La lanceuse d’alerte, Madame Emmanuelle Amar, a été licenciée suite à ses déclarations concernant l’augmentation de la naissance de bébé sans bras qu’elle relie avec la présence de pesticides à proximité des mamans. Suite à l’hyper médiatisation de son affaire et de sa cause, son licenciement a été suspendu jusqu’à nouvel ordre. Il est question donc ici chantage à l’emploi, d’intimidation et de harcèlement. Les autorités au lieu de réagir avec vigueur et rapidité face à ce scandale monstrueux, elles ont préféré casser le thermomètre. Il n’y a plus rien attendre de cet état corrompu et servile composé par des politiciens à la solde des lobbys et du règne de l’argent roi.


Emmanuelle Amar, la scientifique qui a rendu publique l’affaire des bébés de l’Ain, va bientôt perdre son emploi.

Elle avait lancé l’alerte ; elle perd son travail. Emmanuelle Amar, la directrice du registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), a reçu sa lettre de licenciement ce vendredi, rapporte le Journal du dimanche. Les cinq autres salariés du registre lyonnais des malformations vont également perdre leur emploi.

« Notre employeur, les Hospices civils de Lyon, n’a plus les moyens de débourser les 250 000 euros annuels qui permettaient de payer nos salaires et notre loyer. Je suis d’autant plus choquée qu’Agnès Buzyn avait annoncé dimanche dernier que le registre n’était pas menacé » a réagi Emmanuelle Amar dans les colonnes du journal.

Elle « manipule l’opinion publique »

« Lanceuse d’alerte » ou « irresponsable » qui « manipule l’opinion publique » ? La scientifique s’était très vite retrouvée au centre d’une intense polémique, sur fond de problèmes de financement de la structure qu’elle dirige.

Emmanuelle Amar dirige en effet le Remera, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France. Basée à Lyon, cette structure a été fondée en 1973 après le scandale du thalidomide, anti-nauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962.

Le registre a notamment aidé à montrer les conséquences de la prise de l’antiépileptique Dépakine pendant la grossesse. Cet été, il a révélé que plusieurs bébés sont nés ces dernières années sans mains, bras ou avant-bras dans un périmètre restreint de l’Ain (7 naissances entre 2009 et 2014).

« Tradition complotiste »

« Madame Amar fait en sorte de jeter la suspicion sur tout et tous, dans la plus grande tradition complotiste », dénonce l’épidémiologiste Ségolène Aymé, qui préside justement le comité chargé d’évaluer les registres, dont le Remera. Pour cette experte, « la bonne attitude est de continuer à surveiller pour vérifier que le taux de malformations n’augmente pas avec le temps ».

« Si j’étais une manipulatrice de médias, on n’en serait pas arrivé à la fin du Remera », rétorquait madame Amar, qui sera auditionnée mardi à l’Assemblée nationale.

Les pesticides accusés

Deux autres groupes de cas ont été observés, en Loire-Atlantique (3 entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 entre 2011 et 2013). Après enquête, l’agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l’Ain n’était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale.

À l’inverse, il y a bien, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais qui restent sans explication.

Ces conclusions sont contestées par madame Amar, soutenue par des élus écologistes comme madame Rivasi ou Yannick Jadot. Malgré l’absence de toute preuve scientifique, ils pensent que des pesticides pourraient être à l’origine des malformations.


L’Express / AFP