David Khayat est l’homme qui a inspiré le plan cancer de Jacques Chirac en 2003, fondé l’Institut national du cancer, soigné Johnny Hallyday. La figure la plus médiatique de la cancérologie française. Depuis 2017, il est consultant rémunéré par Philip Morris International — le premier fabricant mondial de cigarettes — pour faire la promotion du tabac auprès des parlementaires et des gouvernements étrangers.
En juin 2018, lors d’une consultation du conseil législatif de Hong Kong sur la réglementation du tabac chauffé, une lettre de Khayat certifiait qu’il était « convaincu que le tabac chauffé est nettement moins dangereux que la cigarette » — sans mentionner à aucun moment son lien rémunéré avec Philip Morris. En France, des sénateurs LR reconnaissent aujourd’hui s’être « fait avoir » — convaincus par l’argumentaire de Khayat en faveur d’un avantage fiscal pour l’IQOS, le produit phare de Philip Morris, sans comprendre qu’il travaillait pour la marque.
Le mensonge va plus loin que le conflit d’intérêts. Dans son curriculum vitae, Khayat se présente comme « président d’honneur de l’INCa » — fonction qui n’existe pas dans les textes. Il se dit aussi « conseiller du directeur général de l’OMS à Genève » depuis 2007 — ce que l’OMS dément formellement, précisant qu’il n’est « ni membre du personnel, ni consultant, ni conseiller ». Un cancérologue qui ment sur ses titres pour vendre du tabac !
Pour l’industrie du tabac, recruter Khayat était une « prise de guerre » stratégique. Récupérer le prestige et la crédibilité scientifique d’une figure emblématique de la santé publique permet à Philip Morris de contourner les réglementations en utilisant la caution médicale comme bouclier. C’est le même mécanisme que les cigarettiers américains utilisaient dans les années 50 en faisant dire à des médecins payés que « fumer est bon pour la santé« .
Ce scandale illustre une corruption systémique du milieu médical. L’Ordre des médecins — épinglé la même semaine par l’IGF pour ses propres fraudes — n’a engagé aucune procédure disciplinaire contre Khayat. Pendant ce temps, les médecins lanceurs d’alerte sur les vaccins ARNm ou les conflits d’intérêts dans l’industrie pharmaceutique sont radiés. La médecine à deux vitesses existe — une pour les puissants, une pour les autres.
































