Aurore Bergé fait face à des accusations graves de parjure devant une commission d’enquête parlementaire. La ministre déléguée à l’Égalité aurait menti sous serment sur ses liens avec le lobby des crèches privées. Cette affaire révèle les pratiques opaques entre pouvoir politique et intérêts économiques dans le secteur de la petite enfance, il est question de milliards d’euros d’argent public.
Une audition sous haute tension
Le 9 octobre dernier, Aurore Bergé a été entendue une seconde fois par les juges de la Cour de Justice de la République. Les magistrats lui ont attribué le statut de témoin assisté après cette longue audition. Ce statut intermédiaire entre témoin simple et mis en examen confirme la gravité des soupçons qui pèsent sur elle.
La section de recherches de Paris et trois magistrats de la CJR mènent désormais une enquête approfondie. Ils cherchent à établir la nature exacte des relations entre la ministre et Elsa Hervy. Cette lobbyiste occupe le poste de déléguée générale de la Fédération Française des Entreprises de Crèches.
Le mensonge qui accable la ministre
Le 30 avril 2024, Aurore Bergé témoigne sous serment devant la commission d’enquête parlementaire sur les crèches. Elle affirme solennellement ne posséder aucun lien personnel ou amical avec Elsa Hervy. La ministre jure également ne pas entretenir d’accointances avec la représentante du lobby des crèches privées.
Pourtant, un courriel accablant révélé par le journaliste Victor Castanet contredit frontalement ces déclarations. En août 2023, Aurore Bergé écrit à sa directrice de cabinet au sujet d’Elsa Hervy. Elle qualifie la lobbyiste de « copine » et précise qu’elle sera « très aidante » avec elle.
Les révélations du livre Les Ogres
Victor Castanet a publié en 2024 son livre-enquête Les Ogres aux éditions Flammarion. Cette investigation minutieuse expose les dérives scandaleuses de certains groupes privés de crèches. Le journaliste révèle notamment l’existence d’un pacte de non-agression entre Aurore Bergé et Elsa Hervy.
Ce pacte supposé aurait permis au lobby d’échapper aux régulations contraignantes pendant le mandat de la ministre. À l’époque des faits, Aurore Bergé occupait précisément le poste de ministre des Familles. Cette fonction lui donnait une autorité directe sur le secteur de la petite enfance.
Une contre-attaque juridique prévisible
Face à ces accusations dévastatrices, Aurore Bergé a immédiatement riposté sur le plan judiciaire. Elle a déposé une plainte en diffamation contre Victor Castanet par l’intermédiaire de son avocate. Me Jade Dousselin affirme que sa cliente conteste fermement tous les faits qui lui sont reprochés.
Cette stratégie de contre-attaque suit un schéma classique observé dans les affaires de corruption politique. Les personnalités mises en cause tentent systématiquement d’inverser la charge de la preuve. Elles attaquent les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation plutôt que de répondre sur le fond.
Les enjeux financiers colossaux des crèches privées
Le secteur des crèches privées représente un marché de plusieurs milliards d’euros en France. Les grands groupes comme Babilou, People and Baby ou Les Petits Chaperons Rouges génèrent des profits considérables. Ces entreprises bénéficient largement de subventions publiques tout en appliquant des méthodes de gestion contestables maltraitant les enfants.
L’enquête parlementaire visait justement à mettre en lumière ces pratiques douteuses et les conflits d’intérêts potentiels. Le témoignage sous serment d’Aurore Bergé constituait un moment crucial de cette investigation. Son mensonge présumé compromet désormais la crédibilité de l’ensemble de sa politique familiale.
Une enquête qui s’annonce longue comme toujours
L’information judiciaire se poursuit actuellement avec l’exploitation de supports numériques saisis lors des perquisitions. Les enquêteurs analysent méticuleusement les courriels, messages et documents échangés entre la ministre et la lobbyiste. Elsa Hervy a déjà été auditionnée deux fois comme témoin simple dans cette procédure.
Le bureau de l’Assemblée nationale a officiellement signalé cette affaire fin janvier à la justice. Des députés de La France Insoumise et du groupe Écologiste et Social ont joué un rôle déterminant. Ils ont systématiquement dénoncé les liens suspects entre Aurore Bergé et le lobby des crèches privées.
La Cour de Justice de la République devra trancher cette question essentielle pour la démocratie parlementaire française. Un mensonge sous serment devant une commission d’enquête constitue une faute d’une gravité exceptionnelle. L’issue de cette affaire déterminera si les ministres peuvent encore mentir impunément aux représentants du peuple.
































