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Encore une fois, cet article démontre les liens d’intérêt financier entre les responsables politiques censés protéger le peuple et l’industrie pharmaco-chimique. Comment peut-on nommer un responsable censé être capable de dire non à un industriel, sachant qu’il était son salarié la veille ? Comment est-ce possible ? Big Pharma est tellement puissant qu’il peut se permettre tout, absolument tout sans que l’on ne se pose la moindre question sur ses dérives.


Le professeur Philippe Lechat a demandé la nouvelle formule du Levothyrox au labo… pour lequel il a coordonné une étude majeure. 

Le milieu médical fourmille de liens d’intérêts entre laboratoires et experts des agences de santé. Mais au petit jeu du mélange des genres sur fond de lobbying des géants du secteur, certains se révèlent beaucoup plus problématiques que d’autres. La nouvelle formule du Levothyrox a provoqué une crise sanitaire touchant des dizaines de milliers de malades de la thyroïde, depuis qu’elle a été mise en vente en mars 2017, avec une information défaillante – notamment de la part du laboratoire Merck, qui produit le médicament, comme nous le révélions précédemment (lire l’épisode 12, « Levothyrox : l’incompréhensible retard de Merck »). Ils sont nombreux à réclamer la remise en circulation de l’ancienne formule et à tenter de se procurer des boîtes à l’étranger, en Espagne, en Suisse, en Allemagne… et parfois même jusqu’au Liban. Les victimes de ces effets secondaires se posent cette lancinante question : pourquoi avoir modifié la formule d’un médicament qui soigne quotidiennement et avec succès 2,6 millions de malades depuis plus de trente ans ? La réponse de Merck est la même depuis un an : le laboratoire explique s’être conformé à une demande émanant de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). C’est bien là que le bât blesse, pour plusieurs raisons.

Les Jours se sont procuré la lettre recommandée avec accusé de réception, envoyée à Merck et encore jamais dévoilée par l’ANSM. L’agence – alors appelée Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) – a adressé cette missive le 21 février 2012 au siège du laboratoire, à Lyon. Elle lui demande de procéder à une modification des différentes sortes de Levothyrox, dans un délai de dix-huit mois maximum. Le courrier est […]


Les Jours [France]