Depuis avril 2025, le parquet national financier (PNF) explore discrètement une affaire sensible. Les enquêteurs soupçonnent un détournement de fonds publics sous couvert d’actions solidaires internationales. Mercredi 16 juillet, une perquisition a secoué le siège du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de la région parisienne (Siaap). L’objectif ? Récupérer des documents liant cet établissement à la fondation Ecoglobal.
En effet, Ecoglobal, créée en 2013 par Jean-Philippe Henry, a mené des projets en Afrique et Asie du Sud-Est. Ces initiatives, financées par des subventions du Siaap via la loi Oudin-Santini, ont coûté plusieurs millions d’euros sur dix ans. Cependant, une partie de ces fonds aurait servi à des usages personnels, selon les soupçons actuels.
Par ailleurs, les conventions tripartites entre le Siaap, Ecoglobal et les autorités locales intriguent. Par exemple, un contrat de 2020 pour les Seychelles impliquait une succursale tanzanienne d’Ecoglobal. Malgré des obligations de contrôle, le Siaap n’a pas fourni de preuves d’avancement des travaux à Mediapart. En outre, la perquisition a ciblé Joakim Giacomoni-Vincent, administrateur au Siaap. Ce dernier, candidat aux municipales à Colombes, pourrait avoir des liens étroits avec Henry. Pourtant, ni lui ni Henry n’ont répondu aux sollicitations de Mediapart. Enfin, cette affaire soulève des questions sur la transparence du Siaap. Les investigations en cours pourraient révéler des pratiques troublantes dans les partenariats internationaux.
De surcroît ce n’est pas la seule ville en France où il y a de grosses magouilles autour des entreprises assainissements d’eau. À Marseille, des affaires de corruption liées au secteur de l’assainissement ont été signalées. Olivier Dussopt, ex-ministre macroniste, a été aussi impliqué dans une affaire liée à des cadeaux reçus de la Saur, une entreprise de gestion de l’eau, lorsqu’il était maire d’Annonay. Bref, l’argent magique coule à flots…
La justice anticorruption enquête sur le versement par le Siaap de plusieurs millions d’euros à une fondation censée porter des projets solidaires à l’étranger. Le domicile d’un dirigeant de l’établissement public, par ailleurs membre du parti Les Républicains, a aussi été perquisitionné.
Un système de détournement de fonds publics, voire de corruption, a-t-il été déployé depuis Paris sous couvert d’actions de solidarité internationale ? C’est sur cette question sensible que le parquet national financier (PNF) se penchait discrètement depuis le mois d’avril, avant que l’affaire connaisse une accélération importante, mercredi 16 juillet.
Ce jour-là, des magistrats du PNF et des policiers de la brigade financière et anticorruption (BFAC) ont perquisitionné le siège du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de la région parisienne (Siaap). Objectif : récupérer les documents relatifs aux relations entre cet établissement public et la fondation privée Ecoglobal, qui a développé plusieurs projets de partenariats en Afrique et Asie du Sud-Est, d’après des informations de Mediapart…



























