L’affaire Hanning secoue les services secrets allemands au plus haut niveau et l’enquête avance à grands pas. Le 6 octobre, August Hanning, patron du BND de 1998 à 2005, a été arrêté. Les enquêteurs le soupçonnent d’espionnage et de haute trahison ayant vendu des documents classés secret à une nation étrangère. The Cradle vient de publier un papier avec des courriels qui démontrent ses liens avec un agent du Mossad.
Près de 2 000 documents classifiés
Selon l’accusation, il aurait obtenu environ 2 000 documents confidentiels auprès de Manfred D., un ancien employé du BND. On le savait déjà. Parmi eux figurent des notes internes destinées à de hauts responsables. Ensuite, il les aurait utilisés dans des échanges avec des responsables du renseignement d’un pays étranger.
Des courriels explosifs
Des courriels publiés par The Cradle ajoutent une couche au dossier. En 2018, l’ex patron du BND propose à Danny Yatom, ancien directeur du Mossad, une synthèse sur un candidat resté anonyme. Le tarif annoncé : 10 000 euros. Trois ans plus tard, Yatom lui demande de faciliter des rencontres avec des candidats aux élections fédérales de septembre 2021. Il veut leur présenter sa société de campagne politique, CIY Global. Par ailleurs, les deux hommes gravitent autour de World Health Energy Holdings, une entreprise de cybersécurité.

Une piste israélienne sérieuse
Faut-il en conclure que les documents ont atteint Israël ? Pas si vite. Ces courriels ne prouvent aucun transfert, et l’article source le reconnaît lui-même. Cependant, d’autres éléments nourrissent cette piste. D’après des médias israéliens, un coaccusé aurait dit aux enquêteurs que l’ex patron du BND avait approché Yatom. Ce dernier conteste toute implication, et Hanning nie les accusations. Un démenti ne tranche rien, bien sûr. Seule l’enquête allemande pourra le faire.
Le secret d’État face aux réseaux privés
En attendant, l’affaire pose une question dérangeante. Que devient le secret d’État quand d’anciens chefs monnayent leurs carnets d’adresses ? La prudence reste de mise, car la présomption d’innocence s’applique. Mais la gravité des soupçons, elle, ne fait aucun doute.































