Wab Kinew, premier ministre du Manitoba, a franchi un cap rarissime en diplomatie. Lors d’une conférence de presse officielle, il a accusé Donald Trump d’avoir déclenché la guerre contre l’Iran pour détourner l’attention des dossiers Epstein. Un chef de gouvernement, derrière un pupitre officiel, qui dit tout haut ce que des millions de personnes pensent tout bas, c’est inédit surtout de la part du voisin canadien. Il accuse Trump d’être la principale menace économique, le public enemy number one, pour le Canada !
Ce n’est pas une théorie marginale. Un sondage récent révèle qu’une majorité d’Américains – 52% contre 40% – estiment que Trump a lancé cette guerre au moins en partie pour faire disparaître le scandale Epstein des premières pages. Le surnom populaire donné à l’opération militaire officielle en dit long : les Américains ont rebaptisé « Operation Epic Fury » en « Operation Epstein Fury ».
Le timing est accablant. Les dossiers Epstein menaçaient d’éclabousser directement l’entourage de Trump au moment précis où la guerre a été déclenchée. Des millions de vues ont été générées sur les réseaux sociaux autour de la théorie selon laquelle Trump aurait attaqué l’Iran pour détourner l’attention du public des dossiers Epstein. Le Washington Post tente de présenter ça comme de la « propagande pro-iranienne » — mais quand 52% des Américains y croient, c’est autre chose.
Les conséquences humaines sont réelles pendant ce temps. Depuis le début des frappes américano-israéliennes, plus de 1 300 personnes ont été tuées en Iran, et plus de 700 000 personnes sont déplacées au Liban. Des vies sacrifiées sur l’autel d’une diversion politique potentielle.
Kinew a appelé à mettre fin au conflit pour des raisons humanitaires et économiques. Sa déclaration restera dans les annales : rarement un dirigeant occidental en exercice aura osé nommer aussi directement ce que beaucoup considèrent comme le crime politique du siècle.


























