Une chanteuse algérienne a été condamnée à 18 mois de prison ferme pour avoir filmé l’intérieur catastrophique d’un hôpital en pleine crise sanitaire. 18 mois de prison ferme pour si peu, cela démontre à quel point le gouvernement est en panique et à quel point les juges sont complices de la junte militaire. Nous ferons remarquer à nos lecteurs le silence également complice des médias et des politiciens français qui ne veulent surtout pas gêner et bousculer la junte au pouvoir, afin de continuer à faire de bonnes affaires… Le peuple s’en souviendra.


Le tribunal de la cité Djamel-Eddine d’Oran a condamné, tard dans la soirée du 15 juillet, la chanteuse Siham Japonia à 18 mois de prison ferme, alors que le procureur de la République avait requis 3 ans à l’encontre de la chanteuse, accusée d’« insultes à des fonctionnaires en exercice », « outrage à corps constitué », « atteinte aux symboles de la révolution nationale » et « prise de photos et enregistrement sans autorisation et diffamation ».

La chanteuse a été mise sous mandat de dépôt le 14 juillet passé par le juge d’instruction près le tribunal d’Oran. Elle a été, donc, condamnée le lendemain à 18 mois de prison, suite à la diffusion d’une vidéo dans l’enceinte de l’hôpital d’Oran. La chanteuse est poursuivie par l’hôpital pour insultes à des fonctionnaires en exercice. D’autres chefs d’accusations se sont ajoutés au dossier par le procureur de la République, à savoir « outrage à corps constitué, atteinte aux symboles de la révolution nationale, prise de photos et enregistrement sans autorisation et diffamation ».

Les faits remontent à la nuit de vendredi à samedi 11 juillet, lorsque la chanteuse s’est déplacée au service des urgences médico-chirurgicales de l’hôpital d’Oran. Elle a commencé par dénoncer l’absence du personnel et l’état de délabrement de l’hôpital. La chanteuse s’est ensuite déchaînée sur le personnel médical en place en l’insultant. Siham Japonia a fait le tour des services en filmant la situation de l’hôpital et en proférant des insultes à l’adresse du personnel médical. Elle a, aussi, dénoncé l’absence de l’État et le manque d’intérêt pour les malades qui attendaient une prise en charge dans le service des urgences. Dans son excès de colère, Siham Japonia a parlé des crânes des révolutionnaires rapatriés en des termes peu respectueux.


Photo d’illustration : Tribunal de la cité Djameleddine à Oran

Pica Ouazi

ObservAlgérie
16 juillet 2020