc cette douce servitude ? ». « C’est une servitude à la volonté de Dieu ». « Et qu’est-ce que la volonté de Dieu ? ». « Œuvrer pour le bien ». « Et qu’est-ce que le bien ? », fit-il narquois. « C’est de servir l’être plutôt que l’image de l’être ». « Et qu’est-ce que l’être ? », dit-il toujours goguenard. « C’est ce qui n’est pas mû mais qui meut l’infiniment grand comme l’infiniment petit ». « Et qu’est-ce que l’image de l’être ? », s’esclaffa-t-il. « C’est l’homme… Avant sa chute, il était cette image, après la chute l’image se déforma… Avec la modernité, cette déformation devint extrême, modernité initiée par Satan, par la fameuse libido sciendi comme disait Saint-Augustin (ceci dit, la libido sciendi n’est pas forcément un mal, elle peut être un bien quand elle est dirigée vers Dieu, ce que prescrit l’islam, merveilleuse prescription transmise par les averroïstes mais malheureusement détruite par ces matérialistes d’alexandristes à la Renaissance, dans les universités de Padoue et de Bologne notamment). Même s’il n’avait rien compris à l’islam, Pascal avait raison : l’homme est « un monstre incompréhensible »… C’est bien pour cela qu’il doit s’en remettre à Dieu… plus que jamais… », répondit l’autre en souriant. « Sans parler de Dieu, on peut concrètement réorganiser les choses économiquement et politiquement, tu vois ce que je veux dire ?… troc, entraide, réseau solidaire, échange de services, mutualiser les efforts, mutualiser le pouvoir, et pourquoi pas, abolir l’argent… abolir cette grande arnaque qui nous détruit de A à Z… On fait le boulot, pensée virile ! ». « Bien-sûr les bonnes idées ne manquent pas… Mais pour qu’une bonne idée économique ou politique réussisse empiriquement, elle doit être appliquée moralement… Et c’est seulement en s’en remettant à Dieu que l’application morale devient effective… Lutter contre l’évasion fiscale est certes une merveilleuse idée mais totalement inefficiente lorsqu’elle est confiée à Cahuzac !… Sous le règne du pieux roi Saint-Louis, et seulement sous son règne, les Français n’ont pas connu de famine… Le but principal de Saint-Louis n’était pas le salut économique ou matériel de ses sujets mais leur salut moral, spirituel. Quand on vise prioritairement le salut spirituel, le salut économique suit tout naturellement ». Mais l’homme accablé n’écoutait déjà plus et rejoignit la foule en exécutant une danse bizarre, la dissidanse, une danse à trois temps : duplicité, provocation, vulgarité.

Lectures

Entretien avec le Dr H. Benaïssa concernant « La connaissance traditionnelle et l’épistémologie moderne » 

Cette étude expose au plan doctrinal deux types de connaissance : la connaissance traditionnelle et l’épistémologie moderne. La connaissance traditionnelle réfère à la transcendance portée par tous les messages célestes dont l’humanité est dépositaire. C’est une connaissance synthétique qui pose le postulat de l’identité du sujet de la connaissance et de son objet, ainsi que l’assimilation de ce dernier par le premier. Vers le haut, cette connaissance s’ouvre sur une échelle d’intégration, au sens mathématique, pour culminer dans l’attestation de l’Unité métaphysique, comme l’illustre le soufisme en islam, le yoga dans l’hindouisme, le taoïsme en Chine… Dans l’existence, cette connaissance justifie la centralité de l’homme dans son univers et lui fournit la réponse au « pourquoi ainsi » de notre monde et à son « en vue de quoi ». En revanche, l’épistémologie moderne réfère exclusivement à la société et à l’histoire en se coupant de toute transcendance et dissocie le rapport entre le sujet de la connaissance et son objet, pour proclamer le primat de la vérité objective ou extérieure. L’épistémologie moderne s’ouvre ainsi sur une connaissance purement analytique indéfinie, comme l’illustre la physique des particules. Cette nature analytique de l’épistémologie moderne la prive en amont de l’Unité dont elle perçoit la nécessité, comme le suggère le formalisme de la relativité générale en physique. En aval, elle a tendance à confondre les états de désintégration avec des états d’émancipation dans un monde où l’homme est devenu l’esclave de l’économie.

Lectures

Entretien avec le Dr H. Benaïssa concernant « Le Maghreb dans le discours des sciences humaines et sociales » 

Cet ouvrage présente une étude d’une lucidité saisissante à propos de la problématique essentielle des idées et du discours dans le Maghreb contemporain. Jusqu’à présent, en effet, nul penseur n’a produit une analyse, sans que celle-ci ne soit totalement teintée d’idéologie moderniste (thèmes du « Progrès », des « droits de l’homme », « du contrat social »…). C’est ainsi que la question essentielle de l’amazighité et de l’islam est traitée en évitant toute polémique stérile, sans cesse générée lorsqu’elle est examinée à travers le prisme des sciences sociales actuelles et de l’anthropologie culturelle, sachant que l’objectif poursuivi par ces dernières est de superposer toute analyse à l’épistémè occidentale, aboutissant ainsi quasi systématiquement à des impasses. L’auteur appuie ses réflexions sur une formation doctrinale forte – dans la lignée de René Guénon – et sur un savoir rare, fondé sur la Tradition, aussi bien européenne qu’orientale : héritage gréco-romain et européen plus récent, hindou, moyen-oriental… Ainsi, parvient-il à fournir une analyse pertinente qui lui permet de proposer des solutions concrètes.Cet opuscule est une initiation à la remise en cause de nombre de certitudes profondément enracinées et représente un moyen de sortir de l’aliénation moderne. Il n’est de tâche plus difficile à surmonter que celle d’essayer de penser différemment, en s’extrayant de son propre paradigme imposé par des décennies, voire des siècles de propagande.