Si vous pensez que les laboratoires de recherches qui travaillent sur des virus très dangereux, aussi bien pathogènes que contagieux, comme le coronavirus du Sras de 2003, respectent les mesures de sécurité, vous allez être effrayés par cet article de presse de 2014 :


L’institut Pasteur a annoncé le 13 avril avoir perdu 2349 petits tubes de virus du Sras, le syndrome respiratoire aigu sévère.

Marisol Touraine et Benoît Hamon dénoncent des négligences dans une note confidentielle

Deux ministres ont accusé l’Institut Pasteur de négligences après la perte de plus de 2 000 tubes contenant des fragments du virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) dans une note confidentielle du 16 avril, indique mardi Mediapart.

Selon le site d’information, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, et Benoît Hamon, ministre de l’Éducation nationale et de la Recherche (dont dépend l’Institut Pasteur), énumèrent une série d’anomalies.

La disparition signalée deux mois plus tard

« Forte probabilité de destruction (des échantillons) non ordonnée par les responsables et sans traçabilité, retard de deux mois dans la transmission de l’information aux autorités compétentes, listes des personnes habilitées non initialement disponibles, congélateurs non sécurisés, absence de vidéosurveillance, archives non disponibles le weekend », relate la note.

L’institut Pasteur a annoncé le 13 avril avoir perdu 2 349 petits tubes de virus du Sras contenus dans 29 boîtes dans un laboratoire habilité à conserver des organismes hautement pathogènes, tout en précisant qu’ils n’avaient « aucun potentiel infectieux ».

Les tubes étaient conservés dans un congélateur. Leur perte avait été constatée en janvier dernier lors d’un inventaire mais signalée seulement deux mois plus tard à l’Agence du médicament et des produits de santé (ANSM).

Impossible de « déterminer ce qu’il est advenu des souches »

Informée le 28 mars, l’ANSM a mené une inspection du 8 au 12 avril qui « n’a pas réussi à déterminer ce qu’il était advenu des souches », a indiqué Gaétan Rudant, directeur de l’inspection à l’ANSM.  « Nous avons conclu à un problème de gestion de la traçabilité au sein de l’Institut », a-t-il ajouté, tout en soulignant que pour l’ANSM comme pour l’Institut Pasteur, « il n’est pas acceptable que du matériel biologique soit perdu ».

 


Photo d’illustration : le 13 avril, l’institut Pasteur a signalé la disparition de plus de 2 300 tubes de virus du Sras © Crédit photo : illustration AFP THOMAS COEX

 SudOuest / AFP

21 mai 2014