Tout commence par un souffle. Une lettre. Alif : droite, fière, première de l’alphabet arabe trace le point de départ d’un voyage extraordinaire que le metteur en scène : Abdelwaheb Sefsaf nous offre avec une générosité rare.
Sur la scène du Théâtre de Sartrouville, Alif s’est imposée comme bien plus qu’un spectacle : une déclaration d’amour flamboyante à la langue arabe, à sa musicalité, à sa profondeur, à ses mille visages. Entre arabe et français, entre Orient et Occident, la pièce trace une traversée méditerranéenne où les mots deviennent des ponts, des berceaux, des horizons.
Ce qui rend Alif véritablement inoubliable, c’est son audace scénique : Sefsaf convie des membres du public à monter sur scène, à incarner des rôles, à devenir acteurs de ce récit collectif. Ce parti pris brise le quatrième mur avec une élégance et une spontanéité qui électrisent la salle. Le théâtre redevient ce qu’il a toujours dû être un espace vivant, partagé, imprévisible. On parcourt la richesse de la langue arabe à travers des comptes, des poètes et ces chanteurs …
La mise en scène, précise et poétique, transforme chaque réplique en tableau, chaque silence en émotion. On rit, on s’émeut, on se reconnaît quelle que soit notre langue maternelle.
Pour les cinéphiles, la professeure de français est interprétée par Adila Bendimerad (la réalisatrice et actrice du très bon film « La dernière reine ».
Après Sartrouville, Alif s’apprête à rayonner sur la scène du Festival d’Avignon. Ne manquez pas cette rencontre rare avec une œuvre qui célèbre, avec éclat, la beauté de se comprendre.
Allez-y. Vous en reviendrez plus riches.
SH
































