C’est tout de même dingue de faire un tel constat calamiteux et de ne rien voir de concret dans ce que fait Agnès Buzyness, la ministre actuelle de la santé ! Les patients meurent dans les couloirs des urgences et on nous explique que l’on ne peut rien faire si ce n’est débloquer 70 millions d’euros (sic) pour TOUTE la France, alors que des dizaines de milliards d’euros sont offerts au CAC40 ou à la finance !


Lancé il y a cinq mois, le mouvement social ne cesse de grossir, malgré les millions d’euros débloqués en juin par le gouvernement.

Les médecins pourraient le rejoindre mi-septembre.

154 le 3 juillet, 216 le 8 août, 233 ce lundi… Loin de s’apaiser le conflit, qui touche les urgences hospitalières depuis cinq mois, se durcit. Le collectif Inter Urgences prédit même 250 services d’urgences publics sur 474 touchés par la grève des personnels paramédicaux (infirmières et aides soignantes) d’ici la fin de semaine. Soit plus d’un service sur deux. Du jamais-vu.

Et pour compliquer les choses, voilà que les médecins urgentistes restés à l’écart menacent d’entrer dans la danse si des moyens ne sont pas dégagés dans le prochain budget alloué à la santé. « Il faut trouver des solutions globales, les urgences ne sont pas le seul problème, réagit Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France. Il faut travailler avec le secteur privé, avec les médecins de ville, revaloriser les indemnités de garde, à l’hôpital et en ville, plutôt que recourir aux intérimaires à 1 000 € la nuit. Sans avancées d’ici la mi-septembre, on entrera dans le conflit », prévient-il.

Le ministère de la Santé, lui, ne voit pas de durcissement. L’entourage d’Agnès Buzyn estime à 200 les services touchés par la grève. « Pour nous, la situation reste stable », assure-t-on.


Rentrée à haut risque pour Agnès Buzyn

« Le ministère n’a pas pris la mesure de la situation, rétorque Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) qui fédère tous les hôpitaux publics. Le conflit s’enlise et ça n’est jamais bon. Il faut des mesures fortes : rendre les professions médicales et paramédicales plus attractives pour combler les postes vacants et éviter les départs, obliger les médecins de ville à garder des plages horaires pour les rendez-vous non programmés, mieux rémunérer la permanence des soins… ».

La rentrée s’annonce donc difficile pour Agnès Buzyn. Ce lundi, syndicats d’urgentistes et collectif des grévistes se retrouvent pour envisager des actions communes. Et l’assemblée générale nationale organisée le 10 septembre par Inter Urgences à Saint-Denis, aux portes de Paris, promet d’être chaude tant les difficultés restent nombreuses : postes vacants, multiplication des arrêts de travail pour épuisement, manque de lits, agressivité des patients…

Pourtant, selon nos informations, une récente étude de la Direction générale de l’organisation des soins, non publiée, démontre que sur les cinq dernières années les moyens financiers et humains alloués aux services d’accueil d’urgence, ont suivi dans les mêmes proportions la hausse de la fréquentation.

Jusqu’au filtrage des urgences par le 15 ?

Les moyens peut-être, mais pas les effectifs réels. 308 postes de médecins et 180 d’infirmières ne sont pas pourvus dans les urgences d’Ile-de-France, selon la FHF. 100 médecins manquent au seul CHU de Metz… Le ministère le reconnaît : « Il est devenu plus facile aujourd’hui de créer des postes que de recruter »…

Dans ce contexte, Agnès Buzyn n’a d’autre choix que de revoir son diagnostic et son ordonnance de juin dernier car les 70 millions d’euros (M€) débloqués n’ont pas suffi. Elle doit d’ailleurs réunir la semaine suivante syndicats et collectifs de grévistes pour évoquer de nouveaux remèdes à la crise. Des mesures inspirées par les premières recommandations…


Photo d’illustration : Le personnel de 200 services d’urgences – ici à l’hôpital Saint-Antoine est en grève. (Illustration)  LE PARISIEN/OLIVIER BOITET

Daniel Rosenweg

Le Parisien

1er septembre 2019