jawad_bendaoud
Un portrait de Jawad Bendaoud lors de son passage au palais de justice de Paris, le 24 janvier 2018. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Cette décision honore la justice car elle démontre que le tribunal n’a pas été influencé par le tintamarre médiatique qui n’a d’ailleurs rien à faire au cœur de cette institution, pilier de toute civilisation qui se respecte. N’importe quel observateur honnête comprend que le prévenu n’a strictement rien à voir avec les terroristes et leur idéologie. Lui qui rêvait d’ouvrir un point de vente de cocaïne dans son quartier, qui était déjà un dealer de cannabis et un quasi proxénète, comment aurait-il pu de quelque manière que ce soit être impliqué dans une histoire pareille ? Rappelons qu’il a tué son ami pour une histoire totalement stupide, meurtre qui l’a conduit à passer plusieurs années en prison. Il est même intéressant de constater que c’est peut-être la première fois qu’un délinquant est sauvé dans un tel procès par la longueur de son casier judiciaire !

Il suffit simplement de se tenir au courant du déroulement du procès et des propos tenus à la barre pour asseoir cette conviction. D’ailleurs il est très facile de prévoir le futur car, au vu de son pedigree, on ne peut imaginer Monsieur Jawad Bendaoud se ranger une bonne fois pour toutes, mais plutôt récidiver lamentablement et multiplier hélas les passages en prison.

Pour résumer trivialement cette histoire, il faut bien comprendre que l’État islamique daechiste exécuterait Jawad Bendaoud très vite et sans jugement étant donné son comportement grave de voyou récidiviste. Ce dernier ne peut donc pas appartenir en même temps à deux mondes totalement opposées.


La présidente du tribunal a estimé qu’il ignorait que les personnes qu’il logeait venaient de commettre les attentats meurtriers de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015.   

Après que Jawad Bendaoud a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris, mercredi 14 février, le parquet a fait appel de cette décision. Ce recours n’étant pas suspensif, celui que l’on surnommait le « logeur de Daech » sortira de prison, mercredi, dans la soirée.

Le prévenu était jugé pour « recel de malfaiteurs », après avoir mis à disposition un appartement, à Saint-Denis, à deux auteurs des attentats du 13-Novembre. Jawad Bendaoud avait clamé son innocence tout au long du procès. « Il n’est pas prouvé que Jawad Bendaoud a fourni un hébergement à des terroristes », a finalement déclaré la présidente, Isabelle Prévost-Desprez. Selon le tribunal, Jawad Bendaoud ignorait que les personnes qu’il hébergeait étaient des terroristes. A l’annonce du jugement, le prévenu a levé les bras, tapé sur l’épaule de gendarmes et embrassé son avocat.

Les autres accusés condamnés

Après le prononcé du verdict, la ville de Saint-Denis a demandé au parquet général de faire appel de la relaxe de Jawad Bendaoud. La municipalité s’est dit « choquée par ce verdict qui ravive la douleur des victimes des attentats et des familles traumatisées par l’assaut du Raid ».

Le tribunal correctionnel de Paris a en revanche condamné Youssef Aït Boulahcen, le cousin d’Abdelhamid Abaaoud et le frère d’Hasna Aït Boulahcen, à quatre ans d’emprisonnement, dont un avec sursis. Il était poursuivi pour « non dénonciation de crime terroriste ». Mohamed Soumah, jugé comme Jawad Bendaoud pour « recel de malfaiteurs terroristes », a écopé de cinq ans de prison avec maintien en détention. Le parquet a également interjeté appel de leurs condamnations.


France TV Info